Née à Montréal, dans le quartier Rosemont, sa mère est infirmière, son père col bleu. Chantal Pipon connaîtra l’agriculture grâce à une maison de campagne, située à Saint-Sévère, où elle passe toutes les fins de semaine avec ses parents et ses deux sœurs.

« Mes souvenirs d’enfance sont ici, témoigne Chantal qui habite maintenant ce coin de terre. La ville, c’était les études et le travail de mes parents. »

Elle a à peine 10 ans lorsque le samedi matin elle se rend à la ferme de ses voisins pour regarder les vaches se faire traire et s’imprégner de ce milieu. C’est d’ailleurs dans ce chaleureux patelin de quelque 300 habitants qu’elle rencontrera Denis Dupont et deviendra une agricultrice bien enracinée. Avec son conjoint, son beau-frère et sa belle-sœur, elle partage la propriété d’une entreprise agricole, Ferme 7 terres inc., qui s’étend sur 486 hectares (1200 acres) cultivables et détient une unité laitière de quarante-huit kilos par jour.

La générosité lui coule dans les veines. Un sixième sens souvent observé chez les gens dela terre. « Si on veut que les choses changent et s’améliorent, il faut faire l’effort de s’engager et d’exercer
son droit de parole. »

Vice-présidente de La Coop Agrivert depuis 2000, Chantal Pipon siège au conseil depuis 1996. Elle a été recrutée lors de l’assemblée annuelle où l’on cherchait à remplacer un administrateur sortant. « J’avais le goût d’offrir ma candidature, sourit Chantal, mais je n’osais pas l’exprimer. Le réflexe naturel que nous avons encore dans le milieu, a été de faire le tour des gars. Mon conjoint Denis, qui lui aussi avait décliné l’offre, me demande si le poste m’intéresse. J’ai dit oui tout de suite! » raconte la jeune femme de 43 ans.

L’agricultrice dénonce, mais n’est jamais amère, ni agressive. Le réseau des coopératives est pour elle une occasion rêvée de s’engager socialement et d’agir en faveur de son milieu. « Je sens que mes idées sont respectées et contribuent au développement. Cela me permet d’enrichir mes connaissances, d’entretenir de belles relations, de socialiser et de me sentir appuyée dans la croissance de l’entreprise. » Un engagement à sa mesure. « C’est proche de mon monde, je suis capable de m’organiser sans négliger ma famille et mes tâches au sein de l’entreprise. »

« Comme femme, nous avons une belle place à prendre au sein de notre coopérative. Nous pensons autrement que les hommes et cela génère une vision globale plus enrichie. »

Heureuse au volant de son tracteur, autant qu’à l’étable ou autour d’une table de réunion, Chantal
a dû apprendre à dire non, au fil des engagements. Pas facile dans un petit milieu où tout le monde se connaît. En même temps, elle sait et répète souvent à sa grande fille de 16 ans, une fan invétérée du groupe musical Simple Plan, qu’on n’a rien sans effort et que parfois, il faut aussi savoir être présent pour les autres.

L’agricultrice est habitée par une forte volonté. Lorsqu’on lui apprend un jour qu’elle n’a que 5 % de chance d’avoir un enfant, elle sourit au médecin. « 5 %, ce n’est pas 0. Je vais être capable. » Une attitude héritée de sa famille…



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