Citadelle a mis sur pied une toute nouvelle usine de troisième transformation des produits de l’érable. La Coopérative de producteurs de sirop d’érable qui, à force d’innovations, a réussi à quintupler son chiffre d’affaires au cours des quinze dernières années, révèle une autre de ses multiples facettes.


L'usine dernier cri permettra d’approvisionner en glaces, gelati, sorbets, tartes, biscuits et pâtisseries les trois bistros-boutiques de Citadelle, certains établissements de détail et le secteur HRI (hôtels, restaurants et institutions). « La construction de cette usine, la première au monde de ce type dans le secteur des produits de l’érable, est une étape importante du développement de nos activités de troisième transformation », indique David Alain, directeur général de la division Les Délices de l’Érable que la coopérative a lancée en 1999 avec l’ouverture d’un premier bistro-boutique à Vancouver. Un deuxième bistro-boutique a vu le jour dans le Vieux-Montréal en 2002, puis un troisième, en 2005, à l’Aéroport Montréal-Trudeau.

Ces trois franchises connaissent une croissance qui dépasse toutes les attentes des dirigeants de Citadelle. « Le chiffre d’affaires de cette division enregistre des hausses importantes année après année », fait savoir David Alain, qui possède une formation de comptable, mais dont l’expérience professionnelle a toujours été rattachée à la conception et à la mise en marché de produits alimentaires. Il participe d’ailleurs activement avec la chef pâtissière, Fanny Laplante, au développement des nombreux produits offerts dans les bistros-boutiques. « Depuis six ans, des millions de dollars ont été investis en recherche et développement, souligne le directeur général de la division. Ces efforts ont permis de mettre en marché une centaine de nouveaux produits au cours des trois dernières années. » Quarante saveurs de glaces et de sorbets, douze sortes de biscuits, une quinzaine de tartes et une multitude de pâtisseries et viennoiseries, le tout en de multiples formats, ornent les étals au design raffiné des bistros-boutiques de l’entreprise. Bien entendu, tous ces produits contiennent du sirop d’érable pur. Les arômes d’érable artificiels ou même naturels sont rigoureusement exclus.

C’est dans le bistro-boutique de la rue Saint-Paul à Montréal qu’étaient auparavant conçus et fabriqués tous les produits de la division Les Délices de l’Érable. Les installations ne suffisant plus à la demande, il fallait accroître la capacité de production de l’entreprise, et ce, tel que prévu dans le cadre stratégique de développement de la coopérative lancé en 1994.

L’entreprise en profitait alors pour se donner une nouvelle image. La Coopérative de Producteurs de Sucre d’Érable de Québec, fondée en 1925, devenait Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d’érable; Citadelle étant la marque d’un des tout premiers produits que la coopérative a mis en marché. « Le développement de bistros-boutiques et du secteur de la troisième transformation faisait donc déjà partie de ce cadre stratégique, indique Jean-Marie Chouinard, secrétaire corporatif de la coopérative. Nous voulions aussi assurer notre propre mise en marché et solliciter directement le consommateur. »

Luc Lussier, directeur général de Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d’érable.


René Arès, président de Citadelle depuis 1991, est très fier de cette réalisation qu’il estime d’une grande importance pour la continuité de la coopérative. « La coopération est une force, et nous le prouvons encore une fois, dit-il. Cette force, c’est notre capital humain qui nous la donne et qui procure des retombées majeures pour nos membres et le milieu. Chez Citadelle, nous ne pensons pas à court terme. Nous misons sur le long terme avec, en tête, les générations futures. »

« Pour les membres de la coopérative, ces activités représentent des investissements très importants non seulement en recherche et en développement, mais aussi en marketing», ajoute pour sa part Luc Lussier, directeur général de la coopérative. « Il était nécessaire de se préparer longuement d’avance avec un plan bien établi. Cette démarche nous a permis de passer à une autre étape, comme nous l’avions fait dans le passé, en offrant sur les marchés internationaux des produits au détail plutôt qu’en vrac. L’avenir de la coopérative repose d’ailleurs en partie sur la valeur ajoutée des produits de l’érable. C’est un créneau sur lequel nous miserons encore plus dans l’avenir. »

Au cours de son dernier exercice, Citadelle a mis en marché 14,7 millions de livres de sirop d’érable dont 12 millions provenaient de ses quelque 2000 sociétaires, la différence ayant été acquise de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. Une très grande proportion du sirop est exportée. Le chiffre d’affaires de la coopérative, dont le siège social est situé à Plessisville, dans les Bois-Francs, est de 59 millions $.

