En lançant sa ferme en mars 2006, Maxime St-Laurent (Ferme Laumax) n’avait pas prévu rencontrer la femme de sa vie, Katie Rouillard. Son amour pour elle fut assez fort pour qu’il quitte sa ferme de Saint-Joachim-de-Shefford et qu’il aille s’établir… en Abitibi pour fonder une nouvelle entité, la Ferme Lauka. Petite histoire d’un couple fusion jusque dans le nom de ferme!



Printemps 2004. Maxime St-Laurent est diplômé du cégep de Victoriaville en Gestion et exploitation d’entreprises agricoles. En moins de deux, il amorce sa carrière à La Coop Excel de Granby, avec toujours cet espoir de vivre un jour de sa propre entreprise.

Le temps passe, Maxime prend de l’expérience et apprécie son travail à la coopérative, mais il lui manque toujours ce Graal : SA ferme… Puis, en mars 2006, toujours à l’emploi de La Coop, il relève enfin le défi de mener de front deux emplois. Il achète une ferme de Saint-Joachim-de-Shefford, non loin de Granby, ayant 28 kg de quota. C’est le coup de pouce financier de ses parents, qui vendent les terres familiales de la région de Saint-Hyacinthe, qui lui permet de tenter sa chance en agriculture.

Lui aurait-on dit qu’il n’exploiterait sa ferme que pour un peu plus d’un an qu’il ne nous aurait pas cru. Pourtant, c’est bel et bien ce qui arrivera.

Excellent manieur de brosses et de tondeuses, Maxime est apprécié dans le réseau coop pour ses habiletés en préparation d’animaux pour les jugements. En août 2005, à l’occasion d’une présentation coop à l’exposition d’Abitibi, Maxime rencontre Katie Rouillard, en préparant quelques-unes de leurs vaches. Mais très concentré, il remarque à peine la belle Abitibienne, n’ayant comme excuse que le très laconique « j’avais les yeux pleins de poils »!

Leur relation ne se développera qu’un peu plus tard. Entre-temps, il achète sa ferme en Montérégie. Au moment où il signe les documents notariés, sa relation avec Katie prend une tournure plus sérieuse… Pendant plus d’un an, elle et lui vivront donc une relation amoureuse à distance, à tenter de monter un projet commun de ferme.

« J’ai cherché toute ma vie une fille avec un quota de lait, mais il a fallu que j’en rencontre une seulement après avoir acheté ma ferme! »
 
Excellent manieur de brosses et de tondeuses, Maxime est apprécié dans le réseau coop
pour ses habiletés en préparation d’animaux pour les jugements.

On va chez toi ou chez moi?

L’affaire est quand même délicate; quand deux personnes ont une ferme, il n’est pas plus aisé de plier bagage et de s’exiler que de s’inviter chez l’autre. Maxime et Katie évoquent souvent le sujet lors de leurs premières fréquentations, parce que le sujet, bien sûr, est inévitable. Ce sera moi ou toi qui déménagera son troupeau? « En début de relation avec Katie, j’ai toujours dit que je ne monterais pas en Abitibi, avoue le jeune éleveur. J’avais déjà visité la région, mais je n’avais pas flashé dessus. » Un jour, Maxime, après mûre réflexion, offre à Katie de s’en venir dans son pays. Elle accepte, soulagée. « Présentement, je suis content d’être ici », avoue-t-il. C’est le cœur et les raisons qui ont parlé.

Les raisons? L’attachement profond de Katie à sa région natale et à sa famille, la forte capacité d’adaptation de Maxime, l’étable plus grande pour loger les animaux, la présence d’une fosse pour le fumier et surtout, surtout la très grande disponibilité des terres en Abitibi, louées parfois pour une bouchée de pain. Maxime : « Ici, j’ai cinq fois plus de terres qu’à Saint-Joachim. Le développement agricole dans le sud, c’est pas mal saturé… »

En juillet 2007, Maxime quittera donc ses fonctions à La Coop Excel, direction Saint-Marc-de-Figuery, à dix minutes au sud d’Amos. Et de Laumax, le nom de la ferme passera à Lauka.

Visiblement, Maxime s’intègre à sa nouvelle région aussi rapidement que ses vaches qu’il a emmenées. À preuve, son vocabulaire. En parlant des « gens du sud » (les Québécois habitant le sud du Québec), il utilise déjà l’expression consacrée par les Abitibiens pure laine : les « gens d’en bas »! Autre preuve de son intégration : il aime déjà étriver ses trois belles-sœurs abitibiennes!

