Jacques et Sylvie M.*, des producteurs de volailles dans la mi-cinquantaine en Montérégie, ont 13 000 mètres carrés de quota de poulets à griller. Leur fils de 28 ans travaille à temps plein dans l’entreprise et leur fille de 26 ans, récemment diplômée en agronomie, voudrait bien se joindre à l’entreprise. Les parents songent à prendre de l’expansion afin d’augmenter les revenus de l’entreprise et justifier un salaire additionnel. Ils achèteraient 2500 mètres carrés de quota supplémentaire et construiraient deux nouveaux poulaillers. Ils font déjà affaire avec un établissement bancaire, mais ils aimeraient également l’avis de Financement agricole Canada pour ce projet qui se chiffre à plus de trois millions de dollars.


Le projet se trame depuis deux ans, depuis que Lyne*, la fille de Jacques et Sylvie, a annoncé qu’elle aimerait se joindre à l’entreprise après avoir terminé son cours en agronomie. Lyne se qualifierait probablement pour une aide à la relève, soit 100 mètres carrés de quota offert par les Éleveurs de volailles du Québec. Le tout ferait en sorte que la production nette de l’entreprise passerait de 13 000 à 15 600 mètres carrés. Mais une telle expansion doublerait également la dette de l’entreprise, ce qui insécurise fortement Jacques et Sylvie qui profitaient jusqu’à ce jour d’une situation financière relativement confortable.

Charles Gauvin, directeur des relations d’affaires chez Financement agricole Canada, a immédiatement été séduit par ce projet fort bien structuré. Jacques et Sylvie avaient préalablement consulté un comptable-fiscaliste pour connaître les impacts de leur projet. Et, puisque celui-ci fait partie d’un éventuel transfert de ferme, ils ont également rencontré un notaire pour ce qui a trait à la planification de la relève. De plus, ils ont mis à contribution tous leurs fournisseurs : la meunerie, le couvoir, l’abattoir, les commerçants d’équipements, leur directeur de compte et des ingénieurs pour s’assurer que le projet soit réalisable et viable. « Il s’agit d’une ferme de bonne taille, avec de bons actifs bien structurés, qui permettait d’envisager un tel projet», explique M. Gauvin.

L’incertitude qui plane sur le système de gestion de l’offre et l’ampleur de l’investissement sont des facteurs de risque non négligeables dans l’évaluation d’un tel projet, mais ceux-ci sont quand même gérables, selon M. Gauvin. L’intégration de la relève est souvent un point sensible dans certains dossiers. Dans ce cas-ci, la formation des jeunes s’intègre bien avec l’expérience des parents et la communication semble bonne entre tous les membres de la famille.

Dans un cas comme celui de Jacques et Sylvie, il faut comprendre que jusqu’à présent les parents ont toujours été actifs dans toutes les facettes de l’entreprise : le démarrage des lots, le nettoyage des bâtiments, la comptabilité, la gestion avec les fournisseurs. Cela ne sera plus autant nécessaire lorsque l’entreprise aura pris de l’expansion. Il faudra que les parents acceptent de lâcher prise et de déléguer certaines tâches.

Recommandation
À la grande surprise des propriétaires et de leur prêteur financier, Financement agricole Canada a suggéré d’établir un partenariat avec le prêteur actuel, une solution peu usuelle dans le domaine financier. Étant donné la croissance rapide de l’endettement, l’idée de partager le risque entre deux prêteurs a plu à tous. « La gestion du savoir est très importante pour nous, dit M. Gauvin. Nous avons des comités de pratique où siègent des directeurs de relations d’affaires de différentes régions à travers le Canada. Nos gens connaissent les enjeux de l’agriculture et partagent l’information pertinente qui a trait à chaque production. »

L’ensemble de la dette a été restructuré. Le prêt pour le refinancement du passif actuel ainsi que le financement du nouveau projet s’élèvent à 5 460 000 $. Ce montant, réparti en parts égales entre les deux partenaires financiers, sera amorti sur une période de 14 ans. Les prêteurs ont également accordé aux propriétaires un congé de capital de 12 mois au départ pour préserver la liquidité durant la période de construction et le démarrage des nouveaux bâtiments.

Deux sources d’informations, deux sources d’expertise, deux directeurs de comptes qui suivent le dossier permettront de bien démarrer le nouveau projet de la relève tout en rassurant les parents.


SITUATIONS PERSONNELLE DE LA FAMILLE
Parents de 58 et 56 ans travaillant à temps plein dans l'entreprise;
Fils de 28 ans travaillant à temps plein dans l'entreprise;
Fille de 26 ans travaillant à temps plein à l'extérieur de la ferme et envisageant un retour à la ferme.


SITUATIONS FINANCIÈRE DE L'ENTREPRISE

AVANT PROJET
ACTIF TOTAL : 14 280 000 $
Ferme avicole spécialisée en poulets à griller (13 000 m2). Culture céréalière sur 100 ha. Actifs en bon état

Actif court terme de 278 000 $ dont :
Encaisse : 13 000 $
Comptes clients : 35 000 $
Stocks : 230 000 $

Actif long terme de 14 393 000 $ inclut :
Placements : 35 000 $
Quota : 13 000 m2 x 850 $ / m2 = 11 050 000 $
Bâtiments : 1 880 000 $
Fonds de terre : 850 000 $
Machinerie : 300 000 $

PASSIF TOTAL : 2 470 000 $

Passif court terme :
Comptes à payer : 15 000 $
Marge de crédit : 120 000 $
Tranche de la dette à long terme échéant dans les 12 prochains mois : 211 000 $
Total passif court terme : 346 000 $

PASSIF LONG TERME :
5 prêts totalisant 2 124 000 $, amortissement moyen de 8 ans

Avoir net des propriétaires : 11 923 000 $

PROJET
Acquisition : 2500 m2 de quota
de poulet à griller : 2 125 000 $
Construction de 2 poulaillers de 1860 m2/bâtiment : 1 000 000 $
TOTAL : 3 125 000 $


BUDGET PRÉVISIONNEL SUIVANT LE PROJET
Revenus : 2 695 000 $
Volailles : 2 565 000 $
Cultures : 100 000 $
Autres : 30 000 $

Charges : 1 965 000 $
Volailles : 1 900 000 $
Cultures : 65 000 $

Bénéfices : 730 000 $
Surplus après paiement de la dette et retraits : 43 075 $

Salaires : 95 000 $
Capacité de remboursement : 635 000 $
Charge financière annuelle de la structure proposée : 591 925 $


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