Le ministre anticipe cette année une participation accrue des producteurs de la Mauricie, du Centre-du-Québec et de l’Estrie. « Les producteurs sont des agents de développement durable et l’Ordre national du mérite agricole est une belle vitrine pour l’ensemble du secteur agricole pour le démontrer; c’est pour cela que je mets les gens au défi de participer. En 2001, on avait 112 entreprises qui s’étaient inscrites au concours, et j’aimerais bien que ça soit dépassé cette fois », lance le ministre Yvon Vallières. « Le territoire est au cœur de l’une des grandes et belles régions du Québec, qui compte 7264 entreprises, soit environ 25 % des exploitations agricoles de la province.

Il s’agit donc d’un bassin important de producteurs agricoles, et j’aimerais bien que ma région, qui chevauche l’Estrie et le Centre-du-Québec, voie un grand nombre de producteurs et productrices se porter candidats. »

L’agriculture est un secteur d’activité économique important pour toutes les régions du Québec. Près de 30 000 entreprises, soit 430 000 emplois, y sont rattachées. Le prestigieux concours de l’Ordre national du mérite agricole (ONMA) a été instauré en 1889 par le gouvernement du Québec, sous Honoré Mercier, et le ministre Vallières est convaincu qu’il s’agit d’une tradition que nous nous devons de maintenir.

« Au-delà des médailles et des honneurs, je pense que c’est le témoignage de notre admiration et du respect que nous voulons apporter aux gens de la terre. On veut leur rappeler qu’ils sont une source de fierté pour toute la population du Québec, qui se nourrit de leurs produits. »

Pour les besoins du concours, le Québec est divisé en cinq grands territoires, soit la Montérégie, secteurs Est et Ouest (1); la Mauricie, le Centre-du-Québec et l’Estrie (2); la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches (3); Montréal, Laval, Lanaudière, l’Outaouais et les Laurentides (4), le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, l’Abitibi Témiscamingue, le Nord-du-Québec, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord (5). La décision de répartir la province en cinq territoires permet que le concours se déroule dans un temps raisonnable et, également, tient compte des zones climatiques et des sols, de manière à égaliser les chances des concurrents.

Le concours a bien évidemment évolué au fil des ans, tout comme l’ont fait les entreprises agricoles. Depuis les années 60, de nombreux changements ont été apportés, notamment au système de pointage, aux règlements, au mode d’évaluation, à la période d’inscription ainsi qu’à la définition du terme « exploitation agricole ».

Réjean Lambert, apiculteur dans la région de Wotton, en Estrie, a été récipiendaire de la médaille de bronze en 2001. En plus d’avoir 3000 ruches en production, il est vendeur de matériel apicole, importateur d’abeilles d’Australie et est impliqué dans le projet du Musée de l’abeille à Québec. Les journées de travail sont longues, mais il a tout de même décidé de prendre le temps de se présenter cette année.

« Je vise l’argent, c’est un plus gros défi, mais je crois que j’ai des bonnes chances d’y arriver, ajoute-t-il. On reçoit une grille d’évaluation, donc on sait sur quoi on va être jugé. Il y a des points notamment pour la comptabilité, la gestion, le cheptel et le type de production. Les abeilles, c’est différent des vaches laitières. Ça nous a demandé de nous restructurer, mais quand ils sont venus faire l’évaluation, les experts étaient surpris de voir où on en était rendu. » Sa grande crainte, cette fois-ci, est de perdre des points parce que son exploitation agricole n’est pas une entreprise familiale.


Il est vrai que, depuis ses débuts, l’agriculture s’appuie sur la famille. Une synergie se crée entre le milieu de vie et celui du travail, comme en témoignent ceux et celles qui s’investissent dans leur entreprise agricole. Mais, signe que les temps changent, les exploitations agricoles qui se présentent au concours ne sont pas toutes des entreprises familiales. Plusieurs gagnants, par le passé, n’avaient pas de relève. Si l’implication des propriétaires dans le milieu local fait partie du volet rayonnement social, elle peut par ailleurs prendre plusieurs formes, par exemple, celle des portes ouvertes, et peut se faire tout autant avec des employés qu’avec la famille. Toutefois, les parents dont les jeunes aspirent à relever le défi de prendre en main l’entreprise familiale les encouragent à prolonger leurs études pour qu’ils acquièrent des connaissances spécialisées dans la gestion d’une entreprise agricole. On reconnaît aussi l’apport significatif des femmes en agriculture, des femmes qui s’affirment et qui font preuve de leadership. Voilà pourquoi, depuis 1995, deux nouvelles mentions sont décernées pour reconnaître les efforts déployés par les parents qui veulent assurer une formation professionnelle de leur relève et l’émergence de la relève féminine.

