Afin de maximiser la qualité des céréales et de limiter les dégâts causés par la fusariose,voici quelques stratégies qui devraient être adoptées lors de la récolte et de la conservation des grains.

La fusariose est l’une des maladies les plus répandues dans les céréales. En plus de comporter des risques de pertes de rendement considérables et de déclassement des grains, elle peut produire des mycotoxines dangereuses pour le bétail.

Ces dernières années, d’importants foyers d’infection se sont déclarés lorsque la température a été douce et pluvieuse entre le stade de la floraison et le stade pâteux mou. La plupart des grains fusariés sont petits, rabougris et plus légers que les grains sains. Il est donc possible d’éliminer une partie de ces grains endommagés directement au champ. Certaines techniques proposées sont plus facilement applicables pour le blé puisque les grains d’orge et d’avoine infectés présentent moins de symptômes qui permettent de les éliminer au regard de leur poids et leur grosseur.

Le moment propice pour la récolte
La récolte des céréales potentiellement infectées par la fusariose de l’épi peut se faire aussitôt que la maturité des grains est atteinte, soit à un taux d’humidité de 18 %. Une récolte hâtive suivie du séchage des grains permet d’éviter la production de toxines, surtout lorsque les conditions météorologiques sont favorables au développement des champignons (pluie). Par contre, il ne faut pas récolter trop tôt, car trop d’humidité dans le grain réduit la capacité d’éliminer les grains de blé fusariés à partir de la moissonneuse-batteuse.

Le ventilateur de la moissonneuse-batteuse
En augmentant la vitesse du ventilateur de la moissonneuse-batteuse, il est possible de créer un courant d’air plus puissant. Cela permet d’éliminer une bonne partie des grains fusariés plus légers. Une étude de Rigetown menée en 1996 démontre qu’une plus grande vitesse du ventilateur permet de réduire de façon importante la quantité de grains fusariés et qu’il en résulte une perte de bons grains d’environ 3 %. Cette petite diminution de rendement est rapidement compensée si cette pratique évite le déclassement de la récolte. Afin de bien ajuster le ventilateur, on commence à la vitesse maximale et on inspecte les grains obtenus et les pertes. On peut ensuite réduire graduellement la vitesse du ventilateur jusqu’à ce que la récolte soit relativement propre sans perdre une quantité trop importante de grains sains.

La vitesse de battage
Une vitesse plus lente de la moissonneuse-batteuse favorise la séparation des grains en provoquant un contact plus long avec le courant d’air du ventilateur, ce qui aide à séparer les bons grains des grains infectés.

Le séchage et la ventilation durant l’entreposage des grains
Le niveau de vomitoxines ne diminue pas pendant l’entreposage, car il s’agit de molécules très stables. Par contre, le champignon qui produit ces toxines se détériore et est inactif si le taux d’humidité est bas, ce qui empêche la production de nouvelles toxines. Il est donc important de sécher le grain rapidement après la récolte. Il faut amener les grains à un taux d’humidité d’au plus 13,5 % afin d’éviter la prolifération des toxines. Vous pouvez vous référer au tableau ci-contre pour connaître les températures maximales à utiliser en fonction de l’usage de la culture à sécher.

Par la suite, il faut s’assurer de ventiler le silo de façon régulière afin d’éviter une surchauffe. Ce phénomène est provoqué par la respiration des grains et des micro-organismes. Des températures trop hautes provoquent la détérioration de la qualité des grains durant l’entreposage. À l’automne, la ventilation de nuit permet de réduire la température des grains entreposés à l’intérieur du silo et d’amener la température près de 0 °C pour l’hiver. Pour ce faire, on amorce le cycle de séchage lorsque la température extérieure est inférieure de 5 à 8 °C à celle des grains situés à l’intérieur du silo et que les prévisions météo annoncent des conditions stables pour quelques jours. On arrête la ventilation une fois qu’un cycle complet a été effectué, c’est-à-dire lorsque tous les grains du silo sont refroidis. De plus, l’inspection régulière du silo est nécessaire afin de détecter tout réchauffement des grains. Le cas échéant, il faut immédiatement ventiler pour réduire la température, même si l’humidité de l’air est élevée.

Il est important d’installer le ventilateur dans le bas du silo afin qu’il pousse l’air vers le haut. Cette technique est avantageuse, car les derniers grains à changer de température sont situés dans le haut du silo, ce qui facilite le suivi et l’inspection. Le changement de température suit un front qui se déplace dans la direction de l’air (voir figure page suivante).

Une bonne régie
Il est important de savoir que la semence n’est pas la cause des infestations de fusariose de l’épi des céréales. Le champignon responsable de la fusariose de l’épi et de la production de toxines (Fusarium graminearum) ne se transmet pas de la semence à l’épi. L’épi des céréales est infecté par les spores contenues dans les résidus de cultures et celles qui sont transportées par le vent, ces deux sources étant les principales voies de transmission de la maladie. Pour réduire les risques de fusariose de l’épi, il faut adopter une bonne rotation des cultures (idéalement deux ans sans cultiver du maïs ou des céréales), enfouir les résidus de culture et utiliser les cultivars les plus tolérants possible.

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