Les poulaillers actuels ont un système lumineux basé sur la vision humaine, ce qui ne correspond pas toujours à ce dont les poules pondeuses ont réellement besoin.


Présentement, nous avons une bonne connaissance de l’éclairage et, plus particulièrement, de la photopériode. Mais nous ne sommes pas conscients des effets que l’intensité lumineuse a sur les poules pondeuses. Comment les poules voient? Quels mécanismes interviennent dans la réception et dans l’interprétation de l’information lumineuse? Quel est le type de lumière le plus adapté à la poule pondeuse? Quelles sont les lampes améliorant le plus leurs performances de production?


Les capacités visuelles des volailles

La vision est le sens le plus important chez les volailles. La rétine, qui assure la détection de l'image par l’œil, est composée de deux types de photodétecteurs : les cônes (permettent la distinction des couleurs) et les bâtonnets (sensibles à l'éclairement). La volaille possède un double cône, contrairement à l’humain, et de ce fait elle reçoit très bien la lumière incidente (lumière directe). De plus, la volaille a quatre pigments photoréactifs, un type de récepteur de lumière – l’humain n’en possède que trois – d’où sa très bonne vision de jour.

L’œil a une vision subjective. C'est-à-dire qu'il ne réagit pas de la même façon aux différentes longueurs d'onde et aux différentes luminosités. Par exemple, les poules perçoivent la lumière d’une lampe à fluorescence 10 à 20 % plus lumineuse qu’une lampe à incandescence, en raison de leur oeil spectral qui est très sensible aux longueurs d'onde légères.

La vision de la volaille diffère de celle de l’humain sur de nombreux points. La poule, contrairement à l’homme, voit majoritairement par voie transcrânienne (à travers son crâne) et minoritairement par voie oculaire (par ses yeux). Une poule aveugle a une intensité de ponte supérieure à une poule normale. Mais attention, les yeux sont indispensables. Ce sont eux qui synchronisent le rythme de ponte de la poule aux rythmes lumineux. Sans cela, la durée de vie de la poule est significativement réduite. Dans la mesure où la volaille perçoit la lumière principalement par voie transcrânienne, on pourrait supposer qu’une intensité lumineuse assez élevée est requise pour induire la réponse photosexuelle des oiseaux. Faux. Les récepteurs intracrâniens présentent une sensibilité très élevée, et ils peuvent même détecter la pleine lune (0,2 lux).
 
La poule voit une plus grande amplitude de longueur d’onde que les humains et perçoit même les ultraviolets.

Par son nombre de récepteurs plus élevés que l’humain, la poule possède des aptitudes visuelles que nous n’exploitons pas toujours au maximum. En effet, les lampes des poulaillers sont identiques à celles utilisées par les humains. Ces lampes procurent un confort visuel à l’homme, mais elles ne procurent pas toutes un confort visuel à la poule. On note que la poule voit une plus grande amplitude de longueur d’onde que l’humain et perçoit même les ultraviolets. Bon nombre de lampes ne fournissent pas toutes les longueurs d’onde dont la poule a besoin. De plus, les poules peuvent percevoir des clignotements jusqu’à 105 Hertz (seulement 60 Hertz pour l’homme). Par conséquent, un néon à 70 Hertz apparaît comme une lumière continue pour l’humain alors que la poule voit un clignotement permanent. La poule est également capable de focaliser des points à des distances plus lointaines que l’homme (43 % de plus). Elle peut donc voir arriver une personne très nettement dans le bâtiment avant même que cette dernière ne l’ait aperçue.

L’environnement lumineux des poulaillers
La lumière optimum pour les volailles est la lumière naturelle d’une jungle à midi (voir le graphique en page 50) en raison de son intensité et de la largeur de sa longueur d’onde (spectre lumineux très large). Lors d’une journée ensoleillée, l’intensité lumineuse extérieure peut atteindre
100 000 lux, alors qu’elle n’est que de 300 lux dans un bureau. Dans un poulailler, la variation d’intensité lumineuse est très importante, elle peut aller de 1 à 200 lux selon la distance de la source lumineuse. La lumière artificielle diffère nettement de la lumière naturelle (elle diffère également d’une lumière à incandescence à celle d’une lumière à fluorescence). Il est important de choisir des lampes artificielles qui se rapprochent au maximum de la lumière naturelle.

