Depuis le 30 novembre 2006, une modification apportée au Règlement sur les aliments (administré par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec) permet un nouveau mode de disposition des carcasses de porcs, le compostage à la ferme. Rappelons que ce mode de disposition était déjà permis pour les volailles depuis la fin de l’année 2004. Le compostage d’animaux morts n’est donc permis que pour les animaux porcins et les volailles, et ce, pour les propres animaux d’une entreprise seulement.



Par définition, le compostage est un procédé biologique de conversion des matières organiques, en présence de microorganismes et d’oxygène, en un produit stabilisé, sans odeurs désagréables, riche en composés humiques, le compost. Pour bien travailler, les microorganismes responsables du compostage ont besoin de « nourriture » équilibrée, d’humidité et d’air.

La « nourriture » doit être composée d'un mélange de matières carbonées et de matières azotées. L’humidité, qui doit être maintenue à un taux inférieur à 65 %, provient principalement des matières azotées alors que la circulation de l'air sera favorisée par les matières carbonées structurantes. Dans ce cas-ci, les animaux morts constituent les matières azotées auxquelles il faudra ajouter des matières carbonées telles que fumiers, litière de porc, paille, sciure de bois (bran de scie) ou raboture (ripe). Lors du processus de compostage, le travail des microorganismes dégage de la chaleur, ce qui permet de détruire un certain nombre de pathogènes présents.

Il existe plusieurs méthodes de compostage, mais en ce moment sont autorisés dans le Règlement sur les aliments le compostage en cellules et le compostage en cylindre rotatif.

Cylindre rotatif composteur
Dans ce type d’équipement sont déposés à une extrémité les animaux morts et le substrat
carboné. Le cylindre effectue des rotations périodiquement, assurant le mélange et l’aération du produit. Celui-ci, durant le processus de compostage, se déplace pour être évacué à l’autre extrémité du cylindre. Le cycle de compostage d’un cadavre porcin dans le cylindre est d’environ deux semaines alors qu’il est d’un peu plus d’une semaine pour la volaille.

Compostage en cellules
Cette méthode de compostage fait référence aux deux types de cellules nécessaires : primaire et secondaire. Les mortalités quotidiennes et le substrat choisi sont d’abord déposés dans une cellule primaire, en couches successives, sans qu’aucune intervention ne soit faite. Les tissus mous y sont d’abord dégradés en conditions pratiquement anaérobiques. Quand la température de l’amas atteint au moins 55 °C pendant plus de 72 heures, le mélange est transféré dans une cellule secondaire. Ce transfert correspond au premier retournement, relançant ainsi le processus de compostage. Deux autres retournements sont recommandés à au moins deux semaines d’intervalle. C’est durant cette phase que les matériaux plus résistants (poils, os, peau) sont décomposés en présence d’oxygène. Le nombre et la taille de cellules primaires et secondaires nécessaires doivent être déterminés en fonction de la quantité de mortalités, de la taille des cadavres et du type de substrat utilisé. Un cycle complet de compostage représente environ 60 jours pour la volaille et de 2 à 4 mois pour le porc.

Pour être conforme à la réglementation, ce type d’installation de compostage doit comprendre une plate-forme bétonnée étanche, un toit doté de corniches pour empêcher la pluie et la neige d’entrer et des sections primaire et secondaire d’au plus 1,8 m de hauteur. Finalement, que ce soit pour l’une ou l’autre des méthodes de compostage, on exige que les eaux de pluie et la neige soient évacuées à l’extérieur de l’installation, que les lixiviats (« jus ») issus du compostage soient retenus à l’intérieur de l’installation et finalement, que la structure empêche l’accès aux animaux vivants. Il serait également important de prévoir un espace pour entreposer le substrat utilisé ainsi que le compost obtenu et de permettre un accès facile à la machinerie nécessaire aux brassages ou aux épandages. En ce qui a trait à la localisation comme telle de l’installation, on peut penser aux mêmes normes qu’aux ouvrages de stockage des déjections animales, c’est-à-dire à plus de 15 m d’un plan d’eau (cours d’eau, lac, rivière, marécage, marais, étang…) et à plus de 30 m de tout ouvrage de captage d’eau destinée à la consommation humaine (Règlement sur les exploitations agricoles et Règlement sur le captage des eaux souterraines).
Le compost obtenu au bout du compte peut être valorisé – tout comme un fumier – et devra faire partie d’un plan de fertilisation en tenant compte de sa valeur fertilisante. Par contre, il est interdit de l’épandre sur une culture destinée à la consommation humaine et sur les pâturages (REA).

Le compostage d’animaux morts procure de l’autonomie à la ferme et constitue une méthode de travail qu’il est possible d’adapter à toutes les tailles d’entreprises.

Exigences réglementaires
Pour composter des animaux morts de porcs ou de volailles et d’œufs, il est nécessaire d’obtenir du MAPAQ un permis pour exploiter un atelier d’équarrissage catégorie « compostage ». L’installation de compostage doit être conforme à la réglementation et on demandera au producteur de tenir un registre incluant la date d’introduction et le nombre de carcasses, leur poids approximatif et leur espèce ainsi que la température du compost à intervalles d’au plus 72 heures. Finalement, un permis de construction pourrait être nécessaire de la municipalité.

Le compostage d’animaux morts devient, pour les producteurs agricoles, un autre moyen de disposition de leurs carcasses. Un moyen simple, économique et biosécuritaire. Il procure de l’autonomie à la ferme et constitue une méthode de travail qu’il est possible d’adapter à toutes les tailles d’entreprises. Pour plus d’informations sur le sujet, contactez le conseiller en agroenvironnement de votre coopérative.


Références :
PIGEON, Sylvain. « Le point sur le compostage des cadavres de porcs au Québec », Porc Québec, avril 2007, p.50.

Guides disponibles sur Internet :
« Guide de compostage de volailles à la ferme », MAPAQ, mars 2005.
« Compostage à la ferme des animaux porcins morts – Guide pratique », BPR inc. et FPPQ, novembre 2006.




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