Après six ans, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) a finalement reconnu l’efficacité du procédé BiosorMD en émettant, en juin dernier, un certificat d’autorisation permanent à Purdel, coopérative agro-alimentaire.


En 1998, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de Alimentation du Québec (MAPAQ) mettait en place un Programme d’aide à l’implantation de vitrines pour les procédés de traitement des fumiers. Ce programme avait pour but de faire connaître ces nouvelles technologies aux producteurs et d’en stimuler l’adoption. Au total, huit vitrines technologiques ont été installées dont quatre avec le système BiosorMD. Purdel a participé au projet en implantant ce procédé dans sa filiale Purporc, s.e.n.c.

Soulignons que Purdel est engagée dans le développement durable depuis 1998. Elle a d’ailleurs été l’une des premières entreprises à le faire. Malgré ses investissements importants et les subventions reçues, ses coûts de gestion du lisier demeurent plus importants qu’en régie standard. La coopérative souhaitait alors favoriser la cohabitation harmonieuse avec les gens du milieu lors de l’implantation de nouveaux sites d’élevage porcin. Ce n’est pas pour rien que Purdel a remporté, en 2000, le premier prix de sa catégorie (entreprise des secteurs primaire et secondaire utilisatrice de produits ou de procédés novateurs) au gala annuel des Phénix de l’environnement.

La ferme Purporc, située à Saint-Valérien, dans le Bas-Saint-Laurent, est un complexe de 1200 truies et de 3200 porcelets. Elle a été construite en 1997, avec l’aval du MAPAQ, de la municipalité et du ministère de l’Environnement. C’est notamment dans un souci de calmer les inquiétudes de la population locale face au développement de la production porcine que le système BiosorMD a été implanté en juin 1999.


BiosorMD est un procédé qui a été développé par le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) au début des années 90 et qui est issu d’une douzaine d’années de travaux de recherche. C’est d’ailleurs le CRIQ qui a assuré le suivi du système à la ferme Purporc jusqu’en 2003, année où Purdel a pris officiellement livraison du système après cinq ans de validation.
Le système BiosorMD traite complètement le résidu liquide du lisier et élimine les odeurs en utilisant un procédé de biofiltration (filtration en présence d’oxygène). Ce procédé est un des seuls qui traitent aussi l’air provenant des bâtiments. Le biofiltre est composé de copeaux de bois, de tourbe et d’écorce. Ce sont les bactéries du biofiltre qui, en présence d’air, transforment et valorisent les substances polluantes en réduisant la demande en oxygène (DBO5), l’azote et les coliformes (voir le tableau).



Les étapes
Le lisier brut est d’abord séparé en une partie solide et une partie liquide par décantation ou une autre méthode, selon le cas. La partie solide est entreposée pour épandage ou pour compostage. La partie liquide (le surnageant) est dirigée vers la surface du biofiltre. L’air provenant des bâtiments de ferme est injecté à la base du biofiltre.

Le traitement du lisier avec BiosorMD comporte une ou deux étapes de biofiltration. La deuxième biofiltration du liquide, effectuée si nécessaire, est appelée polissage. Une fois le liquide traité, il peut être soit rejeté dans un champ d’épuration, soit utilisé pour irriguer des champs en culture. Après 5 à 7 ans d’utilisation, le mélange organique contenu dans le biofiltre doit être remplacé. Chargé en éléments fertilisants, il peut être utilisé comme amendement du sol.

À la ferme Purporc, le lisier est d’abord entreposé dans un réservoir pour subir une prédécantation. Le surnageant est alors pompé vers un régulateur, pour être ensuite dirigé vers deux décanteurs qui fonctionnent en alternance. Le solide issu des décanteurs est retourné vers le réservoir d’entreposage où il est stocké jusqu’à l’épandage sur des terres appartenant à des producteurs receveurs. Le liquide est acheminé vers deux biofiltres, puis vers une unité de polissage. Le liquide traité et désodorisé est utilisé en irrigation sur 20 hectares (50 acres) de prairies, propriétés de la ferme. Le système de Purporc traite 27 m3 de lisier brut par jour (soit 10 000 m3 par année) et 13 000 m3 d’air vicié à l’heure.

Note : Les droits exclusifs de commercialisation du BIOSORMD ont été confiés à H2O Innovation, entreprise spécialisée en traitement des eaux.
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