À La Coop fédérée, le développement d'un cultivar de soya met à l’œuvre une équipe chevronnée, du croisement au lancement commercial en passant par le Chili, Puerto Rico et le réseau d'essai au Québec, en Ontario et ailleurs. L’objectif : trouver la perle rare.



Le processus de développement et de sélection de cultivars en est un de longue haleine. En effet, il faut compter de 6 à 12 années de recherches, d’essais et d’évaluation avant qu’une nouvelle variété ne soit lancée sur le marché. Le défi des sélectionneurs est donc de taille puisqu’ils doivent dès aujourd’hui apprécier les besoins des agriculteurs de demain. On comprendra qu’ils cherchent à accélérer le processus tout en conservant la qualité des données obtenues. Une façon d’y arriver est d’effectuer une partie des travaux dans l’hémisphère sud pendant notre hiver.

Développement
Première étape : le choix des parents, qui s’effectue parmi la génétique disponible et performante. À ce moment, les sélectionneurs projettent leurs objectifs et choisissent les parents en fonction des caractères à améliorer ou ajouter. Les quatre critères de base sont la performance, la tolérance aux maladies, la qualité et la zone d’adaptabilité.

Deuxième étape : les croisements des parents, en champs ou en serres. Cette étape se fait au Canada.

Troisième étape : multiplication des F1 (1re génération après le croisement des parents). Cette étape s’effectue au Chili pour assurer tout d’abord une progression des travaux en continu, mais aussi pour profiter d’une photopériode plus longue. Christian Azar, agronome et sélectionneur à la Ferme Techno Champs, explique que « dans l’hémisphère sud, le soya développe plus de fèves que s’il était plus près de l’équateur, ce qui augmente la probabilité de recombinaison génétique ». Ce sont ces recombinaisons qui sont à l’origine des gains génétiques.

Quatrième étape : dès le printemps suivant, toutes les populations dérivées des croisements (F2) obtenues au Chili seront multipliées à la Ferme Techno Champs afin d’avancer d’une génération. « L’objectif est de préserver la variabilité génétique pour ne pas perdre les recombinaisons qui pourraient s’exprimer et de fixer davantage la génétique », poursuit M. Azar.

Cinquième étape : à l’hiver de la 2e année, les semences F3 sont multipliées à Puerto Rico où la photopériode plus courte accélère la floraison. Les objectifs sont les mêmes qu’à la quatrième étape.

Sélection
Sixième étape : les semences F4 reviennent au Canada et on procède à la sélection de plants individuels dans chaque population.

Septième étape : sélection des lignées à l’intérieur de chaque croisement. C’est ici que débute l’insertion de témoins dans les parcelles. Les témoins sont la clé de la sélection. Il s’agit de variétés reconnues, stables, possédant les caractéristiques voulues. Les nouvelles lignées seront évaluées en comparaison avec ces témoins.

À partir de cette étape, tout se déroulera ici, au Canada, entre autres à la Ferme Techno Champs de Sainte-Rosalie. La ferme est très polyvalente comparativement à d’autres centres semblables. On y effectue des recherches sur les fourrages, les céréales, le maïs et les oléagineuses, et de grands succès ont été obtenus particulièrement dans l’orge, le soya, le maïs et l’avoine. Techno Champs se classe parmi les gros joueurs en sélection génétique sur l’échiquier canadien et le niveau de recherche est tout à fait comparable à ce qui se fait en milieu universitaire.

« La force du réseau coop est d’effectuer les tests dans l’environnement cible (zones de commercialisation), souligne Christian Azar. C’est très important pour la sélection et l’expression des gènes. »

Huitième étape : début des premiers essais avec répétitions. Toutefois, la quantité de semences offerte limite le nombre de répétitions pouvant être effectuées.

