« Ma philosophie et celle des dirigeants de Purdel, c’est de faire en sorte que les employés connaissent et comprennent la mission de la coopérative. De cette façon, on travaille tous dans le même sens », lance Laurent Proulx, président, pour expliquer pourquoi à son avis la coopérative du Bas-Saint-Laurent a reçu le titre de Coopérative Étoile de l’année 2006.


À son tour, Jean-Paul Thériault, directeur général, décrit les programmes mis en place pour leurs 110 employés : accueil, politique favorisant l’achat à la coop, qualité de vie au travail et le concours Une idée ça peut rapporter, qui incite le personnel à soumettre ses suggestions pour corriger une situation qui gêne le bon fonctionnement de la coopérative. En plus, « nous terminons des rencontres de six groupes d’employés, précise-t-il, pour leur présenter le résumé de l’année 2005, les faits saillants de l’assemblée générale et les défis et priorités à venir. Nous organisons ces rencontres deux à trois fois par année tout en offrant un petit goûter à la fin d’une journée de travail. Les employés nous disent que, de la sorte, ils savent où la coop s’en va. »

Cette philosophie n’est pas que des paroles en l’air, car même un membre, Jacques Cimon, producteur laitier et céréalier au Bic, n’a pas été surpris de cette auréole d’honneur autour de Purdel : « Tout est axé sur les ressources humaines. Je regarde agir l’équipe, il y a une belle synergie de pensée et d’action. En fonctionnant comme cela, tu ne peux pas te tromper. »

Purdel possède trois quincailleries, dont le Centre de rénovation des Iles, situé au Bic, le Centre de rénovation de la Mitis, à Mont-Joli et la Quincaillerie de Matane. Elles ont toutes leurs particularités pour offrir les meilleurs produits et services adaptés à leur clientèle. Denis Landry, qui apparaît sur la photo, y est conseiller aux matériaux.

Même chose de la part de Gilles Blaquière, directeur secteur commerce de détail (quincaillerie et produits pétroliers) chez Purdel. « Notre force, ce sont les ressources humaines. Ça prend des gens impliqués et passionnés pour répondre à des producteurs qui, aujourd’hui, se doivent d’être exigeants. »

En demandant à Line Lebel, chef comptable pour Performance Rimouski, la filiale de machinerie agricole de Purdel : connaissez-vous le concours de la Coopérative Étoile? Elle répond : « Oui, M. Thériault nous a rencontrés pour nous informer que nous avons gagné ce concours et de ce que cela comportait. » Elle ajoute que Purdel est une entreprise qui s’adapte aux changements et qui, pour ce faire, offre régulièrement de la formation aux employés.

Mais pour remporter la première place du concours de la Coopérative Étoile 2006, des employés passionnés et bien orientés sur la mission sont un élément important du succès, mais les performances en gestion financière et celles en vie associative sont aussi scrutées à la loupe.


Gestion financière
« Les exercices de réflexion stratégique sont affaire courante chez Purdel », raconte Gilles Denette, directeur Services-conseils à La Coop fédérée. En fait, Jean-Paul Thériault précise qu’il fait un tel exercice tous les trois ou cinq ans : « Cela nous permet de connaître la perception des membres, des employés et des membres du conseil d’administration en ce qui a trait aux forces et faiblesses des différents secteurs de l’entreprise.

Chez Performance Rimouski inc., la filiale de machineries de Purdel, Francis Sergerie, commis aux pièces, s’affaire à satisfaire son client. Dans ce lieu où l’on peut acheter ou louer de la machinerie, neuve ou usagée, de marque New Holland, se trouve aussi un atelier de réparation et un département de pièces des plus complets.

À partir de ces données, nous, le comité de gestion et les administrateurs, définissons un plan d’action comprenant des objectifs et un échéancier de réalisation. Ce plan est ensuite partagé avec tous les employés et les membres, puis mis en place. »

Par ailleurs, tous les ans, les Services-conseils de La Coop fédérée procèdent à une analyse des résultats financiers de Purdel. « Nous obtenons ainsi des outils pour faire du benchmarking, c'est-à-dire pour comparer nos résultats sur plusieurs plans et améliorer nos faiblesses. »

Aussi, un suivi rigoureux des résultats de chaque service est effectué plusieurs fois par année de sorte qu’une difficulté ou une baisse des résultats est rapidement identifiée et corrigée. Notamment, au semestre, un document est déposé au conseil d’administration et chaque gestionnaire de secteur est sur place pour défendre ou expliquer ses résultats.

