Deux des trois lauréats du cru Le Renaud-Cyr 2005 proviennent du Bas-Saint-Laurent. Il s’agit de Colombe St-Pierre, honorée « chef » à 28 ans seulement et propriétaire du restaurant Chez Saint-Pierre établi au Bic. Richard Favreau et sa compagne Monique Michaud, propriétaires de la Ferme Val-aux-Vents située à Saint-Valérien, où ils cultivent plus de 350 cultivars, ont décroché, eux, le titre « artisan producteur ». Quant au récipiendaire du titre « artisan transformateur », il s’agit cette fois d’Éric Proulx, jeune propriétaire de la Ferme-Fromagerie Tourilli située au nord de Québec, à Saint-Raymond de Portneuf.

Les noms des gagnants ont été dévoilés en avril dernier dans un des temples de la gastronomie québécoise, le restaurant Toqué, situé au cœur de Montréal. Son copropriétaire, Normand Laprise, est un des chefs spirituels d’une cuisine qui favorise et valorise les produits du terroir, en ouvrant sa porte aux artisans des quatre coins de la province.

« Les chefs sont taillés dans le même bouleau que les producteurs et carburent à la passion d’un soleil à l’autre », a lancé au micro le fromager Éric Proulx dont les talents de conteur ne sont pas sans rappeler ceux de Fred Pellerin. Fondée en 2001, la Ferme-Fromagerie Tourilli de Saint-Raymond de Portneuf, par le rayonnement de ses fromages, redonne un souffle d’espoir et de fierté aux habitants d’une région marquée par les crises du bois d’œuvre et la fermeture de deux moulins à scie. « Tant vaut le village, tant vaut le pays! », a conclu le jeune entrepreneur en paraphrasant son « grand-père spirituel », Jacques Proulx, l’actuel président de Solidarité Rurale.

La nouvelle « chef », Colombe St-Pierre, auteure de la chronique régulière « La brebis goûteuse » publiée dans le journal Le Mouton Noir, donne l’eau à la bouche tant à ses lecteurs qu’à ceux qui s’attablent Chez Saint-Pierre. Une affaire de couple! Car pendant que la jeune virtuose s’affaire derrière ses fourneaux et que les effluves provenant de la cuisine excitent les papilles gustatives, Alexandre Vincenot, son conjoint, lui, vient déposer les chefs-d'œuvre de sa dulcinée sous le nez des convives.

On sème aussi très tôt le goût de la bonne bouffe chez les propriétaires de la Ferme Val-aux-Vents qui, inspirée d’Équiterre, a constitué un réseau de distribution de 60 familles dans la région. Le couple accueille des enfants de 2 ans et demi à 5 ans dans l’entreprise « bio » tout en y donnant des cours de cuisine. « Les tout-petits développent des goûts très tôt. Ça va faire boule de neige, même en été », affirme Richard Favreau. « Cela nous nourrit », a complété sa compagne, Monique Michaud.

Pour sa part, Françoise Keller, journaliste connue pour son implication auprès des chefs cuisiniers et membre du jury des prix Renaud-Cyr, a laissé savoir un peu avant la remise des prix qu’il fallait défendre la philosophie du lien cuisinier-producteur : « Quand on voit sur un menu que les volailles ou les tomates proviennent de telle ou telle ferme, est-ce que ce producteur fournit vraiment ce cuisinier? On va s’attaquer à ça! », a-t-elle indiqué.

Le Renaud-Cyr a été créé en 1999 en hommage au chef propriétaire du même nom, fondateur du Manoir des Érables et ardent défenseur de son coin de pays, Montmagny, bien avant que l’on parle de produits régionaux, de niche ou de terroir. Les premiers lauréats ont été honorés en 2000. Depuis, 18 « artisans », cuisiniers, producteurs et transformateurs ont été honorés. Comme deux des trois gagnants du cru 2005 sont formés d’une nouvelle génération, ce prix est en voie de devenir une très belle tradition.

Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés