Dans le présent article, nous allons nous pencher sur les statistiques de pluviométrie de trois régions du Québec et étudier l’impact de cette météo sur la culture du maïs.

Lorsque l’on parle de l’été 2006 à un citadin, il nous dit que l’été a débuté au début juillet et qu’il s’est terminé à la mi-août. En plus, il nous dit qu’il n’a pas eu besoin d’arroser les plates-bandes, la pluie s’en est chargée! Pour ce qui est des cultures, on se souvient que les semis ont débuté tôt (avril), qu’il y a eu une pause de 15 jours en mai et que l’ensemble de l’été et de l’automne a été bien arrosé. Pour le maïs, certains champs ont même dû être réensemencés à la suite des excès de pluie, et les travaux (semis, désherbage et application d’azote) se sont étalés sur une longue période.

Statistiques
Dans le tableau en page 67, vous trouverez les données de précipitations compilées par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec pour la saison 2006. Il est facile de constater que le niveau de pluviométrie a été plus élevé que la moyenne de 1970-1998, et particulièrement dans la région de Saint-Hyacinthe. En général, les mois de mai, juin et octobre ont reçu plus de précipitations que la moyenne (les mois ayant reçu plus de
pluviométrie que la moyenne sont en caractères gras).


Impact des précipitations sur le maïs
Les précipitations abondantes ont bien entendu retardé les travaux de semis, d’application d’azote et d’engrais organiques, de pulvérisation et de récolte. La pluie du mois de mai a causé de la battance (croûtage) qui a retardé la levée du maïs, et ce, particulièrement dans les sols lourds. La battance a aussi provoqué de la pourriture de semences qui a diminué les populations de maïs et nécessité, dans plusieurs cas, de semer de nouveau.

L’excès d’eau au printemps a favorisé l’apparition de la maladie de la fonte des semis, qui se traduit par la mortalité de plusieurs plants dans les champs. Cette maladie est causée par plusieurs pathogènes qui attaquent la racine ou la partie inférieure des jeunes plantules de maïs, de l’émergence jusqu’au stade 2 à 3 feuilles. Les plants malades ne meurent pas tous, mais sont plus sensibles aux pourritures de la tige plus tard en saison.

1. Battance


L’azote
Plusieurs champs ont montré des carences d’azote en fin de saison. Cette situation peut s’expliquer de différentes façons.

Les fortes pluies du printemps ont compacté le sol en surface ce qui a eu pour effet de diminuer le mouvement de l’oxygène et, par conséquent, de ralentir l’activité microbienne du sol. Cette activité microbienne est essentielle à la minéralisation de l’azote organique du sol. La minéralisation est le procédé par lequel l’azote contenu dans la matière organique et certains fumiers pailleux devient disponible aux cultures.

Les formes d’azote que les plantes peuvent assimiler sont le nitrate (NO3-) et, en moindre quantité, l’ammonium (NH4+). Le nitrate est très mobile dans le sol, il voyage librement dans l’eau du sol. Ainsi, à la suite des pluies abondantes de la saison, les nitrates ont suivi les mouvements de l’eau en profondeur dans le sol pour être lessivés, donc perdu. Ce phénomène est amplifié dans les sols sablonneux.

L’excès d’eau au printemps a favorisé l’apparition de la maladie de la fonte des semis, qui se traduit par la mortalité de plusieurs plants dans les champs. Cette maladie est causée par plusieurs pathogènes qui attaquent la racine ou la partie inférieure des jeunes plantules de maïs, de l’émergence jusqu’au stade 2 à 3 feuilles. Les plants malades ne meurent pas tous, mais sont plus sensibles aux pourritures de la tige plus tard en saison.

2. Fonte des semise


Dans des conditions où il y a très peu d’oxygène dans le sol, comme des sols mouillés et détrempés, des bactéries dénitrifiantes peuvent apparaître (phénomène de dénitrification). Ces bactéries convertissent les nitrates (NO3-) en oxyde nitreux et en azote élémentaire (NO2 et N), des formes d’azote non disponibles aux cultures et perdues dans l’atmosphère sous forme de gaz.
En plus de causer une diminution de rendement, les carences d’azote visibles se traduisent souvent par un phénomène de cannibalisation de la tige, un phénomène par lequel le maïs vide sa tige pour assurer la maturité du grain. Les tiges vides rendent la culture plus susceptible à la verse.

Les experts-conseils ont effectué plusieurs tests en fin de saison pour évaluer la teneur en nitrates des tiges de maïs. Ce test consiste à appliquer un acide additionné d’un colorant qui réagit en la présence de nitrates. Il permet d’évaluer le surplus ou le manque d’azote pour valider la fertilisation azotée de la saison. Les résultats préliminaires indiquent un faible niveau de nitrates dans les tiges, donc que le maïs a été sous-alimenté en azote.

Le maïs est une plante tolérante aux conditions adverses. Cela est démontré par les rendements très variables généralement obtenus en 2006 malgré des conditions d’humidité excessive. Comme la récolte qui s’effectue au début novembre sur des sols qui sont humides, la compaction risque de venir hanter des producteurs au printemps 2007.

3. Maïs qui émerge jaune suite au froid et à l’excès d’eau


4. Faible population de maïs suite à la battance
5. Abandon du maïs au profit du soyau
6. Perte d’azote suite à la dénitrification
7. Carence d’azoteu
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