La lumière
Chez la volaille, la lumière a trois fonctions : faciliter la vision, stimuler les cycles physiologiques internes en raison des changements de la longueur des jours et initier le relâchement des hormones (mélatonine, lutéine, etc.). La lumière de l’environnement est classifiée selon trois critères : la durée (la photopériode), l’intensité lumineuse et la longueur d’onde (spectre lumineux). La photopériode étant déjà bien connue, elle ne sera pas traitée dans cet article.

L’intensité permet de différencier la nuit et le jour. Il faut une différence de 5 lux pour distinguer le jour de la nuit. Étant donné la grande sensibilité des récepteurs intracrâniens, la nuit doit être à 0 lux et l’intensité de jour doit être à 10 lux dans le bâtiment (au-dessous de 10 lux, les ovaires ne se développent pas bien; au-dessus de 10 lux, le pic de ponte est rapide et la chute de ponte est brusque). Il est important d’ajuster sa régie en fonction du génotype, car les races brunes sont plus susceptibles aux effets négatifs des intensités très fortes ou très faibles que les races blanches.

Dans les poulaillers, l’intensité n’est pas toujours optimale et ne répond pas toujours au besoin de la poule. Les cages du bas reçoivent moins d’intensité lumineuse que celles du haut. Il faut donc pallier ce problème en mettant des lampes dans les allées afin d’équilibrer l’intensité pour tous les étages de cages.

En ce qui concerne la longueur d’onde, plus le spectre lumineux est large, plus il s’approche de la lumière naturelle « idéale » pour la production avicole. Les oiseaux sont plus sensibles aux longueurs d'onde tendant vers le rouge et moins sensibles au bleu. Le rouge pénètre beaucoup mieux par voie transcrânienne que le bleu.
 

Poules et ampoules
Il existe plusieurs systèmes de lumière artificielle, mais lesquels sont les plus appropriés à l’élevage de pondeuses?

La lampe à incandescence (ou globe) est la lumière artificielle la plus proche du soleil (la lumière idéale). C’est la seule lampe qui ne perd pas 20 % de sa lumière originale au cours de sa durée de vie.

Les lampes à fluorescence (ou néons) sont perçues par la poule comme des scintillements (car la fréquence est trop faible, soit inférieure à 105 Hertz), mais ça ne semble pas perturber le bien-être des poules. Cette lampe ne fournit pas la totalité des longueurs d’ondes perçues par la poule, mais elles émettent des ultraviolets qui diminuent les agressions et le cannibalisme. Sous ce type de lampes, l’activité des poules augmente et, conséquemment, la prise alimentaire. Par contre, le dernier modèle de lampes fluorescentes dites compactes « à spectre plein » se rapproche beaucoup des lampes à incandescence sur le plan du spectre lumineux.

Les DEL (diodes électroluminescentes) ne sont pas du tout adaptées aux poules pondeuses. Le spectre lumineux est trop étroit pour subvenir aux besoins de la poule. Ce sont des lumières d'ambiance (ex : lumière de veille d’ordinateur ou de téléviseur).

À l’heure actuelle, les lampes à incandescences et les nouvelles lampes à fluorescence à spectre plein sont les lampes les plus appropriées aux poules pondeuses car elles répondent à leur besoin tout en respectant leur bien être. Avec ces deux types de lampes, les performances sont semblables. Lors du choix de vos lampes, le coût, la durée de vie et la consommation énergétique sont des facteurs à considérer. Votre expert-conseil CO-OP est en mesure de vous aider dans votre choix. Il est important de maintenir les poules sous le même type de lampes toute leur vie et de toujours bien adapter votre lumière artificielle à la vision de la poule et non à la vôtre.

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