Entre 4 h et 8 h le matin, il se passe quelque chose… On ne le voit pas, mais c’est là, on le sent, décrit Gilles Dupont. Et après 8 h, c’est fini. Quand on sort de l’étable, ce n’est plus là. C’est autre chose. » C’est ce petit quelque chose d’indéfinissable qui a sans cesse ramené Gilles à ses premières amours : l’agriculture.

Issu d’une ferme laitière, Gilles a toujours voulu vivre de l’agriculture et offrir ce mode de vie à ses enfants. Sa femme Brigitte aussi : « Nous avons tous les deux des souvenirs agréables de notre jeunesse sur la ferme, et il était clair qu’on voulait la même chose pour nos enfants. » Son frère aîné ayant repris la ferme familiale, Gilles a travaillé avec lui pendant une quinzaine d’années. « Nous avons essayé 4 ou 5 fois de m’inclure dans l’entreprise, mais pour diverses raisons, ça n’a jamais été possible », raconte-t-il.

Brigitte et Gilles ont donc acheté une station-service avec dépanneur. « Je me reposais en allant faire les foins chez mon frère. » Gilles s’était aussi procuré une moissonneuse-batteuse et à un certain point, il devait payer des employés pour le remplacer pendant qu’il allait travailler aux champs.

C’est alors que tout se bouscule. L’impossible se réalise : Brigitte est enceinte d’Olivia après 17 années d’infertilité, puis de Junior, 18 mois plus tard. Le désir de s’établir est alors de plus en plus fort. Finalement, le 12 avril 2000, l’ancien propriétaire de la bergerie de Les Hauteurs offre officiellement à Gilles de lui vendre sa ferme. « Le 29 avril, nous avons eu le financement, le 9 mai, je labourais et le 12 mai, nous avons pris possession », raconte Gilles.

Gilles et Brigitte ont toujours voulu vivre de l’agricultue et offrir ce mode de vie à leurs deux enfants, Olivia et Junior.

La bergerie avait subi plusieurs revers dans les années précédentes, dont un feu qui avait tout ravagé en 1996. Les bâtisses étaient neuves, mais aucune des 269 brebis n’était gestante, aucune régie n’était instaurée et il n’y avait pas de foin. « Je n’avais jamais travaillé avec des moutons avant », ajoute Gilles. Un manque d’expertise et de moyens qui n’a pas effrayé outre mesure les membres de « l’équipe » de la bergerie, comme Gilles et Brigitte nomment leurs conseillers et partenaires dans l’aventure.

« Dans quoi t’es-tu embarqué? » a quand même demandé l’agronome du Club d’encadrement technique ovin à sa première visite chez Gilles Dupont. Un mois après, il s’est ravisé : « Ce n’est plus la même ferme! » Un commentaire qui démontre l’ampleur des changements apportés en peu de temps.

« En cinq ans, on est passé de 1 agnelage par brebis par année à 1,34 et de 1 à 1,7 agneau par agnelage », note fièrement Gilles.

Néanmoins, à discuter avec le couple, on comprend vite pourquoi on les a appuyés et on a cru en eux. « C’était le temps de semer, mais nous n’avions pas pris possession encore, et plus aucune liquidité pour acheter des intrants. J’ai alors approché la représentante France Lebel chez Purdel (maintenant chargé du contrôle de la qualité à la meunerie) et elle m’a dit : oui, on embarque avec toi! ». Une promesse que Purdel a tenue et qui a permis à la Bergerie des amours de compléter sa première année… et plus! « Tout d’abord, il fallait remettre les brebis en état de chair, puis attendre l’automne avant de les mettre au bélier. Les premiers agneaux étaient faibles, nos agnelles mal préparées. Nous avons beaucoup réformé la première année, et comme on tenait à garder toutes nos agnelles pour augmenter le troupeau, il a fallu deux ans avant que ça roule. Durant ce temps, il fallait continuer à entretenir, investir, nourrir, soigner… », explique Gilles.

C’est là que « l’équipe » a fait toute la différence. Que ce soit pour de la machinerie, des aliments ou des animaux, beaucoup de fournisseurs ont fait confiance aux Dupont. Ils ont fourni la marchandise nécessaire aux opérations, souvent sur une simple promesse de paiement.

« Les gens nous demandent souvent pourquoi la ferme se nomme La Bergerie des amours, note Brigitte. En fait, c’est de cette façon que j’appelle mes enfants Olivia et Junior depuis qu’ils sont bébés : mes amours. » On pourrait ajouter l’amour que se portent Gilles et Brigitte. Un amour mis à rude épreuve durant les dernières années où les nuits furent courtes et les journées, beaucoup trop longues. Par exemple, Gilles est retourné sur les bancs d’école pour obtenir son DEP afin d’accéder à la prime à l’établissement. Un choix sensé financièrement, mais qui a obligé pendant un an Gilles et Brigitte à se lever à 3 h 30 pour faire le train du matin, afin que Gilles se rende en classe à Mont-Joli. « Au retour, pas de soupage pour moi, j’allais faire la besogne du soir, alors que Brigitte s’occupait de celle du midi », raconte Gilles. « Je me couchais vers les 21 h, pour me relever à 1 h 30 afin de pouvoir étudier en période d’examens. » Un DEP où l’expérience de tous les jours a souvent tenu lieu de formation et les problèmes du quotidien, d’examen…

Cinq ans, un agrandissement et l’implantation de la photopériode pour 650 brebis, les chiffres sont encourageants! « On est passé d’un agnelage par brebis par année à 1,34 et de 1 à 1,7 agneau par agnelage », note fièrement l’éleveur. Pour la fin de 2006, les objectifs sont de vendre une moyenne de 25 agneaux par semaine.

À faire le bilan des cinq dernières années de la ferme, on se dit que bien d’autres auraient abandonné depuis longtemps. On se demande comment ils ont fait pour passer au travers de cette épreuve avec le regard toujours confiant et positif, tourné vers l’avenir. Les mots qui nous viennent en tête sont : « solide », comme le couple que forment Gilles et Brigitte; « persévérance », à l’image des pionniers qui ont ouvert ces terres pour qu’aujourd’hui, on y vive de l’agriculture; « gros bon sens », qui guide leurs décisions et qui sépare le rêveur de l’entrepreneur; « respect », l’un pour l’autre, pour les animaux, pour la terre; « objectifs », clairement définis; « positivisme », qui leur permet de s’adapter dans l’adversité et de tirer le meilleur de chaque chose.

Le nom de «Les Hauteurs» ou du village voisin «Saint-Gabriel» vous dit quelque chose? C’est fort probable puisqu’on y construira sous peu une usine qui transformera principalement du bœuf et de l’agneau, deux productions dynamiques dans la région.


Et dans cinq ans…?
Les objectifs sont d’améliorer les performances de troupeau, les sols mais, surtout, de transmettre la passion à leurs enfants. « Nous avons acheté la ferme pour y vivre en famille et élever nos enfants… rappelle Gilles. Il est temps de prendre du temps, justement, pour nous. »

Alimentation du troupeau
Servi en tout temps dans tous les parcs, des Pro-Bloc Ovation 15-5
avec sélénium organique. Le statut en sélénium sanguin du troupeau, vérifié occasionnellement par des prises de sang, indique un niveau adéquat de sélénium dans la ration.

Agneaux 0-2 mois :
  Foin de deuxième coupe de graminées.
  Début Agneaux Pulp-O-20 méd (parc dérobée, inclus abreuvoir pour les agneaux).
Introduction d'un mélange orge/supplément ovin dans le dernier mois, en mélange avec la Pulp-0-20. Lacto-remplaceur Ovation Agno-Chevro pour les agneaux à la louve.

Agneaux lourds :
  (3 % vendus en lait, 7 % en léger et 90 % en lourd).
  Balles rondes de deuxième coupe de graminées à volonté.
  Mélange orge/supplément Ovin, 5/1.


Agnelles :
  Balles rondes de deuxième coupe et mélange d'orge et supplément <35 kg poids vif.
  Pour les >35 kg poids vif, orge selon la condition de chair et toujours balle ronde de deuxième coupe.
  Brebis au flushing : Deuxième coupe et 1,3 kg d'un mélange de grains (2/3 orge et 1/3 maïs).

Brebis gestantes :
  Foin de graminées et grains si nécessaire, selon les conditions de chair.

Brebis et agnelles en préparation à l'agnelage :
  Balles rondes de première coupe (14-15 % prot.), 320 grammes de Trans-Ovi et 320 grammes d'orge.

Brebis en lactation :
  1,2 kg d'un mélange orge et supplément 5 pour 1. Les quantités varient selon les états de chair.
  Au total, c'est 2100 balles rondes de 54” x 48” qui sont nécessaires. La première coupe varie entre 14 et 15 % de protéine et la deuxième entre 15 et 17 %. Le foin
sec contient autour de 11 % de protéine.

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