La sélection de La Coop Unicoop au titre d’Étoile-Coop 2007 vient couronner les efforts des six dernières années déployés par cette coopérative de la région Chaudière-Appalaches pour retrouver une rentabilité de premier ordre tout en adoptant des politiques progressistes en matière de ressources humaines et en innovant sur le plan agroenvironnemental.
Alain Larochelle, son président, parle d’un grand honneur conféré à son organisation.



Au début de l’an 2000, rappelle-t-il, nous avons dû faire face à l’évidence : notre croissance avait été trop rapide et les résultats financiers ne correspondaient pas aux attentes. De plus, notre participation dans un projet d’exploitation d’une usine de trituration de canola et de soya allait se solder par une perte de plus de 8 millions de dollars. Cette conjoncture allait interrompre, pendant au moins deux ans, tout versement de ristournes à nos membres. Alors que nous avions craint de perdre la confiance de nos producteurs membres, ceux-ci nous ont encouragés à redresser rapidement la situation en nous disant “si vous pensez vous être trompés, passez à d’autres choses”. Ils voulaient une coop rentable. Nous avons livré la marchandise et aujourd’hui tout le milieu fait, à nouveau, confiance à Unicoop. »

La coopérative a d’ailleurs pu verser 1,1 million $ de ristourne pour l’année 2005. Un record. Cette même année, ses trop-perçus d’opération ont bondi à 1,7 million $ comparativement à 94 000 $ l’année précédente.

Arrivé en 1999, Gaétan Roger, le directeur général, a établi en 2000 une stratégie de repositionnement afin de permettre que la coopérative soit moins dépendante des aléas de l’industrie porcine et qu’elle consolide ses activités dans certains autres secteurs.

« Nous nous sommes délestés de huit des 18 fermes porcines que nous possédions en les vendant à des producteurs, relate le directeur général. Nous avons aussi réévalué notre implication dans la production de porcs à forfait avec des clients, de sorte que le repositionnement s’est traduit par une diminution de 20 % du nombre de porcs produits par Unicoop. Simultanément, nous avons vendu un de nos garages voués à l’entretien mécanique de camions et regroupé quelques quincailleries trop petites. »

« Nous sommes aussi devenus très fermes dans notre gestion du crédit à la clientèle, poursuit M. Roger. Notre rôle, a-t-on alors réalisé, n’était pas d’être un bailleur de fonds. Nous avons orienté notre clientèle vers des outils comme le financement aux points de vente offert par les institutions financières et les cartes de crédit. Ce faisant, la coopérative a pu concentrer ses efforts dans le suivi de ses comptes dans les secteurs de l’alimentation animale et des productions végétales. »

Cette prudente stratégie avait comme principal objectif de fournir une marge de manœuvre plus confortable aux dirigeants d’Unicoop et de lui faire moins prêter le flanc aux aléas de l’industrie porcine. Le taux d’avoir net par rapport à l’ensemble des biens de la coopérative atteignait un faible 22 % en 1999. Une cible de 35 % était alors fixée et elle était surpassée en 2005 (37 %), année qui a servi de repère aux membres du jury du concours de la Coopérative Étoile 2007.

« Nous voulions pouvoir dégager des liquidités supérieures afin de les réinvestir dans nos établissements ou pour saisir les occasions d’affaires qui pouvaient se présenter. »

Les investissements ont effectivement repris du poil de la bête, s’élevant à 2,5 millions $ en 2006 avec une projection de 3 millions $ cette année. L’agrandissement du garage de Saint-Anselme, en 2006, et la construction, en 2007, d’une nouvelle quincaillerie à Saint-Joseph sont les deux derniers projets commerciaux réalisés par Unicoop. Historiquement, la coopérative consacrait autour d’un million de dollars annuellement à ses immobilisations.

Johanne, Stéphane et Michel Poliquin de la ferme Poliquin inc. de St-Gervais de Bellechasse
entourant leur expert-conseil, André Labrecque.

La hausse des ventes dans l’ensemble des secteurs commerciaux au cours des récentes années a permis de compenser le recul des revenus d’élevage. Le secteur des élevages porcins et avicoles représente encore plus du quart des ventes de la coopérative, un taux que M. Roger espère voir fléchir sous la barre de 20 % dans un proche avenir.

« Nous projetons de miser davantage sur notre réseau de quincailleries et de machinerie agricole, indique quant à lui M. Larochelle. L’expansion de notre division de machinerie agricole est en grande partie à la source du recrutement de 75 nouveaux membres en 2005 et de 47 autres en 2006. Nous croyons aussi que les coopératives de notre région devront, dans un avenir prochain, optimiser les opérations d’approvisionnement à la ferme afin de continuer d’offrir aux membres du réseau coopératif un produit de haute qualité à un prix compétitif. »

Les revenus globaux devraient ainsi reprendre le chemin de la croissance. Après avoir testé le seuil des 100 millions $ en 2001, ils ont fléchi depuis. Il n’empêche que les 93,4 millions $ recueillis en 2005 placent Unicoop au 31e rang des plus importantes coopératives non financières au pays.

