La protection de l’eau, dans un cadre d’agriculture durable, urge. Sa pérennité repose sur l’apport de chacun et une volonté collective. Passablement de travail a déjà été fait, mais pour arriver à bon port, il faudra continuer de ramer.

Dans une perspective de développement durable, la gestion intégrée de l’eau a été définie comme un enjeu de l’orientation de la politique nationale de l’eau au Québec. La qualité de cette précieuse ressource est influencée par les activités de différents milieux industriel, municipal et agricole pouvant affecter sa qualité et sa disponibilité.

Les efforts d’assainissement ont été déployés dans plusieurs secteurs. Sur le plan de l’agriculture, ces mesures s’intensifient de plus en plus par l’adoption de bonnes pratiques agroenvironnementales ou des méthodes de gestion bénéfiques à l’agriculture.

L’importance de promouvoir ces bonnes pratiques s’impose pour protéger notre ressource en eaux de surface et souterraine dans le contexte d’une agriculture durable.

Ces bonnes pratiques visent à minimiser l’incidence des activités agricoles sur la ressource eau. Elles peuvent être envisagées sur plusieurs plans afin de limiter la contamination diffuse.

La gestion des intrants
Une bonne gestion des intrants (engrais autant organiques que minéraux et pesticides) : avec l’application des quantités requises, tout dépassement présente un risque de contamination de la ressource en eau. Pour les engrais, l’outil PAEF (Plan agroenvironnemental de fertilisation) est utilisé pour une gestion efficace de cet intrant.

Un bon usage de pesticides avec des applications rationnelles, un arrosage qui respecte les distances séparatrices par rapport aux plans et cours d’eau et un entreposage qui suit les règles d’aménagement. Le Code de gestion des pesticides met de l’avant des normes rigoureuses pour encadrer l’usage de cet intrant.

La conservation des sols
La protection des plans et cours d’eau est aussi liée à l’état de conservation des sols. On sait que les pertes par érosion amènent les sols de la terre agricole vers les plans d’eau, les eaux de ruissellement provenant des champs contiennent des quantités non négligeables d’azote, de phosphore, de matières organiques et de pesticides.

Le risque de diminution de la fertilité d’un sol dépend aussi des pertes par érosion dans les eaux de surface.

Les pratiques de conservation des sols à travers des méthodes culturales appropriées (travail du sol réduit, rotation de culture, apport matière organique, brise-vent, etc.) et une gestion des résidus aux champs constituent un moyen efficace pour gérer les pertes par érosion.

L’accès aux cours d’eau
Le piétinement par les animaux contribue à la dégradation et à l’érosion des berges, ce qui favorise les pertes de sol vers les cours d’eau sans compter la contamination directe de l’eau de surface par les déjections. Depuis le 1er avril 2005, le Règlement sur les exploitations agricoles (REA, article 4; 2e alinéa) interdit l’accès des animaux aux cours d’eau et aux plans d’eau ainsi qu’à leur bande riveraine sauf dans le cas des traverses à gué. L’aménagement de sites d’abreuvement améliorera la qualité de l’eau et, conséquemment, les performances du troupeau grâce à la consommation d’une eau propre.

Les bandes riveraines
Les bandes riveraines ou zones tampons protègent l’eau de plusieurs façons. Ces bandes de végétation permanentes, herbacées ou boisées, sont situées en bordure des champs cultivés le long d’un cours d’eau ou d’un fossé agricole. Elles retiennent une quantité appréciable de sédiments et d’éléments ruisselés par l’eau (particules de sol, pesticides, engrais). Elles créent une certaine structure aux berges, ce qui diminue le risque d’érosion et de glissements de terrain. Elles assurent aussi une biodiversité du milieu en favorisant un équilibre naturel.

La gestion d’une bande riveraine nécessite des attentions particulières quant à l’implantation des espèces et de leur entretien.

Le Gouvernement met de l’avant un outil (la politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables) qui vise à assurer entre autre la protection et la restauration des plans d’eau. Tous les cours d’eau, petits et grands, à débit régulier ou intermittent, artificiels ou naturels, ainsi que les fossés drainant plus de deux terrains sont concernés.

L’application de cette politique est assurée par la réglementation municipale.

Selon cette politique, il est permis de cultiver à l’intérieur de la rive (bande de terre qui borde les lacs et cours d'eau et qui s'étend vers l'intérieur des terres à partir de la ligne des hautes eaux), en conservant une bande minimale de végétation naturelle de trois mètres de large de part et d’autre du cours d’eau. Cette bande doit inclure au moins un mètre sur le replat du terrain si le haut du talus se situe à moins de trois mètres de la ligne des hautes eaux. Cette bande ne peut être labourée ni recevoir de matières fertilisantes et de pesticides.

L’empierrement des pieds des berges et la stabilisation des sorties de drains contribuent à protéger les cours d’eau.

Planifier des aménagements
Ces aménagements peuvent prendre différentes formes et constituent un complément des pratiques visant la protection des cours d’eau. On peut citer plusieurs exemples comme l’empierrement des pieds des berges, l’adoucissement des angles de talus et la stabilisation des sorties de drains.

Il est important de consulter les instances gouvernementales (municipalité, ministère du Développement durable et des Parcs et ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec) qui pourront vous renseigner sur les programmes d’encadrement et de financement disponibles de même que sur l’application des lois et règlements.

L’eau souterraine
Protéger la ressource d’eau souterraine est une préoccupation du milieu agricole. L’eau de puits constitue, en raison de sa qualité et de sa proximité, une source privilégiée d’approvisionnement pour différents usages. Cependant, de bonnes pratiques sont envisageables pour en assurer la qualité et la pérennité. On peut citer des exemples :

La limitation de la contamination à travers un détournement des eaux de ruissellement superficielles;
L’identification et la localisation des puits pour qu’ils soient pris en considération lors des opérations d’épandage ou de stockage de matières fertilisantes;.
Le respect des distances séparatrices pour l’épandage des engrais et pesticides, aussi pour le stockage des fumiers en amas au champ.


Le Règlement de captage des eaux souterraines (RCES) encadre les dispositions nécessaires pour les aménagements adéquats ainsi que l’exploitation des eaux souterraines.

En conclusion, puisque l’avenir de l’agriculture dépend en grande partie de notre capacité à protéger nos ressources naturelles, c’est notre défi d’assurer une pérennité à notre eau, fierté du Québec et préoccupation majeure de la population.


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