La
majorité des semences
de légumes potagers
se conservent entre trois
et huit ans. Pour conserver
d’anciens cultivars,
il faut donc les cultiver.
L’avantage de garder
d’anciens cultivars
bien vivants permet de bénéficier
de légumes à
l’allure et au goût
différents de ce qu’on
trouve en épicerie.
De plus, on peut bénéficier
de certains de leurs traits
génétiques lors
d’hybridation, à
la recherche d’une amélioration
continuelle du patrimoine
semencier. Certaines de ces
plantes sont cultivées
pourleurs vertus médicinales
et sont utilisées en
phytothérapie.
Qui s’assure de conserver
ce patrimoine vivant? Des
pépiniéristes,
bien sûr, mais aussi
des jardiniers amateurs sensibilisés
qui consacrent une partie
de leur jardin à la
multiplication de variétés
anciennes. Ils se procurent
ces graines par l’entremise
de semenciers, pépiniéristes,
organismes et regroupements
et s’assurent de bien
les multiplier selon les règles
de l’art. Au Canada,
deux organismes principaux
veillent au grain : Semences
du patrimoine et la Banque
canadienne de clones.
L’organisme pancanadien
Semences du patrimoine regroupe
1246 membres à travers
le Canada, et assure le maintien
de 1919 variétés
issues de 204 espèces
de fruits, légumes,
céréales, fines
herbes et fleurs, grâce
à l’échange
gratuit de semences par la
poste entre les membres. Les
deux tiers des cultivars du
catalogue de Semences du patrimoine
ne sont pas offerts par les
semenciers traditionnels.
La Banque canadienne de clones à Harrow en Ontario
est un véritable
musée vivant.
Les deux tiers de
la banque sont constitués
d’espèces
sauvages apparentées
aux cultures fruitières,
le reste étant
d’anciens cultivars.
La Banque possède
toutes les variétés
existantes de fraisiers
et fait office de
réserve mondiale
pour les bleuets,
fraises et framboises
qui sont des cultures
indigènes au
Canada1.
Plusieurs seront surpris
d’apprendre
que parmi les espèces
de fleurs annuelles
toujours populaires
se dissimulent de
vieilles espèces
patrimoniales qu’on
retrouvait dans les
jardins de curé.
Pour n’en nommer
que quelques-unes,
il y avait l’agérate,
le cléome,
les cosmos, l’amarante,
la matricaire, le
phlox, l’œillet
des poètes,
la saponaire, et la
rose d’Inde
(plus grosse que son
cousin l’œillet
d’Inde ou tagète).
La plupart de ces
plantes possédaient
des vertus médicinales
ou utilitaires. La
rose d’Inde
par exemple servait
à fabriquer
des teintures et colorants,
en plus d’être
très utile
au jardin où
elle détruit
et repousse les ravageurs.
Trucs
et astuces
Vous
avez planté
des graminées?
Surtout,
ne les
rabattez
pas à
l’automne!
Non seulement
elles
nourrissent
les oiseaux
tout l’hiver,
mais leurs
plumeaux
décorent
le jardin,
alors
que les
tiges
protègent
les plantes
avoisinantes
en faisant
office
de brise-vent
et en
retenant
la neige
au sol.
Les vivaces
de grande
taille
comme
les échinacées
jouent
un peu
le même
rôle
et sont
aussi
décoratives
une fois
la neige
venue.
1« Gardiens de
la vie », Le Coopérateur
agricole, novembre 2007.