« Le secteur de la troisième transformation laisse énormément de place à l’utilisation de sirop d’érable et les marchés sont à peu près illimités », fait remarquer Luc Lussier, qui a récemment été invité par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Yvon Vallières, à siéger au Conseil des entrepreneurs de Transformation Alimentaire Québec (TRANSAQ). L’organisme conseille le MAPAQ en matière de développement des marchés alimentaires.

Les recettes des multiples produits que fabrique Citadelle, demeurent des secrets bien gardés.

« Aujourd’hui, des demandes d’exploitation de franchises nous proviennent d’un peu partout dans le monde, soit de l’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie. Nous prévoyons lancer une vingtaine
de bistros-boutiques franchisés d’ici quelques années », souligne David Alain.

« Un des objectifs de la nouvelle usine est d’unifier l’offre et la qualité des produits à caractère unique fabriqués par la coopérative et commercialisés dans le réseau des bistros-boutiques », ajoute Luc Lussier. « Les produits de la division Les Délices de l’Érable sont facilement exportables, mentionne David Alain, même les glaces et les gelati. » Soulignons que Citadelle réalise déjà des affaires dans plus de 35 pays. Certaines brochures d’entreprise sont traduites en sept langues afin d’informer adéquatement les clients sur les utilisations du sirop d’érable.

Mais la concurrence est vive, dans le secteur de l’érable. Des entreprises d’ici et d’ailleurs, tout particulièrement des États-Unis, ont à l’œil les faits et gestes de la coopérative et tentent par tous les moyens de s’approprier ses marchés. « On ne sera pas copié de sitôt, croit le président René Arès, car développer les produits de troisième transformation et les marchés où les vendre demande beaucoup de temps et d’argent. »

Érigée au coût de 1,5 million $, l’usine emploiera 15 personnes. On prévoit des ventes de près de 2 millions $ dès la première année d’exploitation. Même si elle vient tout juste d’être inaugurée, la prochaine phase de développement de l’usine trotte déjà dans la tête de David Alain. « Le terrain que nous possédons nous permettrait d’accroître de 40 000 pieds carrés notre surface de production, dit-il. Mais nous bénéficions déjà d’une certaine latitude avec les installations actuelles. Nous pourrions par exemple passer à deux quarts de travail par jour, ou doubler notre capacité de congélation, ou encore aménager un espace supplémentaire de production. » Précisons que le bistro-boutique du Vieux-Montréal restera tout de même un centre de développement pour certains produits.

Le président de la coopérative, René Arès.

Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d’érable est la plus ancienne entreprise de transformation de Plessisville. L’usine a été aménagée dans un bâtiment inutilisé du parc industriel de cette municipalité, à deux pas du siège social, qui avait autrefois servi à l’entreposage de barils de sirop d’érable. C’est le cabinet d’ingénierie SNC Lavalin qui en a dessiné les plans. On a misé sur l’économie d’énergie, la récupération de chaleur et une abondante fenestration pour maximiser l’entrée de la lumière du jour. L’usine a été conçue de manière à faciliter la certification HACCP. Situés à proximité des grands axes routiers, les principaux réseaux de distribution sont facilement accessibles.

« Cet investissement nous permet de développer des produits haut de gamme de troisième transformation qui seront offerts dans nos milieux, fait savoir René Arès. Il faut semer avant de penser à récolter. »

Érigée au coût de 1,5 millions $, l’usine emploiera 15 personnes.


Un honneur pour Citadelle
L'entreprise Les Délices de l'Érable a récemment obtenu le titre Lauréat montréalais au Gala des Grands Prix du tourisme québécois 2006, dans la catégorie Services touristiques. Ce concours est organisé par le ministère du Tourisme du Québec.



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