Dans certains cas, comme celui de la Ferme Gémini inc., de Saint-Barnabé, en Mauricie, le transfert de la ferme familiale fera en sorte que les candidats recommenceront à la base. « Mon père a été récipiendaire de la médaille de bronze en 2001, mais cette année, comme il m’a cédé la ferme, c’est moi qui m’inscrirai. Si je gagne, c’est sûr que je partagerai la médaille avec lui », explique Michel Gélinas, fils de Gisèle et Julien Gélinas, la sixième génération à exploiter la ferme laitière Gémini inc. avec sa conjointe Luce Rabouin.


Place au concours!
Au total, 10 460 entreprises se sont inscrites au concours de l’Ordre national du mérite agricole de 1889 à 2005. On doit souligner l’excellente collaboration des directions régionales du MAPAQ, qui ont le mandat d’inviter les entreprises de leur région à s’inscrire au concours. Le personnel est habilité à informer les producteurs et productrices agricoles sur les différentes étapes que comporte le concours ainsi qu’à les accompagner dans le processus. Toutes les exploitations agricoles en compétition sont évaluées par des équipes de juges constituées entre autres d’agronomes et de commandeurs (médaillés d’or) de l’ONMA, préalablement nommés par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Ces spécialistes sont au fait des plus récents développements en matière de pratiques et de gestion d’entreprises. Ils auront complété, pour ce concours, une formation sur mesure donnée par l’ITA campus de La Pocatière.

La grille d’évaluation est divisée en cinq sections et totalise 1000 points. La gestion de l’appareil de production (culture ou élevage) est la section la plus importante de la grille et compte pour 350 points. Cette section inclut le choix des intrants dans la gestion des ressources biophysiques telles que les sols, les cultures et les animaux.

Des points sont alloués pour les bâtiments, la machinerie, l’équipement, le matériel et les outils, tant en ce qui concerne la pertinence du choix de ceux-ci que la qualité de leur entretien. L’ensemble des opérations est aussi évalué et une attention est apportée à la mise à jour des procédés ainsi qu’au contrôle et au suivi de la production.

La gestion agroenvironnementale, deuxième volet du concours, représente 125 points. Cette section sert à vérifier la préoccupation du gestionnaire pour l’agroenvironnement, la conformité aux normes environnementales, le respect des ressources biophysiques, les efforts de réduction des rejets dans l’environnement ainsi que la pertinence des mesures de protection de l’environnement.

La gestion des ressources financières vient en troisième lieu, mais étant donné que ce volet vaut 300 points, il est loin d’être négligeable! Sont inclus : la tenue des registres comptables, la gestion du risque, la gestion financière, les résultats financiers et le marketing de l’entreprise.

La gestion des ressources humaines évalue le travail, le souci du perfectionnement professionnel, la qualité de vie ainsi que l’évolution de l’entreprise, pour un total de 175 points.

Et, finalement, un potentiel de 50 points sera accordé pour le rayonnement social; afin de récompenser l’implication des propriétaires ou collaborateurs de l’entreprise dans le milieu
agricole ou autre.

Il est important de noter que cette année, la grille d’évaluation permettra, s’il y a lieu, d’évaluer la transformation ou la commercialisation aux sections gestion de l’appareil de production et gestion des ressources financières. Toutefois, pour maintenir un équilibre entre l’importance accordée à la gestion des ressources financières et à l’appareil de production, la pondération accordée aux activités de transformation ou de commercialisation n’excédera pas les 40 %.


La Coop fédérée, fière partenaire du concours
Depuis plusieurs décennies, La Coop fédérée appuie les producteurs agricoles dans toutes les régions du Québec. Cette année, en plus de sa participation financière à l’événement avec le Groupe Promutuel, La Coop remettra un prix « La Coop fédérée à l’agroenvironnement » à une entreprise de chacune des régions participantes. Cette initiative viendra souligner les efforts des entreprises qui ont su intégrer de bonnes pratiques agroenvironnementales dans la gestion de leur exploitation.

La période d’inscription, pour l’édition 2006, s’est terminée le 1er mai dernier. Pour de plus amples renseignements sur le concours, veuillez consulter le site du ministère à l’adresse suivante : www.mapaq.gouv.qc.ca/onma.
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