Le directeur général de la onzième plus grande coopérative du réseau est, par ailleurs, fier de souligner que Purdel a été l’initiatrice de la méthode kaizen dans le réseau coopératif agricole. Sous la recommandation des dirigeants de cette coopérative, cette méthode de révision des processus de travail a fait l’objet d’un Séminaire de gestion, en 2002, organisé par les Services-conseils de La Coop fédérée. Depuis, plusieurs autres coopératives, dont La Coop fédérée elle-même, ont adopté cette méthode d’amélioration continue qui, faisant appel à la participation des employés, permet notamment d’éliminer le gaspillage, d’optimiser les aires de travail et de réduire les stocks et les coûts de production.


La vie associative
Plusieurs programmes ont été créés pour informer et impliquer les membres dans la vie de leur coop. D’abord, Purdel a mis en place de nombreux outils de communication, dont la publication Info-Membre, qui fait connaître aux membres l’état de leurs avoirs à la coopérative. Info-Purdel est un autre outil, dont le contenu est plus général et qui s’adresse aux membres et aux intervenants du milieu. Le Coop Éclair est une troisième publication, à caractère plus technique, qui diffuse des informations très pointues sur les différentes productions. Enfin, tous les vendredis, un Info CA est envoyé à tous les membres du conseil d’administration, les informant des événements importants de la semaine.

« Par l’entremise du comité d’éducation coopérative, explique M. Thériault, nous établissons une fois par année une stratégie de recrutement pour solliciter les non-membres, mais surtout pour favoriser la participation des membres non utilisateurs. L’objectif est de leur faire connaître la différence coopérative. »

Le conseil d’administration se réunit environ 15 fois par année pour prendre les meilleures décisions dans
l’intérêt de leurs quelque 600 membres producteurs.

D’autres programmes visent à former les membres ou les soutenir en situation difficile. Mentionnons le Séminaire de gestion et la cogestion d’entreprise. « Nous nous sommes aperçus que nos membres avaient besoin de formation sur le plan de la gestion, raconte Jean-Paul Thériault. Ainsi, depuis deux ans, nous organisons une journée au cours de laquelle plusieurs conférenciers, externes à Purdel, entretiennent les participants de coûts de production, de concepts de gestion et même d’aspects légaux d’une entreprise agricole. À la fin de la journée, nous recueillons les commentaires des participants pour préparer le prochain séminaire en fonction de leurs satisfactions et insatisfactions. »

La cogestion d’entreprise est, quant à lui, un programme qui vient en aide aux membres en difficultés financières. Sommairement, un comité de gestion est formé avec les propriétaires et des rencontres à intervalles réguliers ont lieu pour orienter les décisions de façon à redresser la situation.

Laurent Proulx est fier de tous ces programmes dont bénéficient les membres, mais il vise à faire davantage pour développer l’appartenance à leur coopérative. « On a mis beaucoup d’efforts à impliquer les employés, et je veux mettre autant d’énergie avec les membres. » Mentionnons que le président a une approche très personnalisée. Par exemple, depuis qu’il est en fonction, il envoie un message de bons vœux, par fax, à chaque employé le jour de son anniversaire. Au premier de l’an et durant la Semaine de la coopération, il fait la tournée de tout le personnel, avec le directeur général, pour souhaiter la bonne année ou pour parler de coopération.

Dans son laboratoire d’analyse, France Lebel est attitrée à temps plein au contrôle de la qualité. France voit à ce que le cahier de charge, défini par les normes HACCP, soit appliqué. L’objectif est de s’assurer de la salubrité et de la traçabilité de tous les aliments fabriqués à l’usine de la coopérative, située au Bic.

Pour Alain Joncas, commis au comptoir de la meunerie et employé de Purdel depuis neuf ans, la plus grande force de la coopérative, c’est sa facilité à s’ajuster aux changements. En effet, Purdel, qui célèbre ses 78 ans d’existence cette année, a connu plusieurs retournements de sa mission. Le plus grand s’est produit durant les années 90, alors qu’elle a abandonné le secteur de la transformation laitière, une activité qu’elle avait mis près de 70 ans à développer. Au milieu des années 80, elle contrôlait plus du quart du lait nature au Québec. Devant la concurrence féroce, elle a dû faire volte-face, notamment en tant que partenaire de Groupe Lactel, et se réorienter comme coopérative régionale. Elle demeure toutefois dans ce secteur sur le plan de l’approvisionnement à la ferme : la production laitière occupe les trois quarts de la production agricole de la région.

En 1997, Purdel se tourne vers la production porcine. Un secteur qui lui donne aussi du fil à retordre. Elle fait construire une maternité de 1200 truies et 3200 porcelets à Saint-Valérien. En 1999, elle installe un système de traitement des lisiers, le BIOSORMD, pour apaiser les craintes des citoyens (voir la section Environnement à la page 74 du Coopérateur, édition d’avril).

Viennent ensuite le moratoire sur la production porcine en 2002, les audiences publiques et l’Union paysanne qui s’élève fortement contre le développement de cette production au Québec. Résultat : système de traitement de lisier ou non, la population redoute les projets de porcherie.

