En s’engageant dans les principales associations acéricoles nord-américaines, Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d’érable, contribue à l’essor d’une industrie qui marque des points sur de plus en plus de marchés d’exportation.

Cécile B. Pichette, administratrice depuis 2002 chez Citadelle, a assisté à titre de déléguée de la coopérative à la 47e assemblée annuelle du Conseil nord-américain du sirop d’érable (North American Maple Syrup Council), tenu en octobre dernier à Green Bay au Wisconsin.

Fondé en 1959, le NAMSC, dont le nouveau président est Tom McCrumm, représente les associations de producteurs de sirop d’érable de quatre provinces canadiennes (Québec, Ontario, NouveauBrunswick et Nouvelle-Écosse) et douze États américains. Le Conseil nord-américain du sirop d’érable a pour principal mandat d’appuyer des projets de recherche afin d’améliorer la production de sirop d’érable, d’optimiser la gestion des érablières et de favoriser le développement de nouveaux marchés.

« L’expérience et l’expertise de Citadelle sont très recherchées par les dirigeants du North American Maple Syrup Council, assure Cécile Pichette. Ils sont d’ailleurs très attentifs aux propos de Luc Lussier, le directeur général de la coopérative. » Soulignons que M. Lussier a été président du NAMSC de 2001 à 2003.

L’Institut international du sirop d’érable (International Maple Syrup Institute - IMSI), qui a vu le jour en 1975, tenait par la même occasion sa 32e assemblée annuelle à laquelle assistait Jerry Kless, directeur ventes et marketing pour l’Asie, l’Océanie, l’Amérique latine et l’Afrique et responsable des projets spéciaux chez Citadelle. M. Kless a été nommé à la présidence de l’Institut pour un mandat de deux ans. Il en était auparavant vice-président. Le nouveau plan d’action de l’Institut sera préparé au début de l’année 2007.

gauche - Cécile B. Pichette, administratrice chez Citadelle.
droite - Jerry Kless, directeur ventes et marketing pour l’Asie, l’Océanie, l’Amérique latine et l’Afrique et responsable des projets spéciaux chez Citadelle.

L’IMSI a été fondé conjointement par des entreprises des États-Unis et du Canada, dont Citadelle. Le membership de l’organisme est composé notamment de transformateurs, de manufacturiers et d’associations de producteurs acéricoles.

Le mandat de l’IMSI consiste à « promouvoir la consommation du sirop d’érable pur, à protéger l’intégrité du produit et à veiller à ce que seul le sirop d’érable pur à 100 % puisse ainsi être étiqueté ». Au besoin, il effectue de la recherche. Rappelons que le Règlement canadien sur les produits de l’érable stipule que tous les produits dits de l’érable doivent, sans exception, être issus de la concentration de la sève ou du sirop d’érable.

Dans le cadre de son congrès annuel, l’IMSI a décerné le prix Lynn Reynolds à Jacques Couture, propriétaire de l’entreprise Couture Maple, établie au Vermont. Ce prix est attribué chaque année à une personne qui a contribué de façon exceptionnelle à l’avancement de l’industrie acéricole nord-américaine. Lynn Reynolds, aujourd’hui décédé, a été un des membres fondateurs de l’Institut international du sirop d’érable. Luc Lussier, directeur général de Citadelle, a également obtenu cet honneur en 2002.

Hospitalisé au moment où le prix lui était décerné, c’est avec beaucoup d’émotion que M. Couture a écouté au téléphone l’allocution qui a été prononcée en son honneur. M. Couture a même tenu par la suite à remercier l’Institut et à exprimer sa reconnaissance aux congressistes.

Comme par les années précédentes, le congrès du NAMSC est l’occasion pour de nombreux spécialistes de présenter des conférences à caractère technique qui permettent aux congressistes de faire le point sur les derniers développements dans le secteur acéricole, poursuit l’administratrice et déléguée de Citadelle. Mentionnons, à titre d’exemple, la conservation de la qualité de l’eau d’érable ou encore l’effet de l’utilisation d’injecteurs d’air lors de la fabrication du sirop.

Mme Pichette a d’ailleurs suggéré en assemblée que les chercheurs travaillent davantage en coopération. Elle souhaite que l’information qui découle de ces études soit partagée entre tous de manière à faire évoluer plus rapidement les divers dossiers. Le NAMSC gère un important fonds de recherche qui permet de financer de nombreux projets. Un comité mis sur pied par l’Institut international du sirop d’érable se penche actuellement sur l’harmonisation de l’appellation des catégories, des couleurs et des saveurs du sirop d’érable tant au Canada qu’aux États-unis. Le NAMSC soutient une partie du projet.

