Plusieurs d’entre vous se souviennent de l’agriculture québécoise du début des années 70. Les agriculteurs brésiliens d’aujourd’hui ressemblent aux agriculteurs québécois de cette époque, mais avec quelques exceptions…



En 1972, l’équipe nationale de hockey de la Russie a causé toute une surprise au peuple canadien en rivalisant avec les meilleurs hockeyeurs au pays. Que nous réserve maintenant le Brésil?

Le Brésil est au 8e rang de l’économie mondiale. Le secteur agricole emploie la majeure partie de la population et le pays est le 2e exportateur mondial de matières premières agricoles. Il dispose également de grandes ressources minérales et de gisements de pétrole situés à l’intérieur du pays. Ses principaux partenaires commerciaux sont les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et les pays membres du Mercosur.

Le respect des règles de biosécurité au Brésil est un réflexe aussi normal que de s’arrêter à un feu rouge…

Le Brésil couvre presque la moitié de l’Amérique du Sud. C’est un pays relativement plat et les zones montagneuses ne dépassent pas 3000 mètres d’altitude. Près de 60 % de la superficie est un plateau, le reste étant une plaine. Le potentiel des terres arables est de 400 millions d’hectares, soit plus de cinq fois celle du Canada. À l’heure actuelle, ce pays cultive 40 millions d’hectares soit la même superficie que le Canada (tableau 1). L’Inde et la Chine cultivent pratiquement 100 % de leur sol exploitable, tandis que la Russie et les États-Unis cultivent 70 % de leur superficie. Le Brésil a un potentiel de croissance en sol arable encore plus grand que toute la superficie cultivable du Canada et des États-Unis réunis.


Le Brésil est le 2e producteur de soya au monde avec 26 % de la production. Il exporte 45 % de sa production, ce qui représente plus de 50 % des exportations mondiales de soya. Les rendements du Brésil sont supérieurs à nos rendements grâce à une amélioration de 50 % en quatre ans. Le Brésil n’exporte que 23 % de sa production de maïs. Une grande proportion de la production de maïs est utilisée pour l’alimentation du poulet (60 %) et du porc (30 %). Les rendements du maïs sont d’environ 3250 kg l’hectare, malgré une amélioration de 44 % en cinq ans. Les Brésiliens ont beaucoup à faire pour améliorer leurs résultats en maïs-grain. Leurs pertes, en ce qui a trait à la manipulation (séchage, transport, entreposage), se montent à 13 %.

L’industrie de la volaille

Les plus gros producteurs de poulet au monde sont encore les Américains, suivis des Chinois et des Brésiliens. Le Brésil est le plus gros exportateur de poulet avec trois millions de tonnes par année, soit 39 % des exportations mondiales de poulet. Le Canada produit dix fois moins de poulet que le Brésil qui en produit 10 millions de tonnes par année.

Les 40 millions de reproducteurs proviennent à 72 % de la génétique Cobb-Vantress. Avec une productivité de 142 poussins par reproducteur (115 au Canada), cela représente une production annuelle de 5,6 milliards de poussins, soit dix fois plus que le Canada.

La biosécurité
La biosécurité au Brésil ne fait pas partie des recommandations. Elle fait partie des exigences quotidiennes et les pratiques de biosécurité sont appliquées à 100 %.

La nutrition

Leurs programmes alimentaires sont formulés à partir des mêmes recommandations que nous et il comprend quatre ou cinq phases de moulée. Les résultats techniques sont semblables à ceux des producteurs canadiens, soit 2,4 kg de poids vif à 42 jours avec une conversion de 1,7 kg de moulée pour chaque kilo de poulet produit. Le taux de mortalité est de 3 %. Le coût des aliments n’est pas aussi grand que l’on pourrait l’imaginer. Comme nous, les Brésiliens subissent l’influence du prix mondial des grains.

La différence
Actuellement, le coût de la main-d’œuvre dans les fermes d’élevage est de 300 $ US par mois et de 400 $ US par mois dans les abattoirs. Ai-je vraiment besoin de vous calculer la différence avec le Canada? Il y a une interdépendance entre les producteurs et l’industrie. Les propriétés ont une superficie moyenne de 20 hectares. L’industrie de la volaille est importante pour les producteurs agricoles, car elle garantit à leur relève de l’emploi dans les fermes d’élevage et les abattoirs. Environ 1,4 million de Brésiliens entrent sur le marché du travail chaque année. Les intégrateurs et les coopératives actives en aviculture ont développé des universités spécialisées et des écoles techniques liées au secteur agricole.

L’engagement des coopératives agricoles au Brésil est très important. Leur mission est similaire à celle des coopératives agricoles québécoises. Une seule nuance, les coopérateurs brésiliens ont les mêmes sentiments envers leurs coopératives que nos producteurs québécois d’il y a 40 ans.


Groupe avicole de La Coop fédérée en visite au Brésil, en août 2007,
avec la collaboration de Alltech et Cobb-Vantress.
De gauche à droite :
Jean-Jacques Desrosiers, expert-conseil, La Coop Profid’Or; Roger Ménard, contremaître des fermes de reproduction, La Coop fédérée; Patrick Noël, gérant avicole, Groupe Dynaco; Éric Dion, expert-conseil, La Coop fédérée; Luc Normand, expert-conseil, La Coop Unicoop; Martin Véronneau, premier directeur production avicole, La Coop fédérée; François Ouellette, directeur général, Alltech Québec/Maritimes; Philippe Dufour, agent des ventes, Cobb-Vantress, Inc.

Une philosophie de travail
Au début du 20e siècle, les immigrants italiens et allemands ont amené leurs traditions d’élevage des petits animaux (surtout le porc et la volaille) et de transformation des viandes. Ils se sont installés dans les états brésiliens du sud qui sont devenus
le berceau des intégrateurs de porc et de volaille du Brésil.

Un bel avenir en aviculture

Huit milliards de personnes dans le monde d’ici 2020 et 11 milliards d’ici 2050 dépendront de l’agriculture des plantes et des animaux. À l’échelle mondiale, la consommation de volaille par personne est passée de 6 à 11 kg de 1985 à 2000. Elle devrait augmenter à 16 kg par personne d’ici 2020. La consommation de poulet en Inde et en Chine n’est respectivement que de 2 et 8 kg par personne (tableau 2). La Chine et l’Inde vont importer 260 millions de tonnes de grains par année d’ici 2030. Le Brésil a les ressources pour soutenir la demande des pays de l’Est, sauf que l’augmentation des revenus dans les pays en développement aura une influence majeure dans l’habileté de l’industrie de la volaille à soutenir la croissance des 15 dernières années.

Les Brésiliens sont encore aujourd’hui les rois des stades de football, tous comme le sont les hockeyeurs canadiens sur la glace. Heureusement, les deux sports ne se pratiquent pas sur la même surface de jeu.


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