Neuvième étape : deux à quatre ans d’essais « maison », où on augmente le nombre de sites et de répétitions alors qu’on réduit le nombre de cultivars. « L’idéal est un nombre élevé de sites et des essais sur plusieurs années afin d’attraper les petits et grands cycles météorologiques dans notre évaluation. Plus on diversifie les zones d’essai, plus on augmente la pression de sélection vers la stabilité des rendements », admet l’agronome. Mais la technologie permettrait bientôt de passer outre certaines limites. « Par exemple, si aucune sécheresse ne sévit pendant plusieurs années, nous pourrions tout de même tenter de confirmer la présence d’un gène de tolérance à la sécheresse par des tests moléculaires et, par le fait même, de le conserver dans les cultivars sélectionnés. »

Dixième étape : essais officiels selon un protocole élaboré par un comité d’experts provinciaux reconnus par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Ces essais ont lieu au Québec, en Ontario, au Manitoba et dans les Maritimes.

On multiplie le nombre de sites externes d’évaluation pour exposer les cultivars au plus grand nombre de conditions climatiques et de types de sol.

Après deux ou trois ans dans les essais officiels, la décision sera prise concernant la commercialisation ou non des variétés sélectionnées. La sélection tient compte de la sensibilité aux maladies des feuilles et des racines, et bien sûr de l’expression des nouveaux caractères introduits ou exprimés en cours de sélection.

Pendant qu’avaient lieu les essais maison, on a amorcé la multiplication en vue d’une éventuelle mise en marché. Deux personnes sont attitrées à la multiplication et leur travail demande beaucoup de minutie et d’abnégation, selon Christian Azar. « Comment réagiriez-vous si chaque année, 95 % de votre travail était jeté par votre patron? » En effet, moins de 5 % des variétés multipliées seront mises en marché.

Échantillons de référence

AC®CeryxRR se démarque du groupe dans les essais de performance. Il a un potentiel de rendement élevé qui résiste mieux que la majorité des cultivars à la pression du sclérotinia. Les premières gousses sont élevées ce qui facilite la récolte dans une régie de culture à gestion de résidus maximale.

LynxRR est un cultivar compact et agressif. Sa tige solide permet d’augmenter le taux de semis si désiré. LynxRR a une belle allure au champ accompagné d’un rendement élevé et stable et d’une bonne vigueur.
 
Sélection de plans individuels à la sixième étape


Taux de semis recommandé AC®CeryxRR

Espacement
Sol léger/Sol chaud
Sol lourd/Sol froid
fèves/ha
Sac/ha3
fèves/ha
Sac/ha3
15 pouces
470 0001
3,36
519 0001
3,71
30 pouces
412 0002
2,94
455 0002
3,25
5500 fèves/kg


Taux de semis recommandé LynxRR

Espacement
Sol léger/Sol chaud
Sol lourd/Sol froid
fèves/ha
Sac/ha3
fèves/ha
Sac/ha3
7-15 pouces
529 0004
3,78
584 0004
4,17
30 pouces
412 0002
2,94
455 0002
3,25
6000 fèves/kg (1)population finale visée : 400 000 plants/ha
(2)population finale visée : 350 000 plants/ha
(3)140 000 grains/sac
(4)population finale visée : 450 000 plants/ha

Points forts
-Roundup Ready
-Rendement élevé
-Rendement stable
-Tige solide
-Roundup Ready
-Rendements très élevés
-Branches nombreuses
-1re gousses élevées
-Tige semi-dressée : bonne aération des rangs
-Supporte la pression du sclérotinia
Description
-Pubescence brune
-Hile brun à brun foncé
-Hauteur moyenne 84 cm
-Port semi-buissonnant
-Floraison indéterminée
-MR 0,5 ou 2650 UTM
-6000 fèves/kg
-Protéine : 38,0 %
-Huile : 21,7 %
-Tolérance à la métribuzine non déterminée
-Pubescence brune
-Hile chamois
-Hauteur 91 cm
-Verse : 2,1/5
-Port semi-buissonnant dressé
-Floraison indéterminée
-MR 1,0 ou 2800 UTM
-5500 fèves/kg
-Protéines : 39,0 %
-Huile : 20,4 %
-Tolérance à la métribuzine non déterminée


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