Mon habitat naturel est une conception qui présente des solutions de rechange à la consommation habituelle de l’énergie. Le respect de l’environnement devenu partie intégrante de notre vie quotidienne, je veux démontrer, à travers ce projet, qu’une partie des solutions sont déjà en vente sur le marché. Le projet consiste en une maison unifamiliale écologique et entièrement autosuffisante. Le but est de prouver aux gens que les solutions sont relativement simples, efficaces et surtout durables. De plus, elle promeut le changement des habitudes de vie pour améliorer notre environnement, introduit l’idée du développement durable et offre les mêmes avantages qu’une maison traditionnelle.

Pour commencer, la clef du succès réside dans la conservation de l’énergie. Il est complètement futile de produire sa propre électricité lorsque nous habitons une maison énergivore. Premièrement, l’isolation doit être très efficace pour garder la chaleur en hiver et la fraîcheur en été. Deuxièmement, il faut conserver notre électricité. Les meilleurs moyens sont les ampoules et électroménagers à consommation réduite (Energy Star). Troisièmement, il est indispensable de conserver notre eau, en réduisant notre consommation personnelle et en intégrant la récupération des eaux grises et de l’eau de pluie.
 
NDLR : Pour son projet Mon habitat naturel, l’auteure a remporté une bourse de
500 $ offerte par La Coop fédérée dans le cadre de
l’Expo-sciences Bell, finale régionale de l’Outaouais 2007. Son sujet étant d’actualité et d’intérêt pour tous, Le Coopérateur a choisi de le publier. L’Expo-sciences permet, chaque année, à plus de 15 000 jeunes de moins de 21 ans de présenter, devant public, un projet scientifique qu'ils ont réalisé pendant l'année scolaire. Félicitations à tous les participants!
Les résultats du concours
sont disponibles au www.exposciencesbell.qc.ca.

Le chauffage solaire passif consiste à utiliser l’orientation de la maison pour maximiser la chaleur solaire. En plaçant la plus longue face sur l’axe est-ouest, la maison est alignée avec le déplacement du Soleil. En hiver, le déplacement solaire est plus bas et permet à la chaleur de se rendre directement dans la maison par les fenêtres. Pour maximiser cet effet, il faut concentrer les fenêtres sur la face sud et réduire les fenêtres au nord. Ces changements additionnés à l’isolation performante occasionnent une réduction d’environ 50 % sur la demande de chauffage.

Le climatiseur passif utilise le même principe d’orientation que le chauffage passif. Le Soleil étant plus haut en été, la chaleur reçue est absorbée par le toit. En dessinant la maison avec un toit qui surplombe les murs, on crée une région d’ombre qui réduit cette chaleur sur les murs. Des feuillus sont recommandés pour la face sud, car ils n’obstruent pas le passage des rayons solaires en hiver et des conifères pour les autres faces. Les couleurs pâles pour la façade et le toit ainsi que l’isolation des murs et du grenier sont tous des facteurs importants que j’ai incorporés.

J’ai choisi deux isolations pour ma demeure, car elles présentaient des facteurs R plus élevés que la norme et sont très écologiques. La fibre de cellulose pour les murs intérieurs est composée de papier recyclé, est réutilisable et n’a aucun effet néfaste pour l’environnement. Le polyuréthane giclé, utilisé sur les murs extérieurs, est fait de plastique recyclé et de soya. Il n’a aucun impact sur la couche d’ozone. En plus des murs, il faut isoler nos fenêtres qui représentent une grande portion de la perte de chaleur. Les fenêtres isolées à l’argon sont une solution efficace.

La géothermie est considérée comme un des chauffages non traditionnels les plus efficaces et environnementaux pour chauffer sa maison. Le chauffage géothermique capte la chaleur du sol grâce à des puits creusés dans le sol et un système frigorifique qui fait une exponentiation de la chaleur récupérée. Ils peuvent être installés dans presque tous les climats. Comparé au chauffage électrique normal, le système thermodynamique demande environ 50 % moins d’électricité pour fournir la même chaleur.

Le chauffe-eau est le deuxième consommateur d’électricité avec 30 % de la facture. Les solutions les plus simples sont des réductions de notre consommation personnelle avec les pommeaux de douches à consommation réduite, les toilettes à double chasse, etc. Dans ma maison, j’ai installé un chauffe-eau solaire sans réservoir. Il diminue la demande d’énergie pour chauffer de 20 % et est aussi rapide à fournir l’eau demandée. De plus, sur ma maison, j’ai additionné un système solaire à circuit fermé qui fournira environ 40 % de cette énergie.

L’énergie solaire offre plusieurs choix de panneaux photovoltaïques. J’ai opté pour un produit exempt de verre, qui est quasi incassable, et qui fonctionne bien même avec peu de lumière. Avec une dizaine de panneaux, ce qui représente une surface de 31 mètres carrés (330 pieds carrés), je peux couvrir le côté sud de mon toit et fournir entièrement l’électricité de ma maison. Le système est aussi muni d’une batterie de piles qui peut fournir le système pendant à peu près trois jours. J’ai choisi les piles scellées, car elles n’émettent aucun gaz toxique ou inflammable et elles présentent très peu de risques de couler. De plus, elles nécessitent très peu d’entretien. Par contre, avec la neige et notre latitude plus nordique, le système n’est pas optimum. J’ai donc décidé d’utiliser un deuxième système pour m’assurer de fournir toute l’énergie nécessaire.

L’énergie éolienne, bien que moins polyvalente que l’énergie solaire, était ma meilleure option. La majorité des terrains d’un acre ou plus répondent aux besoins. Les vents pour une éolienne doivent être constants et avoir une moyenne annuelle minimale, au sol, de 3,13 à 4,02 mètres par seconde (7 à 9 milles par heure). En Outaouais, les vents sont de quatre mètres par seconde. J’ai donc choisi certains types d’éoliens conçus pour ces vents plus faibles. Ils produisent, avec des vents optimaux de quatre mètres par seconde, environ 100 kWh par mois. Ce qui fournit, sans problème, les manques du système solaire.

Gaston Blais, administrateur à La Coop fédérée, remet la bourse de 500 $ à la lauréate, Catherine René.

D’après Hydro-Québec, ma maison conventionnelle de 123 mètres carrés, habitée par deux personnes, consommerait environ 12 221 kWh par année et aurait une facture annuelle approximative de 951 $. En dessinant ma maison avec tous les conseils de conservation auparavant décrits, cette facture diminuerait de 60,6 %, une économie de 537,30 $ par année. En incluant les systèmes de production d’électricité, la facture devient inexistante. De plus, avec les économies qu’ils apportent, les systèmes géothermique et solaire éolien repaient leurs frais initiaux en moins de 15 ans.

Mon habitat naturel est un exemple idéalisé de ce que la société d’aujourd’hui peut atteindre en matière environnementale. La conception d’une maison écologique autosuffisante a été faite avec très peu de restrictions outre la situation géographique de l’hébergement (Québec, Canada). Idéalement, j’aimerais avoir la chance de travailler avec un professionnel et construire un prototype du projet et prouver par le fait même qu’il est possible d’être autonome, même dans le climat froid du Québec. Plus encore, je voudrais adapter ce concept pour le rendre accessible à tous et même l’appliquer dans les pays en voie de développement.


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