Environnement
Cette quête en vue de rattraper le peloton des coopératives les plus performantes n’a pas obnubilé ses dirigeants au point d’en oublier de remplir leur rôle d’innovateur.

Unicoop s’est grandement distinguée sur le plan agroenvironnemental en prêtant son concours à nombre d’expériences, en collaboration avec des partenaires provinciaux comme La Coop fédérée, le MDDEP, l’UPA et le MAPAQ. La plus importante fut sa participation à la caractérisation des lisiers, de concert avec ces deux derniers intervenants et l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) au début du millénaire. Cette expérience a conclu à une valeur fertilisante des lisiers régionaux différente de la référence québécoise et a conduit à une utilisation plus adéquate de ceux-ci sur nos superficies d'épandage.

« Notre région a été classée comme une zone en surplus de lisier lors de l’établissement du moratoire sur les exploitations agricoles, rappelle M. Roger. Dans ce contexte, nous avons tout intérêt à participer avec la région au développement de technologies qui peuvent assainir le bilan régional et relancer les productions animales. »

Mme Rodrigue, cliente de la quincaillerie St-Joseph et Claudine Grenier, décoratrice.

Seule ou avec La Coop fédérée, Unicoop a aussi mené diverses expériences : application de lisier à taux variable par GPS – son plus important investissement à ce chapitre –, installation de haies brise-vent et d’écrans brise odeurs sur ses fermes, essai d’un additif pour la réduction des odeurs, etc.

« Nous voulons que dans tous nos établissements, les meilleures pratiques environnementales soient appliquées. En ce sens, chaque fois que nous investissons dans un établissement, nous nous assurons de répondre aux exigences environnementales, si ce n’est déjà fait. »

Services-conseils aux producteurs
Le développement de ses services-conseils fait aussi partie de ses plans. Ghislain Gagné, producteur de porcs de Saint-Frédéric, en Beauce, avoue qu’il apprécie les recommandations du personnel d’Unicoop.

« Récemment, on m’a fait savoir qu’il serait opportun d’acheter immédiatement du soya dont le prix devrait grimper. Cette information pourrait me valoir d’économiser jusqu’à 6000 $. J’avais reçu un avis du même genre il y a quelques années pour le maïs. La coop veille à mes intérêts, car je ne peux pas voir à tout. »

Le producteur beauceron admet que sans l’aide financière et la confiance de la coopérative dans les années 90, il n’aurait pu passer d’un statut de petit naisseur-finisseur avec 85 truies à naisseur de moyenne envergure (525 truies). « Je ne serais tout simplement plus là aujourd’hui. »

Ressources humaines

L’amélioration du bilan d’Unicoop coïncide également avec l’accent porté par la coopérative sur les ressources humaines et la communication interne. On a soigné l’accueil des nouveaux employés, diffusé davantage la vision de l’entreprise et misé sur la formation du personnel. Mieux, sur ce dernier plan, le conseil d’administration a montré l’exemple.

Bernard Blanchet, gérant du garage St-Anselme et
Yvon Bernier, directeur ajoint - division des machines agricoles.


« À l’origine, nous avons surtout axé la formation des administrateurs sur l’analyse financière, relate M. Larochelle. Mais plus récemment, nous avons innové en suivant un cours d’autoévaluation des conseils d’administration. Cet exercice nous a permis d’évaluer nos compétences, à la fois comme groupe et comme individu, pour mieux exercer notre rôle d’administrateur. »

Pour être en mesure de répondre aux demandes croissantes du personnel, composé pour le tiers de femmes, la coopérative adopte, en 2005, un énoncé de politique conciliation travail-famille.

« Par cet énoncé, la coopérative démontre sa volonté d’accommoder ses employés, soit par un horaire hebdomadaire adapté aux nouvelles mamans, par un congé sans solde pour prendre soin de parents malades ou pour s’adapter progressivement à une retraite imminente, mentionne Carole Lafontaine, la directrice des ressources humaines. Généralement, le nouvel horaire de travail qui en découle est valable pour six mois, mais est renouvelable. »

« Nous demandons principalement à connaître d’avance les intentions de ce personnel, afin de concilier, lorsque possible, leurs besoins avec ceux des opérations. La requête qui émane d’un travailleur œuvrant dans une fonction liée directement aux opérations est plus contraignante à accepter », reconnaît Mme Lafontaine.

Isabelle Masson, conseillère en agroenvironnement, profite de cette flexibilité depuis qu’elle est devenue maman. Quand sa tâche est moins lourde, l’été, elle fournit 28 heures de travail plutôt que 40 et élève ce total à 35 heures l’hiver. « Il y a vraiment une ouverture de la part de l’employeur », affirme-t-elle.
 
Unicoop en un coup d’œil
Centre administratif :
Sainte-Hénédine
Employés : 213
Membres :
854 membres ordinaires
876 membres auxiliaires
Ventes : 96 M$ (2006)
Actifs :
14 fermes porcines et avicoles;
6 quincailleries CO-OP;
4 garages de machinerie
agricole sous la bannière
New Holland;
2 meuneries;
1 centre de traitement
et d’entreposage des grains;
1 centre de distribution
de semences;
1 centre d’engrais minéraux.


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