Avec des ventes en hausse, un excédent de près d’un million $ et de généreuses ristournes, Citadelle est à nouveau sur une lancée.


Après 28 ans au conseil d’administration de Citadelle, dont 16 à titre de président, René Arès a tiré sa révérence. Son discours, prononcé devant quelques centaines de délégués et invités à l’assemblée annuelle, était chargé d’émotion. L’homme a laissé sa marque. L’auditoire lui a chaleureusement témoigné son appréciation pour son dévouement à la cause de Citadelle et de la coopération.

Dans le bilan qu’il a fait de l’année 2006, l’ex-président a mentionné à trois reprises : « Nous sommes plus forts ensemble qu’individuellement. » À preuve, le chiffre d’affaires est passé, en 1992, un an après son arrivée à la tête de l’entreprise, de 13,6 millions $ à plus de 64 millions $ en 2007. Et depuis 2005, Citadelle figure au palmarès des 50 plus importantes coopératives non financières au Canada recensées par le secrétariat aux coopératives du gouvernement fédéral.

Le 82e exercice de la coopérative s’est soldé par un heureux redressement. À 914 000 $, l’excédent est presque trois fois plus élevé que celui de l’année précédente. Et il est en nette amélioration par rapport aux pertes subies en 2005. Après trois exercices sans avoir versé de ristournes, la coopérative a cette année remis 694 000 $ entre les mains des sociétaires. Une part du total a été versée sous forme de capital privilégié.

Même si ces résultats demeurent en deçà des objectifs à long terme de l’entreprise, « nous sommes en situation avantageuse pour tirer profit de notre offre de produits exclusive et de notre force de vente sur tous les marchés », a déclaré le directeur général Luc Lussier. Rappelons que M. Lussier a été intronisé, en mai dernier, au Panthéon du Conseil nord-américain du sirop d’érable. Il est le troisième Québécois à remporter cet honneur et le deuxième chez Citadelle.

Les ventes totales de la coopérative ont progressé de 8,6 % par rapport à l’année précédente. « La majorité de cette augmentation, note Luc Lussier, provient du secteur des aliments naturels, dont le sirop biologique, des marques privées et de la vente de fruits déshydratés sur nos marchés européens. » Les ventes européennes ont progressé de 31,2 %. Elles se sont accrues de 3,5 % en Amérique du Nord et de 4,9 % en Asie et Océanie.

Inversement, les ventes du secteur des grandes surfaces ont diminué de façon importante. Même constat du côté des produits moins différenciés sur les marchés industriels. Résultat : les volumes de sirop utilisé au cours de l’exercice ont chuté de 3,8 %. « Les difficultés d’approvisionnement et les conditions d’achat trop onéreuses auprès de l’Agence de vente, nous sortent de ces marchés », explique Luc Lussier.
 
Les ventes des produits Les Délices de l’Érable se sont accrues de 20,6 % par rapport à l’année précédente.


« À court terme, le volume diminue, poursuit le directeur général, mais à plus long terme, cela nous oriente vers le développement de produits exclusifs ou à valeur ajoutée. La rentabilité est largement supérieure à celle des produits de commodités. Avec des règles de gestion de l’offre parfois contraignantes, c’est un choix d’avenir, bien qu’il comporte son lot de risques financiers et d’adaptation aux situations de marché. »

À ce chapitre, l’inauguration de l’usine de fabrication de produits de troisième transformation, tels que les gelatos, sorbets et pâtisseries à l’érable, est sans contredit le fait saillant du dernier exercice.

Une demande croissante pour les produits à valeur ajoutée dans les bistros-boutiques Les Délices de l’Érable ainsi qu’une distribution accrue dans les restaurants, les hôtels et les institutions ont justifié cet important investissement à Plessisville.

Les ventes des produits Les Délices de l’Érable se sont accrues de 20,6 % par rapport à l’année précédente. Cette importante hausse résulte entre autres de l’introduction de plusieurs nouveaux produits sur les étalages de certaines épiceries au Québec. Des emballages attrayants ont renforcé l’image de marque auprès des consommateurs.

Le premier bistro-boutique franchisé sous la bannière Les Délices de l’Érable a été inauguré en juin dernier, dans le Vieux-Québec, sur la rue Saint-Jean (voir l’encadré). Cette ouverture s’inscrit dans le plan d’affaires de la coopérative qui prévoit le développement d’un réseau de franchises pour la vente directe de produits de deuxième et troisième transformation.
 
Raynald Baril, des régions Mégantic, Arthabaska, Lotbinière, succède à René Arès à la présidence de Citadelle.
Cécile B. Pichette (Laurentides, Lanaudière, Mauricie Ouest) est la nouvelle vice-présidence.

Pour initier les consommateurs à l’acériculture, Citadelle a implanté, dans les bistros-boutiques de Montréal et Québec, un musée de l’érable. D’hier à aujourd’hui, l’histoire de l’acériculture et de la coopérative y est racontée. « Malgré les changements structuraux, tant associatifs qu’économiques, vécus depuis 2002 en raison de l’introduction de l’Agence de vente, la coopérative continue à innover », a fait savoir René Arès.