Malgré tout, le directeur général se réjouit de voir que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs reconnaît le BIOSORMD comme technologie de traitement de lisier. À cet effet, Purdel a obtenu, en 2005, une certification d’autorisation permanente. « Le BIOSORMD nous a valu le Phénix de l’environnement, en 2000, dans la catégorie Entreprise des secteurs primaire et secondaire utilisatrice de produits ou de procédés novateurs », tient-il à préciser.

Dans la meunerie accréditée HACCP, on fabrique des moulées pour les différentes productions animales : ovine, laitière, bovine, porcine, avicole, etc. Quels que soit les besoins – aliments en cube ou texture, médicamentés ou personnalisés – Purdel possède des installations pour bien servir ses producteurs. Jocelyn Dumais, meunier, est à finaliser le chargement d’un camion de livraison. Il a procédé, par la même occasion, à l’échantillonnage du produit.

Les initiatives en environnement sont multiples à cette coopérative qui compte 606 membres ordinaires, 539 membres auxiliaires et 100 membres juniors : elle a notamment établi une politique, portant sur les choix de site d’établissement en production porcine, dans laquelle plusieurs critères doivent être étudiés avant de prendre une décision. Elle a aussi défini un Guide de bonnes pratiques agroenvironnementales. « Il est remis à tous les membres, souligne le directeur général. Nous ne les obligeons pas à observer ces pratiques, mais nous les invitons fortement à le faire. »

En entrevue, Jean-Paul Thériault ne cache pas que ses 13 ans à la direction générale de cette coopérative ont été mouvementés à certaines occasions. Fort heureusement, il y a parfois des témoignages qui ont l’effet d’une bombe d’énergie, comme ces quelque six ou sept producteurs qui se sont levés à la dernière assemblée de Purdel, le 16 février dernier, pour manifester leur satisfaction vis-à-vis de leur coopérative. « On sent que ça bouge et que Purdel s’implique dans nos petites localités », disaient-ils dans leurs mots. Une semaine plus tard, le titre convoité de Coopérative Étoile de l’année est décerné à cette coopérative. Voilà de quoi repartir avec force pour quelques années!

Les finaliste
La Société coopérative agricole Île aux Grues – coopérative présentant un chiffre d’affaires de moins de 6 millions de dollars

La S.C.A. de l’Île aux Grues est située dans la grande région de Chaudière-Appalaches. Elle compte cinq membres et fournit de l’emploi à treize personnes. À la fin du dernier exercice financier, son chiffre d’affaires s’élevait à 2,3 millions de dollars. Ses ventes ont progressé de 26 % au cours des trois dernières années, en même temps un remarquable dynamisme commercial s’y est développé. Pour cette coopérative, chaque employé reçoit un entraînement d’un mois avant d’obtenir son poste de travail. La direction met beaucoup l’accent sur le contrôle de la qualité et en discute régulièrement avec ses employés lors des rencontres hebdomadaires, ce qui les conscientise davantage sur le rôle dans l’entreprise. Outre cela, le jury a salué la coopération et le partenariat que cette coopérative pratique avec les coopératives voisines et avec les organismes locaux et régionaux, de même que sa généreuse contribution de 30 000 $ versés l’an dernier en dons et commandites dans son milieu.

La SCA l’Ile aux Grues : Lisette V. Painchaud et Simon Painchaud, président, Christian Vinet, directeur général; Denis Boulanger, vice-président ainsi que Denis Richard, président de La Coop fédérée.


La Coop Montmagny – coopérative présentant un chiffre d’affaires allant de 6 à 18 millions de dollars
La Coop Montmagny est aussi située dans la région de Chaudière-Appalaches. Elle compte 147 membres ordinaires et 347 membres auxiliaires et offre de l’emploi à 30 personnes. À la fin du dernier exercice financier, son chiffre d’affaires s’élevait à 6,1 millions de dollars. Le jury l’a choisie comme finaliste pour s’être démarquée notamment sur le plan de la progression de ses ventes de 61 % au cours des trois dernières années. Cette coopérative a également maintenu un ratio d’avoir de plus de 34 % après avoir complété un important programme de rénovation de ses installations. L’an dernier, 44 % des membres ordinaires de cette coopérative ont assisté à leur assemblée générale ce qui dénote, chez eux, un fort sentiment d’appartenance. D’autres actions ont attiré l’attention du jury : une politique d’aide à la relève, une bonne communication aux employés des défis auxquels la coopérative doit faire face et des objectifs qu’elle se donne ainsi que l’établissement de différents moyens de communication pour mieux connaître les besoins de ses membres et les informer des nouveaux projets.

La Coop Montmagny : Stéphane Richard, administrateur; Colette Ferland, administratrice; Simon Painchaud, président; Michel Delisle, directeur général; René St-Pierre, gérant de la quincaillerie ainsi que Denis Richard, président de La Coop fédérée.


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