Muriel Dubois, vice-présidente de Covilac, coopérative agricole, a par tempérament le sens de l’organisation et une persévérance à toute épreuve. De grandes qualités qu’elle met au service des siens et de sa collectivité.



Fille unique du couple Dubois-Boûten, son histoire est celle d’une fervente fille de la campagne qui a besoin de respirer l’air de l’étable. Une leçon qu’elle a apprise lorsqu’elle a poursuivi ses études d’ingénieure à l’Université Laval. « Après un mois et demi, je savais que je n’étais pas à ma place et que l’agriculture faisait partie de ma vie. »

Détentrice d’un baccalauréat en agroéconomie, Muriel s’établit officiellement sur la ferme de ses parents en 1992. Un établissement qu’elle partage avec son conjoint Stéphan Rouleau, également bachelier en agroéconomie. Les quatre premières années ont été éprouvantes, compte tenu de l’endettement élevé de l’entreprise et des améliorations techniques qui s’imposent. « On savait ce que l’on voulait et on a mis les efforts nécessaires. »

Située à Sainte-Brigitte-des-Sault, l’entreprise, Ferme Wallonia inc. compte aujourd’hui 49 laitières d’une productivité moyenne de 10 250 kg et s’étend sur 89 hectares.

Reconnue pour son engagement social d’abord à la Société d’agriculture de Nicolet, puis au conseil régional des sociétés d’agriculture en passant par le conseil d’établissement de l’école, c’est à la coopérative Covilac que Muriel donne le plus gros de son temps depuis 1998. « J’aime être en relation avec les autres, échanger des idées et sentir que je peux faire avancer les choses. » Ce temps qu’elle donne à l’extérieur de l’entreprise est salué par son conjoint Stéphan. « Il comprend mon besoin d’être engagée avec et pour la collectivité. Un appui précieux », reconnaît la vice-présidente.

Des yeux bleu clair, un sourire accroché, des opinions tranchées et une voix bien portante.

Elle avoue candidement son caractère plutôt bouillonnant. « On apprend beaucoup sur soi-même lorsque l’on travaille en équipe, souligne la jeune agricultrice de 39 ans. Les autres nous aident à cheminer et à nous améliorer. Je n’ai jamais eu peur d’avouer mes erreurs. »

Sa fibre coopérative, elle la tient de ses parents. Des Belges qui ont immigré au Québec en 1979 pour y exercer le métier de producteur laitier. Le père, Michel Dubois, a fait partie des membres fondateurs du Centre agricole coop du Lac St-Pierre, devenu Covilac, coopérative agricole, en décembre 1995.

Sa fille Pénélope a 13 ans. Suivra-t-elle les traces de maman? « On verra. Pour l'instant, elle n’est pas prête à envisager ce métier… La relève fait partie des défis de demain, souligne Muriel, puisqu’elle est de plus en plus rare. Il faudra être inventif dans notre manière de les intégrer au sein de nos entreprises devenues imposantes! »

Défendre la terre et ses habitants, sa communauté et sa collectivité, des valeurs qui animent la jeune femme. « Les fermes sont de plus en plus grosses et les agriculteurs ont de moins en moins de temps à consacrer à des activités extérieures à l’entreprise. Il y a une solitude qui se vit et c’est très malheureux. L’individualisme a atteint ses limites et je crois qu’à cause de cela, les gens chercheront de plus en plus des lieux pour socialiser. La coopérative a ce rôle social important à jouer au sein des communautés agricoles. »
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