En effectuant la plus grande partie des travaux eux-mêmes, Éric Cloutier et Valérie Fournier, de Saint-Valère dans le Centre-du-Québec, ont érigé un nouveau bâtiment qui a coûté 105 000 $, soit 50 % de moins qu’un projet clés en main.


Mesurant 18 sur 46 mètres (60 sur 150 pieds), ce bâtiment est adjacent à l’ancienne étable. Il loge les femelles en jours courts (8 h de lumière par jour). Isolé et ventilé de façon adéquate, il est surtout très étanche pour bien respecter le strict protocole lumineux du programme photopériodique. Son ajout a fait en sorte que l’ancienne étable a pu être entièrement dédiée aux groupes en jours longs. Le résultat au bout du compte : une amélioration de l’efficacité du troupeau de 15 %.
 

Comment l’aventure a commencé
Copropriétaire depuis 1997 de la ferme laitière Guyline avec ses parents Jean-Guy Cloutier et Céline Deshaies ainsi que son frère Stéphane, Éric rachète les parts de ce dernier en 2005 avec l’intention d’effectuer de grands changements. Désirant une production plus flexible que la production laitière, Éric et sa conjointe sont emballés lorsque des producteurs ovins de la région leur font part d’un troupeau à vendre.

Le troupeau en question fait partie du projet photopériodique du CEPOQ qui soumet les femelles à un cycle alternatif continu de quatre mois de jours courts (8 h de lumière par jour) suivis de quatre mois de jours longs (16 h de lumière par jour). Cette méthodologie favorise l’obtention d’agnelages en continu, à raison de trois agnelages en deux ans par brebis. Une production étalée tout au long de l’année a l’avantage d’offrir un revenu stable, ce qui est exactement ce qu’Éric et Valérie recherchaient.

L’étable déborde

Nos producteurs n’ont qu’un mois pour préparer l’arrivée du troupeau de 142 brebis et transformer la partie avant de l’étable en bergerie. Ils n’ont pas d’autre choix que de les faire cohabiter avec les vaches jusqu’à la vente par encan, prévue au mois de janvier 2006.

La courbe d’apprentissage est raide, mais le Club d’encadrement technique ovin de la région de Québec les aide à mettre en place le calendrier de régie et respecter leur échéancier.

Constats
« Selon les calculs des agronomes pour notre plan de démarrage, on pensait pouvoir mettre plus d’animaux dans l’étable existante, mais en l’aménageant, on s’est vite rendu compte qu’il y avait des coins qu’il fallait laisser libres, explique Valérie.

De plus, on a des races pures (Dorset, F1 et F2) donc ça prend plus de petits parcs, plus de divisions et l’engraissement d’agneaux lourds prend aussi pas mal d’espace. On en est vite venu à la conclusion qu’il nous fallait agrandir. »

De plus, comme Éric et Valérie possèdent déjà toutes les installations d’alimentation (mélangeur RTM Val Métal et plusieurs silos), la fosse et les terres pour l’épandage du fumier supplémentaire et la production de fourrage et de grain pour au moins 500 brebis, la décision de construire un deuxième bâtiment est d’autant plus facile. Après quelques discussions avec des experts-conseils et des producteurs de la région, le projet ne tarde pas à prendre forme.

« Éric avait déjà une esquisse de son projet lorsqu’il est venu me rencontrer sauf qu’il ne savait pas où mettre les poteaux à l’intérieur », dit Martin Pothier, le gérant des matériaux à La Coop des Bois-Francs, qui a pris le temps d’élaborer le projet de façon plus détaillée. « Il voulait éviter de mettre les poteaux au beau milieu des parcs pour être capable de faire le nettoyage à l’aide d’un tracteur et il y avait aussi les mangeoires à considérer. L’idéal était de ne pas en avoir du tout. J’ai fait la demande auprès d’un de nos fournisseurs, les toitures Fecteau, et ils ont pu fabriquer des fermes de toit (truss) autoporteurs, d’une portée de 18 mètres. » C’était tout indiqué pour le projet d’Éric, mais le transport n’a pas été facile, raconte Martin. Il fallait les faire venir par escorte étant donné que la pointe dépassait de 4 mètres dans le chemin. « C’était impressionnant
à voir. »

La mise en chantier, amorcée au mois de mai 2006, s’est terminée quatre mois plus tard. La plus grande partie du travail a été effectuée par Valérie et Éric et les membres de la famille. Ils n’ont engagé des employés que lorsqu’il fut indispensable de le faire, pour installer les fermes de toit et poser le revêtement métallique. « Chaque toise de toiture Ultravic mesure 1 sur 10 mètres et pèse 33 kilos (72 livres), explique Robert Lehoux, représentant de revêtements métalliques Vicwest. C’est un revêtement de qualité, épais, qui résiste aux charges de neige. Mais avec une pente de 13 centimètres de montée pour 30 centimètres de course, il valait mieux avoir quelques bras expérimentés de plus, car il est important de ne pas les plier. »
 
Éric Cloutier et sa conjointeValérie Fournier en compagnie
de leurs trois filles : Daphnée, Andréane et Mathilde.

Le revêtement métallique utilisé pour les murs rappelle celui des anciennes granges faites avec des petites lattes de bois. Les vis ne paraissent pas, car elles sont cachées dans le fond de la côte. « C’est un produit qui est beau, esthétiquement parlant, et il n’est pas plus cher que la tôle ordinaire », dit M. Lehoux.

Afin de mieux contrôler les cycles lumineux tel qu’exigés par la photopériode, le bâtiment est dépourvu de fenêtres. Il était donc essentiel d’y prévoir une ventilation mécanique dont les entrées et sorties d’air seraient installées de sorte à ne pas laisser pénétrer la lumière du jour.

Un an plus tard, Éric et Valérie disent qu’ils ont atteint leurs objectifs. La surface additionnelle a permis d’augmenter leur troupeau de 305 à 430 brebis sans avoir besoin de personnel supplémentaire. De surcroît, la pratique de la photopériode leur assure des rentrées d’argent plus régulières.


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