De nombreuses visites d’érablières ont également été organisées dans le cadre du congrès. « L’industrie acéricole américaine n’est pas du tout organisée comme la nôtre, fait savoir Mme Pichette. En général, les érablières sont de beaucoup plus petite dimension. Il n’est pas rare d’en voir qui ne comptent que 100 ou 200 entailles. Nombreuses aussi sont celles où toute la famille y travaille et dont la récolte de l’eau d’érable se fait encore à la chaudière. Le maintien de la tradition est une priorité dans bien des cas. Les érablières de 5000 entailles sont d’ailleurs considérées comme de très grande envergure. »

Selon le document Les produits canadiens de l’érable : Situation et tendances 2005-2006, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, la production mondiale de sirop, en 2005, s’est chiffrée à 95,7 millions de livres. Mentionnons que ce n’est qu’au Canada et aux États-Unis qu’il s’en produit. Les acériculteurs canadiens sont responsables de 86 % de la production mondiale, soit 81,9 millions de livres pour une valeur de près de 195 millions $ CAN.

Aux États-Unis, les érablières sont beaucoup plus petites. Il n’est pas rare d’en voir qui ne comptent que 100 ou 200 entailles. Nombreuses aussi sont celles où la récolte de l’eau d’érable se fait encore à la chaudière.


En 2005, la production canadienne a chuté de 12 % par rapport à 2004. Une température moins favorable, la hausse du coût du carburant ainsi que le respect du quota de production imposé par la Fédération des producteurs acéricoles seraient les principales causes. À lui seul, le Québec a connu une baisse de 14 % par rapport à l’année précédente. Dans les autres provinces, la situation varie grandement. L’Ontario a maintenu sa production, la Nouvelle-Écosse a enregistré une baisse de 5 % alors qu’au Nouveau-Brunswick, elle a bondi de 18 % par rapport à 2004. Le Nouveau-Brunswick enregistre d’importantes hausses de production année après année depuis 2000.

Toujours selon le document d’Agriculture Canada, le Québec produit 93 % du sirop au Canada (soit 80 % de la production mondiale) suivi par l’Ontario avec 3,5 % de la production, du Nouveau-Brunswick (3,3 %) et de la Nouvelle-Écosse (0,4 %). Le Canada possède un très fort potentiel de production. D’après une étude du ministère des Ressources naturelles du Québec réalisée en 1998, seules 38 millions des quelque 110 millions d’entailles recensées au Québec sont exploitées.

Du côté des États-Unis, qui contrôle 14 % de la production mondiale avec 13,7 millions de livres en 2005 (18 % de moins qu’en 2004, et ce, avec 2 % plus d’entailles), la valeur du sirop se chiffre à 37,1 millions $US. Le rendement à l’entaille de 19 % inférieur à celui de 2004 est responsable de cette baisse. On met en cause notamment les fluctuations de température qui résulteraient des changements climatiques. Les trois principaux États producteurs, soit, en ordre d’importance, le Vermont, le Maine et New York, ont connu des baisses respectives de 18 %, 9 % et 13 % par rapport à 2004.

Citadelle s’efforce de mousser l’utilisation du sirop d’érable à l’échelle de la planète. Déjà présents dans plus de 35 pays, les produits de Citadelle gagnent du terrain. C’est en partie grâce à Jerry Kless et aux autres membres de l’équipe de vente de la coopérative qui, chaque année, sillonnent cinq continents à la recherche de nouveaux marchés. Les expositions alimentaires internationales sont, à ce chapitre, de bons lieux d’échanges. Le dernier exercice financier de Citadelle indiquait que la coopérative avait enregistré des hausses de vente de 13,2 % dans le reste du Canada, 7,3 % aux États-Unis, 11,9 % en Europe et 9,1 % en Asie et en Océanie. « Un de nos buts est de sensibiliser les consommateurs à travers le monde, par l’entremise de détaillants et d’associations, au bien-fondé de remplacer le sucre par le sirop d’érable », indique Jerry Kless qui est connu aux quatre coins de la planète comme Monsieur Maple.

Au chapitre des exportations de produits de l’érable, le Canada a enregistré une année record en 2005. Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, les livraisons ont atteint 71,7 millions de livres, en hausse de 5 % sur l’année précédente, expédiées dans plus de 45 pays. Le chiffre d’affaires à l’étranger est de 165 millions $, soit 7 % de plus qu’en 2004. Le Québec est de loinle plus important exportateur au Canada avec 94 % des ventes se chiffrant à 156 millions $.

Le Québec produit 93 % du sirop d’érable au Canada, soit 80 % de la production mondiale.



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