La coopérative a mis de l’avant, en cours d’exercice, un programme d’investissement dans de nouvelles technologies. « Elles seront introduites dans nos principales usines pour favoriser la productivité, réduire les coûts et accroître la qualité des produits », précise Luc Lussier.

Dans un même ordre d’idées, l’entreprise a revu ses façons de faire. Le bureau des ventes de Toronto et le centre administratif de Montréal ont été fermés. Ces activités, de même que celles du marketing, ont été rapatriées à Plessisville. Elles permettront, de façon plus économique, de mieux répondre aux besoins de tous les secteurs, des marques et de la bannière Les Délices de l’Érable. L’entreprise coopérative a aussi entièrement revu son image corporative. Elle est maintenant plus homogène et jouira de plus de visibilité à l’échelle du globe.

Au cours de l’exercice, la coopérative a acquis les actifs des Produits d’Érable Cleary’s. L’entreprise est spécialisée dans la vente au détail de produits de l’érable. Citadelle en était déjà le fournisseur exclusif pour certains marchés complémentaires à ceux de la coopérative. La coopérative profitera du réseau de distribution de cette entreprise pour mousser la vente des produits Les Délices de l’Érable et accroître sa présence sur les marchés nationaux et internationaux.

Au 28 février 2007, Citadelle comptait 1971 sociétaires, soit 82 de moins qu’à pareille date l’année précédente. Une consultation sur l’avenir du sociétariat de la coopérative sera lancée dès cet automne. Faut-il rouvrir le sociétariat? Si oui, comment inciter les acériculteurs à devenir membre? Si non, que faire? « Il ne faut pas que ce ne soit que la ristourne qui attire les producteurs, croit René Arès, mais aussi, et surtout, les services que la coopérative peut leur rendre. »

La mission que les dirigeants de la coopérative se sont donnée, au fil des 82 années d’histoire qu’elle cumule, a toujours été adaptée à la réalité des producteurs et de leurs marchés. « L’innovation sans cesse renouvelée nous amène à nous dépasser et à rechercher ce qu’il y a de mieux pour nos membres, nos clients et nos employés », a conclu René Arès.


Il y a deux ans, André Ouellet était artisan dans le secteur de la construction. Un fâcheuxaccident de travail le contraint à subir une importante opération au dos. Son médecin est formel. André devra changer de métier.

Le coup porte. « J’avais fait ça toute ma vie, relate André, ç’a été dur à encaisser. » Propriétaire d’une érablière de 12 000 entailles à Cap-Saint-Ignace et membre de Citadelle, André passe une partie de sa convalescence à songer à son avenir. Il n’a alors que 45 ans. Sa vie professionnelle ne s’arrêtera pas là.

Délégué de la coopérative de producteurs de sirop d’érable, il est bien au fait des développements de l’entreprise. Il sait que le lancement de franchises des bistros-boutiques Les Délices de l’Érable fait partie des projets imminents de Citadelle. Et que le Vieux-Québec est dans la mire de la coopérative en raison du 400e anniversaire que célébrera la ville en 2008. Il ne lui en faut pas plus pour qu’il se décide. Avec l’appui de sa conjointe, Madeleine Poulin, André réoriente sa carrière.

Lorsqu’il rencontre Luc Lussier, le directeur général de Citadelle, ce dernier est enchanté à l’idée qu’un membre de la coopérative devienne le premier franchisé du réseau des bistros-boutiques. Le réseau Les Délices de l’Érable compte déjà trois emplacements corporatifs, soit à Vancouver, dans le Vieux-Montréal et à Dorval, à l’aéroport Montréal-Trudeau. Dès lors, tout s’enchaîne.

Le site que la coopérative et le couple dénichent sur la rue Saint-Jean est un emplacement de choix. De nombreux festivals s’y déroulent, particulièrement durant la saison estivale, et les touristes y affluent à longueur d’année.

D’une superficie de 372 mètres carrés (4000 pieds carrés), le bistro est à l’image des emplacements corporatifs qui allient bon goût et raffinement. Une cuisine permet de préparer sur place muffins, tartelettes, biscuits et gelatos. Le bistro comprend également un comptoir dégustation, une boutique-cadeaux et un musée de l’érable qui permettra de recevoir des groupes de visiteurs. Grâce à ses talents d’entrepreneur en construction, André met la main à la pâte et participe à l’aménagement des lieux.

Citadelle propose un projet clé en main. Entre autres, l’entreprise donne de la formation au personnel en plus de s’assurer que l’image, la composition et la qualité des produits, ainsi que leur présentation, soient respectées.

« Le bistro n’est ouvert que depuis peu, mais d’après les chiffres de vente, ça semble promet-teur », fait savoir André.

« Cette première franchise nous permettra d’expérimenter le concept et, au besoin, de l’adapter, note Luc Lussier. D’autres demandes sont sur la table. »


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