La dernière rencontre technologique du réseau zoo-innovation, du Centre québécois de valorisation des biotechnologies, en juin dernier, a fait état des approches innovantes et des nouveaux produits pour aider l’industrie avicole à relever le défi d’une production rentable et performante sans antibiotiques.

Une connaissance détaillée du cycle d’infection joue un rôle primordial dans le contrôle des maladies en production avicole et peut modifier la stratégie de mise en marché. L’influence de la sélection génétique sur la résistance à l’infection, l’importance du bilan nutritionnel de l’animal, l’intégration d’une meilleure régie sont, d’après le Dr Jean-Pierre Vaillancourt, de l’Université de Montréal, autant de paramètres décisifs dans ce cycle. L’efficacité d’une surveillance immunitaire, nutritionnelle, génétique, environnementale et l’adoption d’une approche régionale impliquent la création d’un réseau structuré d’intervenants, de tous les niveaux, capables d’agir en étroite collaboration.

James R. Chambers, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, a présenté une étude comparant le potentiel respectif de divers probiotiques et d’une association probiotique-prébiotique comme substituts aux antibiotiques contre le pathogène Salmonella. Les probiotiques favorisent le développement d’une microflore et assurent un contrôle des pathogènes par une exclusion compétitive et une modulation du système immunitaire. Les prébiotiques, quant à eux, sont des ingrédients alimentaires non digestibles qui stimulent la croissance des probiotiques.

Afin d’offrir une solution à la résistance grandissante des pathogènes aux antibiotiques, Ciro A Ruiz-Feria de l’Université McGill, a étudié l’effet de nutriments tels que l’arginine et la vitamine E sur la réponse immunitaire, ainsi que l’effet de prébiotiques sur la flore microbienne intestinale. La vitamine E et l’arginine ont des effets complémentaires sur la réponse immunitaire. Les prébiotiques testés, soit la lignine et la mannane (un polysaccharide), ont tous deux affecté négativement la croissance et la fixation des bactéries pathogènes, et pourraient servir de substituts aux antibiotiques.

Le Beta-Glucan a été développé comme facteur de croissance et immunostimulant par l’entreprise Progressive BioActives Inc. et commercialisé par Jupiter Agro-Biotech Inc. Le Beta-Glucan, un polysaccharide extrait des parois de la levure Saccharomyces, est un produit naturel dont l’efficacité permettrait de produire des animaux sans recourir à des facteurs de croissance comme les antibiotiques. Ce supplément alimentaire donne, quant au poids et à la mortalité des volailles, des résultats comparables à ceux qui ont été obtenus pour d’autres facteurs de croissance médicamentés.

Selon Ali Halidi, de Inatech International, pour qu’un produit remplace les antibiotiques, il doit d’abord franchir trois barrières : une barrière technologique liée à la granulation; une barrière physiologique créée par l’acidité stomacale, l’absorption et la dispersion des nutriments; une barrière nutritionnelle causée par des molécules non digestibles. Un produit à base d’enzymes et d’extraits d’agrumes a été élaboré à cette fin, le Nutri-3P. Rock Laroche de Consultation RML, a décrit les résultats de tests réalisés avec des moulées textures et des moulées cubées supplémentées de Nutri-3P et témoigné que produire du poulet sans antibiotiques peut être économiquement rentable.

Suite au dépistage de 8 millions d’organismes entériques par le Centre JKS Poultry Health Laboratory dont fait partie Guillermo Tellez, de l’Université de l’Arkansas, 38 ont été reconnus capables d’éliminer la bactérie Salmonella chez les poussins. Un dépistage subséquent a permis d’identifier 11 lactobacilles encore plus performants, ce qui a mené à la création d’un probiotique, le FM-B11, dont l’activité contre la Salmonella en production avicole commerciale se compare favorablement à la thérapie par antibiotiques. L’emploi de ce probiotique contre certains parasites chez l’humain est maintenant en phase d’évaluation clinique.

Simon Shane, de l’université de Caroline du Nord, a mentionné pour sa part que « l’introduction d’une nouvelle biotechnologie ne peut se faire sans une analyse précise de la structure et des tendances du marché dont, par exemple, les stratégies d’importation, d’exportation et d’autosuffisance qui différencient chaque nation. »

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