Il est d’usage de croire que la qualité de l’eau de notre puits est excellente car l’eau souterraine se faufile à travers les filtres naturels géologiques et qu’elle est puisée à des profondeurs souvent importantes.

Ayant une qualité généralement meilleure que l’eau de surface en raison d’une protection naturelle, l’eau de puits captée pour la consommation procure une sensation de fraîcheur et de pureté que l’on s’attend à retrouver perpétuellement. Néanmoins, cette eau peut réserver de désagréables surprises lorsqu’on lui détecte un goût de fer, de soufre (odeur d’œufs pourris) ou de carbonates causé par une formation géologique particulièrement riche en minéraux et qui peut, dans certains cas, la rendre non potable. On parle alors d’une contamination naturelle de l’eau.

Mais l’eau de puits peut aussi se trouver contaminée lorsqu’elle est en lien avec des eaux de surface de mauvaise qualité. En effet, la « protection naturelle » de l’eau souterraine a des limites et rien ne garantit sa qualité si les activités en surface émettent des contaminants en quantité supérieure à la capacité de filtration ou d’épuration du sol. Cela peut se produire si le puits est construit dans un aquifère sableux perméable, par exemple. Au contraire, un puits traversant une couche d’argile procurera davantage de protection à la ressource contre les migrations d’eaux polluées en provenance de la surface.

Dans les cas où une activité humaine provoque un changement à la composition naturelle de l’eau souterraine, elle limite son utilisation à la consommation et peut même induire des risques pour la santé de ceux qui la boivent. Localisés sur une « fenêtre d’infiltration » perméable qui peut laisser migrer l’eau de surface contaminée vers la nappe d’eau souterraine, les puits se trouvent à la merci de la qualité de l’eau de surface. Il faut donc s’assurer dans ces cas d’une bonne gestion des activités et des eaux de surface (étangs, ruisseaux, etc.) afin de bien protéger la ressource. En fait, sait-on vraiment si l’eau de notre puits est bonne à boire?


Les sources de contamination
Les sources de contamination de l’eau souterraine, en relation avec les eaux de surface, sont identifiées de deux façons : les sources ponctuelles et les sources diffuses. Les sources ponctuelles sont généralement associées à des activités industrielles ou domestiques limitées dans l’espace : les dépotoirs, les fuites de réservoirs de produits pétroliers ou de produits chimiques, les fuites de fosses septiques ou de fosses à lisier ainsi que les déversements accidentels en sont des exemples. L'infiltration dans le sol de pesticides, de fertilisants chimiques ou organiques (lisier) sur des terres cultivées sont des exemples de sources diffuses propres au milieu agricole, surtout dans les champs où les activités de culture nécessitent l’épandage de fertilisants, de pesticides et, parfois, de lisier.
Les critères de qualité
Lorsque l’eau souterraine est captée d’un puits aux fins de consommation, celle-ci doit, en plus, posséder des qualités organoleptiques (goût, couleur et odeur) les meilleures possible et respecter les normes du Règlement sur la qualité de l’eau potable établi par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Lorsqu’un puits est domestique ou qu’il approvisionne 20 personnes ou moins, il est de la responsabilité de son propriétaire de s’assurer de sa qualité, de son innocuité et du respect des normes. Au Québec, le fait de distribuer de l'eau non conforme à la réglementation en vigueur peut être considéré comme une infraction criminelle, comme dans la plupart des pays industrialisés qui réglementent l'eau potable.

En plus de veiller à la protection du puits en ayant à l’œil les activités qui ont lieu autour, le MDDEP recommande de faire analyser son eau au moins deux fois par année auprès d’un laboratoire qu’il a accrédité1 qui fournit les contenants et indique la méthode d’échantillonnage appropriée.

En ce qui concerne les nouveaux puits, il est recommandé d’en faire analyser l’eau pour détecter la présence de bactéries coliformes totales, de bactéries entérocoques, de bactéries E. coli et de nitrates-nitrites. Ces paramètres doivent être inclus dans les échantillonnages successifs. D’autres paramètres pourraient s’appliquer en fonction de la proximité d’activités humaines polluantes. Il est de mise de consulter la réglementation du MDDEP à cet effet2.

Les réservoirs de produits pétroliers endommagés sont une source potentielle de contamination de l’eau souterraine qu’il faut gérer adéquatement s’ils sont localisés à proximité d’un puits d’eau potable.

Quand faut-il s’inquiéter de la qualité de l’eau de son puits? Notamment lorsqu’elle change de goût, d’aspect ou d’odeur radicalement et de façon inexpliquée. Le MDDEP recommande toutefois
d’effectuer des prélèvements au printemps et à l’automne, soit au moment où la qualité de l’eau d’un puits est plus susceptible de changer, en raison de l’infiltration maximale de l’eau provenant de la fonte des neiges et des précipitations de septembre et octobre.

En cas de contamination bactériologique, il est recommandé d’en trouver la source, de la confiner et de désinfecter votre puits à l’aide d’hypochlorite de sodium (eau de javel) selon la procédure en vigueur3.

Si la contamination persiste, il sera toujours utile de faire vérifier votre installation de captage par un professionnel ou d’étudier de façon plus approfondie une source de contamination externe.

L’eau de votre puits est sûrement bonne à boire. Il s’agit seulement de s’en assurer, à peu de frais et de façon adéquate4.

Références :
1. http://www.ceaeq.gouv.qc.ca/accreditation/palae/lla03.htm
Liste complète des laboratoires accrédités par le MDDEP.

2. http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/potable/brochure/parties-1-2-3.htm
Règlement sur la qualité de l’eau potable.

3. http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/potable/depliant/index.htm#desinfection
Méthode de désinfection d’un puits prônée par le MDDEP.

4. http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/potable/depliant/index.htm
Site explicatif du MDDEP intitulé La qualité de l’eau de mon puits.

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