L’intérêt ne cesse de croître pour tout ce qui est bio ou écolo si on se fie à l’enthousiasme des 17 000 visiteurs et la brochette d’exposants qui ont participé à la troisième édition de La Fête Bio Paysanne à Montréal les 12 et 13 août.

La Fête Bio est la carte de visite de l’Union paysanne », explique Benoît Girouard, porte-parole de l’Union paysanne, partenaire avec la TOHU (La Cité des arts du cirque) pour cette fête qui est devenue un des plus grands événements verts au Canada. « C’est l’occasion de mettre en pratique ce que l’on prêche à longueur d’année. Il ne faut pas seulement critiquer le système agricole, il faut pouvoir offrir des alternatives. »


Réunis sous un même chapiteau
Les durs de durs crient à l’hérésie mais les gros joueurs, ayant reconnu que le bio offrait des possibilités de marché intéressantes à exploiter, partagent maintenant les rangs des nombreuses entreprises spécialisées dans le domaine. Parmi ceux-ci, les Danone, Horizon Nature, ProOrganic (filiale de Sun Opta) étaient là et ont joyeusement pris part à l’événement aux allures d’une fête foraine. Et, si tous s’entendent sur le fait que les baby-boomers sont le moteur de ce marché, il est évident par le nombre de jeunes familles sur le site, qu’ils ne sont plus les seuls à se soucier de leur santé. « On voulait toucher Monsieur et Madame Tout-le-monde, ajoute Benoît Girouard. En plus de la quarantaine d’agriculteurs biologiques qui vendaient directement leurs produits aux consommateurs, on avait toute une légion de transformateurs et de détaillants du bio. »

« Orphée en était à sa première année avec la Fête Bio Paysanne et on est très contents de s’être associés à cet événement, explique Sophie Larin, directrice marketing. C’est l’endroit idéal pour tisser des liens entre les producteurs et les fabricants de produits et de pouvoir établir un contact avec notre clientèle, c’est inestimable. »

« C’est une excellente occasion de faire la promotion de nos barres Equibar », explique Josée Gagné, directrice générale de Bioetik, qui en était à sa deuxième participation. « Les gens ici sont très curieux, ils avaient le goût d’en savoir davantage sur nos produits. » Il faut dire qu’il s’agissait pour la plupart d’une clientèle avertie, déjà convertie aux produits bios.

« Le biologique n’est pas une religion, ajoute M. Girouard. Il y a des générations entières, dont la mienne – j’ai 30 ans –, à avoir été nourrie au sucre et au Dîner Kraft. On ne prêche pas. On prend les gens où ils sont et on tente de les faire évoluer avec nous à travers les années. »

Des choix bios
À voir la variété de produits bios disponibles, de la nouvelle bière biologique des Frères Houblon, aux boissons gazeuses, chips, friandises glacées, barres de crème glacée recouvertes de chocolat, on se rend vite compte qu’il est maintenant possible, en plus de remplir son panier d’épicerie d’aliments sains, de calmer ses petites fringales tout en mangeant bio. Des exposants des quatre coins du Québec, du Lac Saint-Jean à l’Outaouais, étaient là pour offrir des viandes de toutes sortes, des fruits et légumes, du sirop d’érable, des céréales, des produits laitiers et de soya, bref, rien ne manquait.

Les choix bios ne se limitant pas qu’aux seuls choix alimentaires, un chapiteau consacré à l’environnement et ses alternatives avait également été prévu. Dans celui-ci on trouvait notamment un volet construction résidentielle verte ainsi que divers organismes, tels le Réseau pour la simplicité volontaire, l’Association Manger Santé et Maman Kangourou, qui est un groupe de personnes immigrantes qui encourage le port des enfants comme cela se fait en Amérique du Sud. Sous la thématique énergie renouvelable, on pouvait voir, au beau milieu de tous ces exposants, une éolienne, construite directement là en plein site pour l’événement et qui tournait grâce à la chaude brise qui venait en direction du boulevard Métropolitain. Une initiative qui, espèrent les organisateurs, relancera le débat sur les éoliennes.

Après tout, n’auront-ils pas prouvé qu’il était possible d’en ériger une en plein cœur de Montréal? Chose certaine, le partenariat qui existe entre l’Union paysanne et la TOHU est réussi. Leur pari, qui était celui de créer un événement d’envergure qui fait la promotion du bio dans une atmosphère de fête, semble avoir été gagné à bien des niveaux. L’Union paysanne a su augmenter sa notoriété. Quant à la TOHU, la fête a rejoint autant les volets culturels et environnementaux de sa mission que son volet communautaire qui vise à promouvoir le quartier Saint-Michel, un des plus pauvres de Montréal. « Dans leur esprit, on représentait une agriculture et les valeurs écologiques saines, ajoute M. Girouard. Et, de notre côté, on voulait s’associer à un partenaire aux valeurs sociales élevées et on ne pouvait pas mieux tomber. De plus, on pouvait compter sur les arts du cirque. » Les organisateurs ont confirmé la tenue de la quatrième édition, prévue pour l’an prochain.

Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés