Environnement et développement durable sont à peine devenus des concepts familiers, et voilà qu’il faut aujourd’hui compter avec celui de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Les Prix québécois de l’entreprise citoyenne 2007 ont ainsi récompensé récemment des entreprises ayant posé des gestes socialement responsables. La liste des récipiendaires était publiée dans le magazine L’actualité, qui évoquait par ailleurs le virage vert amorcé par les entreprises. Mais en quoi consiste réellement cette RSE? Quelles sont ses origines et quel est son lien avec le développement durable? Réponse ici, illustrée par quelques exemples d’application.


La responsabilité sociale des entreprises (RSE) est un concept en pleine évolution. Elle est généralement interprétée comme l’intégration volontaire par les entreprises des préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs stratégies, leurs activités commerciales ainsi que dans leurs relations avec les parties prenantes. Lorsque ce concept voit le jour, à la fin des années 60, les entreprises, dans un contexte d’amélioration continue, commencent à mettre en place des procédures de contrôle et d’assurance qualité. Ce qui leur permet d'assurer une conformité règlementaire et de maîtriser les processus d’assurance qualité. Pour pouvoir satisfaire les besoins et les attentes des différents intervenants, des systèmes de gestion voient le jour. Parallèlement, une multitude de facteurs, dont les pressions populaires, finissent par imposer au milieu entrepreneurial une anticipation des besoins et des attentes des différentes parties prenantes. D’où la mise en place de politiques intégrant des valeurs relatives aux principes de la RSE dans de plus en plus d’entreprises.

Actuellement, ce concept est reconnu et appliqué à l’échelle internationale. Cependant, dans un but d’harmonisation des standards, l’Organisation internationale de normalisation travaille à l’élaboration d’une nouvelle norme sur la RSE (ISO 26000). En attendant sa publication, prévue pour 2009, la version préliminaire définit la RSE comme « l'ensemble des actions d’une organisation pour assumer la responsabilité de l’impact de ses activités sur la société et l’environnement, pour autant qu’elles soient cohérentes avec les intérêts de la société et avec le développement durable, fondées sur un comportement éthique, le respect de la loi en vigueur et des instruments intergouvernementaux, et intégrées à ses activités habituelles ». ISO 26000 ne donnera pas lieu à une certification. Toutefois, cette norme s’aligne sur les concepts des normes ISO 9001 et 14001 pour lesquelles une certification existe.
Enfin, l’application de la RSE semble être une façon pour les entreprises de contribuer au développement durable, une manière de satisfaire aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

La mise en œuvre

Il existe plusieurs démarches volontaires telles que The Natural Step, que les entreprises peuvent utiliser. En général, il faut procéder par étapes. Pour couronner cette opération de succès, il apparaît primordial de commencer par obtenir l’engagement de la haute direction et la collaboration des employés.

Les entreprises doivent ensuite analyser les impacts de leurs activités sur la société et l’environnement et les mesures pour les atténuer. L’étape subséquente consiste à élaborer une politique qui prendra en compte quatre principaux volets : le monde du travail, le client, l’environnement et la communauté. Dans ce cadre, des groupes de discussion regroupant les différents acteurs peuvent alors être formés pour définir les valeurs de l’entreprise et les acteurs impliqués. Cette étape se révèle essentielle dans le processus d’élaboration d’une politique
 
Implantation des valeurs de la responsabilité sociale
Lorsque l’entreprise a fait le choix de la RSE, place à l’action! Elle peut se fixer des objectifs et mettre en œuvre des actions pour les atteindre. Le processus doit cependant demeurer réaliste et viser des objectifs ainsi que des ciblesatteignables qui pourront s’insérer dans un programme d’amélioration continue.
qui peut être considérée comme l’enracinement des critères servant de référence et de principe pour l’entreprise. Des valeurs bien établies se traduiront généralement par un comportement respectueux des préoccupations exprimées.

Pour schématiser, prenons l’image d’un arbre où les racines représenteraient les valeurs, le tronc de l’arbre le comportement de l’entreprise et le port arborescent son attitude vis-à-vis de sa politique de responsabilité sociale.


Quelques exemples
Plusieurs entreprises publient leur rapport de RSE et font connaître les actions engagées. Citons l’exemple d’un détaillant en matière de rénovation domiciliaire qui a toujours eu à cœur de s’impliquer dans les communautés qui l’accueillent. Étant donné son domaine d’activité, il a choisi de verser des contributions financières vers quatre secteurs sur lesquels il peut influer soit : l’environnement, les logements à prix abordables, les jeunes à risque et la préparation aux situations d’urgence. Il encourage la formation de groupe de bénévoles au sein de ses magasins et appuie financièrement leurs projets. Il met aussi en pratique ses principes environnementaux en favorisant la mise en marché de produits moins nocifs pour l’environnement et en formant ses employés afin qu’ils puissent orienter la clientèle vers des choix plus verts.

Autre exemple : une entreprise œuvrant dans la fabrication de produits phytosanitaires. Ses actions se concentrent sur l’agriculture, les produits développés et les relations avec la communauté. Elle a ainsi notamment développé des programmes pour sensibiliser sa clientèle à protéger les sols (réduction de l’érosion et augmentation des rendements), l’eau (préservation de la qualité et gestion de l’usage) et la biodiversité.

 
Les parties prenantes Les parties prenantes représentent l'ensemble des acteurs internes ou externes à une entreprise et concernés par son bon fonctionnement sur le plan de la responsabilité sociale. Cette notion est issue d’une exigence éthique de la société civile qui demande que les entreprises rendent compte des conséquences sociales et environnementales de leur activité. Les principales parties prenantes ou acteurs qui exercent des pressions sur les entreprises en matière de responsabilité sociale sont multiples, comme le montre le schéma ci-dessous.
Pour quel résultat?
Les entreprises ayant adopté ce concept y ont trouvé de nombreux avantages : économies de coûts, meilleur accès aux marchés, amélioration du moral des salariés, augmentation de la productivité, accélération des processus d’approbation et rétention d’un personnel qualifié. Plutôt alléchant comme concept, non?
Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés