La Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois amorcera dès janvier sa tournée d’audiences publiques régionales. La Coop fédérée et ses membres ont tout intérêt à y participer!

Cela fait 40 ans que le Québec ne s’est pas offert une réflexion de fond sur l’avenir de son agriculture et de son secteur agroalimentaire. Les commissions Héon (1953-55) et April (1965-67) ont façonné significativement le modèle agricole québécois. En sont issues, notamment, la loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche du Québec et la loi sur les producteurs agricoles. En sera-t-il autant de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ) annoncée l’été dernier?

Présidée par l’ancien sous-ministre, Jean Pronovost, la CAAAQ se lance dans une vaste consultation publique qui se soldera par le dépôt de recommandations au gouvernement du Québec en 2008. L’exercice tombe à point, diront certains, car l’agriculture québécoise souffre – crise du revenu, vache folle, impasse dans la filière porcine – et l’avenir ne s’annonce guère plus reluisant.

Pour La Coop fédérée, la CAAAQ représente une occasion unique de repenser l’avenir en misant sur le plus précieux de ses actifs : ses membres. « Nous voulons rêver l’agriculture de demain et nous redonner ensemble le goût de l’avenir », dit l’économiste en chef, Mario Hébert. Nous voilà face à une occasion d’injecter une dose d’optimisme et d’originalité dans une industrie à la croisée des chemins, croit-il.

La commission a pour mandat d’établir un diagnostic de la situation actuelle, d’examiner l’efficacité de l’action gouvernementale et de formuler des recommandations qui tiendront compte des attentes de la société, des revenus des agriculteurs et du potentiel des régions. Il s’agit ni plus ni moins d’établir un nouveau contrat social entre producteurs et consommateurs.

La participation des simples citoyens est une innovation par rapport aux deux commissions précédentes. Cette fois-ci, les consommateurs devront se demander s’ils veulent encore soutenir leur agriculture par l’entremise de leurs impôts ou en choisissant des produits québécois. Surtout, sont-ils prêts à payer pour la qualité et le respect des normes environnementales qu’ils exigent?

La Coop fédérée est particulièrement bien positionnée pour s’insérer dans ce débat. En effet, si le réseau de La Coop fédérée est la propriété de plus de 30 000 producteurs agricoles, il compte également dans ses rangs plus de 20 000 citoyens consommateurs. « C’est un privilège pour nous d’avoir ces deux grands groupes au sein de la même grande famille. Cela nous permettra de déposer des propositions originales », avance Mario Hébert.

La consultation des membres débutera par une série de Forums Jeunesse. Elle sera suivie d’un colloque des femmes en agriculture et de coups de sonde formels dans chacune des coopératives. L’information collectée servira à colliger le mémoire de La Coop fédérée, qui sera présenté aux commissaires au printemps prochain.

« On commence notre réflexion par les jeunes, parce que dans 25 ans, c’est eux qui seront là », dit Mario Hébert, qui assure que La Coop fédérée prépare sa position à partir d’un cahier dont « les pages sont blanches » et qu’il revient aux membres de remplir.

En cette ère de mondialisation, les coopératives détenues par des producteurs indépendants ont tout à fait leur place, croit Mario Hébert. Sont-elles le meilleur outil pour améliorer leurs revenus et affronter la concurrence internationale? Ce sera aux agriculteurs et à leurs voisins des villes et des campagnes d’en décider. « Rêver notre agriculture de demain et développer les politiques pour réaliser ce rêve. C’est ça l’objectif. »

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