Elle a grandi en pleine campagne, à cueillir des petits fruits et à se balader en forêt. Native de Saint-Ubalde dans la région de Portneuf, Guylaine Cauchon développera depuis sa tendre jeunesse ses talents de touche-à-tout.

Cette Portneuvoise accepte modestement de partager un peu de son quotidien et de son rôle de présidente de La Coop Saint-Ubald. « Si c’est pour motiver d’autres femmes à s’engager au sein de leur coopérative, je vais faire ma part. »

Mère de cinq enfants âgés de 15 à 22 ans, Guylaine deviendra agricultrice en épousant Lucien Lambert, un producteur laitier qui, en 1985, héritera de l’entreprise familiale – une ferme produisant 10 kilos de quota par jour et qui occupe 186 hectares de terre et de forêt. « Nous avons fait le choix de diversifier les activités plutôt que de grossir l’unité laitière », souligne Guylaine. La vente de bois de chauffage et le déneigement s’ajoutent aux activités de l’entreprise.
Amateurs de chevaux, la mère et ses filles ont aménagé, pendant quelques années, un centre équestre accessible au public. « Une belle expérience, assure la présidente, mais qui demandait trop d’investissement à long terme, compte tenu des normes exigées. » Les chevaux, eux, sont restés et enjolivent le paysage.

Malgré des apparences très modestes, la cuisine de Guylaine est un vrai laboratoire où tous les aliments et boissons sont faits maison : du vin de bleuet au vin de raisin ou de framboise et même de citrouille, en passant par le fromage cheddar. Tout ce temps mis à l’ouvrage et à la nourriture ne l’empêchera pas de s’engager socialement. À l’école de ses enfants d’abord, à sa coopérative par la suite.

« Lorsque le directeur général m’a croisée à l’épicerie pour m’offrir le poste d’administratrice devenu vacant, j’ai accepté sans trop réfléchir en me disant que cette fonction m’aiderait à mieux comprendre l’organisation, commente Guylaine. C’est d’ailleurs en y siégeant que je me suis éveillée au rôle déterminant qu’une coopérative peut avoir au sein de sa région. Cela a raffermi mon sentiment d’appartenance. »

Présidente depuis 2005, ses qualités de dirigeante ont été reconnues lors d’une formation suivie au printemps dernier et offerte par La Coop fédérée. Dans le cadre de cet atelier, chacun des membres du conseil d’administration devait évaluer le fonctionnement de l’équipe. « Tous les critères ont été cotés 9 sur 10. Faut croire que j’y suis pour quelque chose », sourit-elle modestement.

Sa nature plutôt réservée cache un leadership remarqué et apprécié. Elle n’a pas de difficulté à accueillir de nouvelles idées ni à défendre les siennes. Là où c’est peut-être un peu plus difficile, c’est la gestion des émotions. Loin d’être impulsive, cette présidente a le contrôle sur son caractère et ne s’emporte pas pour rien. Toutefois, certaines émotions plus silencieuses remontent parfois à la surface et vont la travailler par en dedans. « Je dois y mettre de l’effort… j’y arrive à force d’y travailler », souligne Guylaine. Depuis quatre ans, elle siège également au conseil de la Fédération des coopératives d’alimentation.

Guylaine Cauchon participe aux travaux de la ferme à titre de collaboratrice. Elle ne possède pas de parts légales au sein de l’entreprise. « Plusieurs agricultrices sont dans cette situation et pensent qu’elles ne peuvent pas siéger au bureau de direction, note-t-elle. Or, je suis la preuve vivante que c’est possible d’être à la fois agricultrice collaboratrice et présidente d’une coopérative. En fait, il est possible pour un ou une propriétaire de ferme de déléguer une personne qui, sans avoir de titre de propriété, travaille au sein de l’entreprise. Dites-le bien fort aux agricultrices! »

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