Aujourd’hui, les deux tourtereaux d’à peine 23 ans ont une soif de vie et un appétit dévorant de projets. Ambitieux, ils veulent, dans un horizon de 15 ans s’il vous plaît, s’offrir une étable neuve, participer à des expositions prestigieuses à l’échelle nationale (comme la Royal Winter Fair de Toronto) et assurer la descendance des St-Laurent par une dizaine de marmots. Ah! l’air frais de l’Abitibi…

À un c’est bien, à deux c’est mieux
Dernière d’une famille de quatre filles, Katie aurait aimé prendre la relève de ses parents, mais la vie en a décidé autrement quand deux de ses sœurs ont tenté de reprendre la ferme, mais ont dû abandonner plus tard. Exploiter une ferme laitière reste physiquement éprouvant, pour les hommes comme pour les femmes.

Pour cela, Katie se ménage une porte de sortie et s’oriente vers l’enseignement préscolaire-primaire à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda. Quatre ans d’études qui n’auront pas réussi à venir à bout de sa passion de l’agriculture.
 
« Comment dit-on déjà? Être son propre patron », lâche-t-elle, le sourire en coin. Katie travaille aujourd’hui dans diverses écoles de la région d’Amos, mais espère revenir bientôt à temps plein sur la ferme. Pour l’instant, c’est elle qui soigne le matin et fait la traite le soir, alors que Maxime fait la traite du matin et soigne le soir.

La ferme et les machineries appartiennent toujours aux parents de Katie, Maurice Rouillard et Diane Laverdière, qui ont exploité la ferme pendant 31 ans. Maxime et Katie espèrent bien racheter les bâtiments et les machineries l’été prochain, eux qui détiennent déjà les animaux et le quota.

« Maxime et Katie sont des jeunes motivés et motivants pour les autres producteurs. C’est beau de voir que des jeunes veulent encore prendre la relève de fermes de notre région, qui a perdu beaucoup de producteurs au fil des ans », tient à dire François Galarneau, expert-conseil à
La Coop Amos.

La ferme abrite une cinquantaine de vaches en lactation et compte plus de 142 hectares (350 acres) en foin sec et ensilage et petites céréales. L’an prochain, Maxime veut essayer une culture mixte d’avoine et de pois qu’il ensilera à temps pour laisser s’établir ses prairies mixtes légumineuses-graminées.

Quand on lui parle du dernier classement de son troupeau, Maxime répond, un peu dépité, « 1 EX 4E, 24 TB et 25 BP », ce qui n’est pas mal du tout. « Oui, mais lors du prochain classement, je devrais avoir plus de vaches très bonnes », s’empresse-t-il de mentionner. Le dernier fait d’armes de la ferme : une vache jugée Grande championne de l’exposition agricole d’Abitibi, parmi 24 exposants. On peut aussi citer une belle moyenne de production laitière, qui frise les 10 000 kg de lait.

L’éleveur utilise beaucoup le transfert embryonnaire pour accélérer la progression génétique du troupeau. Maxime mise aussi sur la sélection en bas âge, puisque selon lui, « il ne faut pas attendre avant de choisir les meilleures ». Autre point sur lequel il insiste : les facteurs environnementaux dans l’expression du potentiel génétique.
 

En donnant le meilleur environnement (alimentation, ambiance, confort, santé) aux animaux, on maximise leur performance.

Maxime insiste enfin pour passer son message aux jeunes qui rêvent d’agriculture, mais pour qui les possibilités sont limitées « en bas ». Pour ceux qui n’ont peur ni de se lancer ni de se déraciner, l’Abitibi est une terre d’accueil fantastique. La disponibilité des terres et leur grande qualité, l’absence de surplus de fertilisants organiques, le manque de relève de plusieurs fermes, bref, tout conspire en faveur du succès d’un démarrage.

Et qui sait, l’amour attend peut-être aussi, au détour d’un rang…

FERME LAUKA

Production
Projection : 9932 kilos de lait par année, 377 kilos de gras (3,8 %), 321 kilos de protéine (3,24 %);
MCR projetée : 227-230-229.


Régie alimentaire
Vaches taries : Foin sec, ensilage (4-5 kg) et minéral vaches taries cube;
Transition : Transilac I+, (Calcimil et Lactiveur 911 au besoin);
Lactation :

2 kg de foin sec;
Ensilage mélangé (principalement graminées);
De 3 à 6 kg de grains mélangés, selon stade de lactation (75 % avoine, 25 % orge);
Moulée complète cube;
Supplément couverture Symbiose Profil et fortifiant 6-2 en début lactation;
Pulp-O-zyme en début de lactation;
Minéraux.

Sujets d’élevages : Lactoremplaceur Bovo XLR
0-6 mois : Goliath 21 et foin sec;
6-24 mois : foin sec, ensilage (6-7 kg), grains mélangés et supplément Goliath 40.
Sujets d’exposition : Goliath Expo complété par du foinsec (graminées).
Transplantation embryonnaire :
Embry-o-pack.


Congrès Holstein Québec 2008
Vous voulez rencontrer Maxime St-Laurent et Katie Rouillard? Leur ferme sera l’une de celles qui ouvriront leurs portes dans le cadre du Congrès Holstein 2008, qui se tiendra en Abitibi le 29 janvier 2008 pendant quatre jours.


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