Vous êtes-vous posé la question dernièrement s’il est préférable d’utiliser un aliment cubé ou en texture pour les truies en lactation? Et bien nous, on se l’est posée, cette question… encore une fois. Voici nos conclusions.

Avec le coût de l’énergie qui a augmenté au cours des dernières années (disparition du tarif Bt dans les meuneries) et les autres frais qui suivent la même tendance (entretien, main-d’œuvre), est-ce toujours rentable de cuber cet aliment? Comme il n’y avait pas d’études récentes sur le sujet, nous avons conduit un essai à la ferme de recherche en alimentation de Cooperative Research Farms (CRF), située à Frampton.

Pour ce faire, nous avons utilisé 182 truies, soumises à deux traitements. La parité moyenne de chaque groupe était de 3,75. La composition des rations (recette) était identique. La granulométrie (mouture) des ingrédients était la même. Seule la présentation de la moulée différait entre les deux groupes (cube par rapport à texture).

Les truies ont été alimentées avec leur aliment respectif, cinq jours avant le début de l’essai, qui commençait le jour de la mise bas.
 
Elles étaient rationnées les trois premiers jours de la lactation et étaient par la suite nourries à volonté jusqu’au sevrage qui a lieu vers le 20e jour. L’aliment est distribué en deux repas, soit tôt le matin et en fin d’après-midi. Chaque distribution est pesée et enregistrée pour traitement ultérieur. Les refus d’aliments sont collectés et pesés chaque matin et soustraits de la quantité distribuée la veille, permettant ainsi l’évaluation précise et réelle de la quantité consommée.

Qu’ont préféré nos truies, le cube ou la texture? Le tableau 1 répond à cette question.Les truies recevant la ration cubée ont consommé plus d’aliments tout au long de la lactation, et ce, dès qu’elles ont été nourries à volonté (à partir du jour 4). Cela représente une moyenne de 5,66 kg par jour pour celles recevant le cube, et 5,19 kg pour celles recevant la ration présentée en texture, un avantage de 0,47 kg (différent en matière de statistique). Pour la période totale de lactation, cela équivaut à 109,5 kg par rapport à 98,7 kg, en faveur du cube (également différent statistiquement), un avantage de près de 11 kg. On voit donc que l’aliment présenté en cube permet une prise alimentaire supérieure.

Cette consommation plus élevée obtenue avec le cube peut s’expliquer par la différence de densité observée entre les deux présentations.

Nos mesures ont démontré que le cube est plus dense que la texture, dans ce cas-ci, 20 lb/pi3 comparativement à 16 lb/pi3. Avec un même volume ingéré, l’animal mange donc plus de kilogrammes (ou de livres) lorsque la ration est présentée en cube.

Cette consommation supplémentaire d’aliments à permis des performances différentes entre les deux groupes (tableau 2). D’abord, les truies qui ont reçu le cube ont achevé leur lactation en meilleure condition.

Les truies qui ont consommé l’aliment cubé ont perdu moins de poids et moins de gras pendant la lactation. L’avantage est de 5,5 kg et 0,84 mm pour la ration cubée.

Du côté des performances des porcelets, le nombre de nés vivants et de sevrés n’a pas été affecté par les traitements. Pour les performances de croissance des portées, regardons le tableau 3.

La croissance des portées n’a pas été significativement différente, bien que le poids final et le gain journalier aient été légèrement plus élevés dans le cas du cube. Pour les porcelets pris individuellement, nous avons un poids supérieur avec l’aliment cubé de 200 grammes.

Maintenant, les différences de performances obtenues sont-elles suffisantes pour justifier l’écart de prix entre un aliment pour truies en lactation présenté en cube et un aliment présenté en texture?
 






Signalons d’abord que les pertes de poids et de gras inférieurs que nous avons obtenues chez les truies qui ont reçu l’aliment en cube représentent certainement un avantage du côté des performances de reproduction pour le cycle suivant. Par contre, comme notre essai se terminait au sevrage, nous n’avons pas de données pour le vérifier.

Pour ce qui est des performances des porcelets, l’avantage numérique obtenu du côté du poids individuel au sevrage peut représenter un gain intéressant. Les 200 grammes de poids supplémentaire permis par la ration cubée peuvent se traduire par des performances ultérieures supérieures. Si on part des données publiées dans les études, le surplus de poids obtenu au sevrage est deux à trois fois plus important à la sortie de la pouponnière. Et ce surplus en pouponnière est à son tour multiplié par trois ou quatre au moment de l’envoi à l’abattoir. Cela dit, observons au tableau 4 ce que cela peut donner à la fin de chaque étape (fin du site 2 et du site 3). Nous avons pris le minimum d’amélioration de gain pour faire notre calcul.

En multipliant par 2 et par 3 le surplus de poids obtenu au sevrage, on obtient 400 grammes de plus en fin de pouponnière et 1,2 kg de plus au moment de l’abattage. Avec un rendement de carcasse de 80 %, on obtient 0,96 kg de plus par porc. Avec un prix de marché simulé de 1,43 $/kg (0,65 $/lb), le revenu supplémentaire par porc peut être de 1,37 $, ou de 13,70 $ par portée.
Si on soustrait de cela le coût supplémentaire d’utilisation d’une moulée cubée, pour une lactation, on obtient 9,33 $ de bénéfice net par portée.

En conclusion, nous avons obtenu dans notre essai des performances supérieures du côté des porcelets au moment du sevrage lorsque les truies recevaient leur aliment sous forme cubée. Ces performances supplémentaires peuvent se traduire par une plus value économique au moment de l’envoi à l’abattoir. Si on ajoute à cela l’avantage rapporté dans la documentation d’une perte de poids et de gras dorsal inférieure pendant la lactation sur les performances de reproduction, la présentation en cube demeure aujourd’hui le choix judicieux. Il est donc conseillé d’utiliser du cube pour alimenter ses truies en période de lactation.
 


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