Il y a exactement 80 ans cette année, Les Producteurs de sucre d’érable de Québec faisaient la demande au bureau des brevets, à Ottawa, de pouvoir utiliser le nom « Citadelle » comme marque de commerce. En toute fin d’année, leur requête était accueillie favorablement. Les membres de la jeune coopérative, fondée deux ans plus tôt, ne se doutaient alors certainement pas que ce nom allait en définitive servir à désigner la société elle-même.

« C’est lors de notre processus de planification stratégique survenu en 1994-1995 que nous avons adopté cette nouvelle dénomination, relate Luc Lussier, nommé directeur général en 1993. Nous cherchions à rajeunir notre image avec la perspective d’accélérer notre développement. Or, à Plessisville où sont localisés notre siège social et notre usine principale, les gens faisaient communément référence à “La” Citadelle pour nous désigner. Le nom s’est donc imposé de lui-même. »

Par un de ces curieux détours de l’Histoire, cette appellation est un rappel des origines de la coopérative… à Lévis. C’est en effet dans les locaux du mouvement des caisses populaires, fondé 12 ans plus tôt par Alphonse Desjardins, que s’installent les premiers employés des Producteurs de sucre d’érable de Québec en 1925. Et que voient-ils de l’autre côté du fleuve Saint-Laurent : la Citadelle de Québec, nom qui leur vient aussitôt à l’esprit pour baptiser le sirop d’érable le plus savoureux produit par leurs membres, alors au nombre d’une centaine.

Les dés en sont jetés : alors que le sirop de saveur prononcée sera commercialisé sous la marque CAMP, Citadelle sera le véhicule pour le liquide le plus clair.

La nouvelle identité de la coopérative se réfère ainsi à l’excellence et à la qualité. Le logo d’origine de la marque, qui montre la Citadelle de Québec traversée par un triangle, sera par ailleurs modernisé en 1996.


Nouveaux produits

Une fois la question de la marque de commerce réglée, les producteurs de la jeune coopérative ne mettent pas de temps à se doter d’outils performants pour sécuriser leurs activités collectives. Ainsi, dès 1928, ils font construire à Plessisville une usine de conditionnement et de transformation du sirop d’érable, suivie deux ans plus tard par l’installation d’une première embouteilleuse. L’entreposage de la récolte des sociétaires se fera dès cette époque dans les Bois-Francs après une courte période initiale de trois ans où elles ont été remisées dans les locaux de la Coopérative fédérée de Québec, toujours dans la capitale québécoise.

Dans les années 30, les équipements de la coopérative se modernisent. On voit ici la première embouteilleuse de l’entreprise, une innovation pour l’époque.

Enfin établie dans ses propres quartiers, la nouvelle coopérative peut donc penser à innover. Elle ne mettra pas de temps à se démarquer. En 1932, elle fabrique un nouveau produit, le beurre d’érable. On affirme qu’il est le seul du genre à pouvoir bénéficier du qualificatif de produit pur à 100%.

Elle n’en reste pas là. Deux ans plus tard, elle commercialise le concentré à l’érable, sirop d’érable dont l’arôme est plus prononcé. Cette recherche de nouveautés n’aura de cesse et connaîtra même une explosion au tournant du nouveau millénaire dans la foulée de l’ouverture des premiers bistros-boutiques et de partenariats avec des entreprises agroalimentaires régionales.

Sur le terrain, les acériculteurs troquent au début de la seconde Grande Guerre mondiale leurs vieux seaux métalliques soudés au plomb par d’autres, faits d’aluminium afin de garantir l’innocuité et la qualité de la sève récoltée. Au tournant du milieu du siècle dernier, la boîte de métal de 26 onces devient le nouvel outil de qualité pour la commercialisation du sirop d’érable auprès des consommateurs puisque ce contenant hermétique permet de conserver toute la saveur du produit pour une période indéfinie.


Qualité de conservation
Cette quête d’un meilleur contrôle de la qualité s’est fait sentir avec encore plus d’acuité au début des années 1980, après que Citadelle eut pris le virage qui l’amenait davantage à faire affaire directement avec les détaillants et à être moins tributaire des agents de vente industriels.

« Nous avons accentué la formation technique auprès de nos producteurs membres qui étaient alors au nombre de plus de 4000, se rappelle René Arès, qui siégeait au conseil d’administration depuis 1979 et qui devait devenir président de la coopérative en 1991. Nous leur avons fait comprendre qu’il nous fallait répondre au vœu du consommateur de s’assurer d’un contrôle de la qualité dans toutes les phases de production du produit, dès la cueillette à leur érablière, et ce, jusqu’à sa table.

Le grand coup allait toutefois être donné en 1988, rappelle-t-il, quand 24 réservoirs en acier inoxydable, à atmosphère contrôlée, sont installés afin de servir à l’entreposage du sirop, à Plessisville. Après avoir été mis au point et filtrés, les sirops, suivant leur couleur et leur saveur, sont dirigés vers les silos qui leur sont réservés. Ils peuvent y être plus longtemps conservés sans que leurs caractéristiques intrinsèques en soient altérées.

Le président de l’époque, André-Paul Laroche, est toujours aussi fier aujourd’hui de cette acquisition. « Pas une entreprise au monde n’était alors équipée de la sorte, et encore aujourd’hui… », a-t-il dit au Coopérateur agricole. Il ne se trompe pas : aujourd’hui, avec ses 38 réservoirs – 14 autres se sont ajoutés en 1999 – Citadelle peut se targuer de compter sur la plus forte capacité mondiale d’entreposage.

« On est aussi les seuls dans notre créneau à entreposer notre sirop après l’avoir pasteurisé », renchérit Luc Lussier.

René Arès note pour sa part que l’implantation de ces réservoirs a précédé deux années de production exceptionnellement fructueuses.

« On a pu vérifier rapidement que les qualités à long terme qu’on prêtait à nos réservoirs étaient véridiques. De plus, ils nous font sauver beaucoup de temps lors de l’étape de l’embouteillage de nos produits puisque la manutention se fait en circuit fermé. »



Normes internationales
Cette automatisation des procédés à l’usine de Plessisville se poursuivra en 1994, alors que Citadelle se procure une nouvelle étiqueteuse qui raccourcira grandement les temps d’arrêt sur la chaîne d’embouteillage.

L’ensemble de ces interventions a bien préparé la coopérative à obtenir avec succès sa certification au programme international ISO 9002: 1994 en 1996. Elle est la première entreprise de l’industrie acéricole à respecter cette nouvelle norme de qualité. Elle enchaînera en 2000 en obtenant le sceau de qualité internationale « Pur Érable » pour ses cinq usines et en satisfaisant, dès 2002, aux normes HACCP de l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour son usine de La Guadeloupe.
 
DES PRIX INTERNATIONAUX

Même si on parle moins d’elle, la marque CAMP, de Citadelle, séduit toujours les palais. À preuve, l’Institut international du sirop d’érable lui a décerné, cinq années consécutives (1998-2002), la Médaille d’excellence dans la catégorie des marchés internationaux. En 2003, le même institut décernait à nouveau cet honneur à la coopérative pour, cette fois, son sirop d’érable pur emballé.


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