Sophie Bédard a 36 ans. Reconnue pour son dynamisme et sa volonté de citoyenne engagée, cette jeune agricultrice a le feu sacré. « Nous avons une agriculture à valoriser, la solidarité et la force du réseau à faire connaître et le goût du métier à transmettre. »

La force du réseau, Sophie Bédard en parle comme d’un élément essentiel au maintien d’une agriculture à la fois familiale et régionale. « Si ce n’était pas de la coopérative, souligne-t-elle régulièrement, nous n’aurions probablement pas eu la possibilité d’acheter notre ferme. »

Acquise en 1997, d’un couple voisin de ses parents, l’entreprise porcine de 180 truies deviendra la ferme Madard SENC, gérée de concert par elle et son conjoint Bastien Martineau.

L’année 2000 sera pour elle un tournant important. Les circonstances aidant, elle décide de se rendre visible et de se faire entendre. Elle acceptera de joindre les rangs du conseil d’administration de sa coopérative, la société coopérative agricole de Disraeli, en même temps que ceux de son conseil municipal. « Comme jeune relève ayant à cœur l’agriculture, je trouvais important de m’investir et de m’exprimer. »

Native de Princeville, Sophie grandira dans un esprit de famille tissée serrée où l’agriculture et l’appartenance à la coopérative animent régulièrement les conversations. Elle me parlera de son grand-père qui, pendant vingt ans, a été administrateur de la coopérative, de son père qui a été obligé de vendre sa ferme après avoir fait un infarctus à l’âge de 49 ans, suivi d’un AVC, de sa mère qui est retournée aux études pour terminer son secondaire et qui a géré un restaurant. « Je tiens ma force et ma détermination de mes parents, confiera-t-elle. De tout ce qu’ils ont vécu, ils ont toujours su regarder vers l’avenir et ne jamais se décourager. J’essaie de faire la même chose et de le transmettre à mes enfants. »

Si le travail et les engagements l’occupent, elle garde du temps pour exercer le tir à l’arc, un sport qu’elle pratique en famille. Lors de ma visite chez elle, Samuel, le plus vieux converse avec nous et se fait un plaisir de me présenter toutes les têtes naturalisées qui décorent chacune des pièces de la maison. « Maman a gagné une flèche d’or en 2003 dans un concours de panache », lance fièrement l’aîné.

Depuis un an, Sophie siège au conseil d’administration de La Coop fédérée au poste réservé à une représentation des femmes administratrices au sein du réseau. « Je ne me voyais pas à ce poste, s’exclame Sophie. Trop de choses encore à apprendre. » C’est grâce à Francine Ferland que Sophie osera poser sa candidature. « Si tu souhaites accéder à ce genre de fonction un jour, lui conseille l’ex-administratrice à La Coop, il faut que tu le manifestes maintenant. » C’en fut assez pour convaincre la candidate.

À titre de porte-parole du dossier femme et coopération, elle sillonne les routes de la province dans le but de donner le goût aux agricultrices de s’engager au sein de leur coopérative.

Malgré toute l’incertitude qui plane actuellement sur le devenir du monde agricole et particulièrement à l’égard de la production porcine, l’optimisme et l’assurance de la jeune agricultrice demeurent bien présents. « Il faudra demeurer ouvert à des changements dans nos pratiques et nos façons de faire, croit Sophie. C’est là que la force du réseau coopératif devient déterminante. Je le dis souvent et le répète, cette force nous aide à voir notre entreprise autrement, à être à la fine pointe des derniers développements scientifiques, à nous sentir moins isolés, et plus solidaires. À comprendre également que l’agriculture a sa place au sein de notre société… »


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