Claude G. Couture voit le jour en 1957, dans une maison que ses parents ont plus tard transformée en poulailler. À l’école primaire, il est enfant de chœur et servant de messe. L’acériculture est sa grande passion. Et c’est à l’arc qu’il chasse le chevreuil.

Claude a le rire facile et il est de compagnie agréable. Mais il se dit aussi impulsif et de nature spontanée. Lorsque piqué au vif, il n’hésite pas à décocher une flèche. Mais la toute première cible qu’il vise à atteindre, en réalité, est de contribuer à l’essor du milieu coopératif agricole. « Tu ne nais pas coopérateur, tu le deviens, par l’éducation et tes convictions », exprime celui qui siège au conseil d’administration de La Coop fédérée depuis 2002.

Claude G., comme on l’appelle pour ne pas le confondre avec un collègue du conseil d’administration de La Coop qui porte le même nom que lui, vit à Thetford Mines, dans la MRC de L’Amiante. « Une région fourragère où la terre n’est pas ingrate », dit-il. Il est le troisième d’une famille de six, et l’aîné des garçons. Il exploite la ferme Coupar, une exploitation laitière, céréalière et acéricole, avec ses deux frères, Michel – administrateur chez Agropur – et Mario. Claude règle la gestion et la comptabilité, alors que son frère Michel prend en charge le troupeau.

La fibre coopérative qui anime Claude provient sans nul doute de celle qu’a toujours possédée son père. Gérard Couture a été président de la coopérative de Thetford de 1964 à 1968. Il a aussi été administrateur à la Fédération des producteurs de lait et, durant 35 ans, secrétaire à la municipalité de Rivière-Blanche, une tâche qui l’a même occupé de 9 à 5 du début des années 80 jusqu’en 1995. « En tant qu’aîné, je me devais, selon mon père, de participer aux assemblées de notre coopérative. C’est comme ça qu’il a graduellement lâché les cordeaux. »

Claude n’envisageait pas de prendre un jour la relève. En 5e secondaire, il avait entrepris ce qu’on appelle un tronc commun avec une option en électricité. « Mais quand je revenais de l’école, ma mère, qui faisait la traite avec mes deux frères, me demandait d’aller aider mon père aux travaux des champs. J’ai ainsi développé mon intérêt pour l’acériculture et les grandes cultures, et décidé que j’allais suivre ses traces. »

Gérard Couture et ses deux frères, aussi producteurs laitiers dans le même rang, mettaient en pratique les principes de partage et de coopération. Chacun possédait son tracteur, mais toute la machinerie aratoire était mise en commun. En février 1994, Claude remplacera un de ses oncles au conseil de la Société coopérative agricole de Disraeli. Quatre ans plus tard, il sera élu à la tête
du conseil.

« Il intervient rapidement et n’hésite jamais à défendre les intérêts de l’entreprise, souligne Gérard Nadeau, directeur général de la Société coopérative agricole de Disraeli. Il demande l’avis de chacun avant que le conseil ne se positionne. En assemblée annuelle, lorsque les choses se corsent, il se lève, prends le micro et donne son opinion. Il joue bien son rôle de président. C’est un véritable bouclier. Avec la crise financière que nous traversons, il faut mentionner que 75 % du bilan de notre coop est en production porcine, il est important d’avoir un conseil uni, derrière un président qui a de la colonne. »

À 17 ans, avec le salaire de 35 $ par semaine qu’il touche en travaillant sur la ferme, et tout en complétant ses études à la polyvalente, Claude se paye une motoneige. C’est à bord de ce véhicule qu’il courtise pour la première fois Lucie Groleau, fille d’un producteur laitier de la région. L’originalité de Claude a porté fruit. Trois enfants, Martin, Caroline et Mylène, sont nés de leur union, à seulement trois ans et quatre mois d’écart entre l’aîné et la benjamine. Martin et Caroline sont tous deux diplômés en gestion et exploitation d’entreprise agricole de l’ITA de Saint-Hyacinthe. Quant à Mylène, elle est comptable agréée et a été formée à l’Université de Sherbrooke. Claude et Lucie célèbrent cette année 30 ans de mariage. Et quel magnifique cadeau les attend! Un premier petit-enfant auquel Caroline donnera bientôt naissance.

Côté passe-temps, Claude a troqué la motoneige pour le VTT. Mais il courtise toujours sa belle. En ballade, après le train du soir. S’isoler dans une pourvoirie, pêcher, prendre du bon temps et voyager font partie des activités préférées de ces deux amants de la nature.

En plus de son expérience à la Société coopérative agricole de Disraeli, Claude en cumule plusieurs autres. De 1986 à 1990, il est administrateur au Cercle d’amélioration du bétail (CAB) de Thetford Mines, puis président de 1990 à 1998.

Il est également vice-président, de 1991 à 1996, d’un syndicat de gestion de la région dont il a été un des membres fondateurs.

C’est Paul-Henri Rousseau qui, à la fin de son mandat à La Coop fédérée en 2002, lui propose de lui succéder. C’est un homme d’expérience et dynamique qui saura bien représenter le territoire et marier ses convictions à celles des autres administrateurs dans l’intérêt commun. L’archer de Thetford se sent alors prêt à relever le défi.

Malgré tout, à son entrée au conseil d’administration, il est à la fois fier et quelque peu intimidé. Avec raison; l’une des plus grandes entreprises au Québec l’accueille dans les hauts rangs de sa direction. Mais il n’est pas seul. Normand Marcil vient aussi d’y être nommé. Rapidement, les deux hommes se lient d’amitié. Et ils partagent une même passion : la chasse à l’oie, à l’orignal et au chevreuil. « Même à la chasse, on parle coopération, fait savoir Normand. Il écoute l’autre. Il questionne. Il s’intéresse à une foule de choses. Il aime discuter et débattre d’un sujet, quel qu’il soit. Les valeurs familiales et démocratiques sont très importantes pour lui. » En 2001, la ferme que ses parents Gérard et Yvonne ont bâtie décroche le titre Famille agricole de l’année. Une reconnaissance qui leur fait chaud au cœur et à tous leurs descendants.

Claude siège actuellement au Comité de développement coopératif de la région de L’Amiante, aux comités de vérification et d’éducation coopérative de La Coop fédérée ainsi qu’au conseil et au comité de vérification d’Olymel.

Pratiquer l’acériculture est une chose. S’y engager en est une autre. Claude, lui, conjugue les deux. Il est membre et délégué de Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d’érable depuis 1990 et animateur de cette coopérative depuis huit ans. Jusqu’en 1980, c’est avec un cheval, un puissant et magnifique Belge de près de 1000 kilos, qu’il sillonne son érablière pour y recueillir, à l’aide de seaux, l’eau qui s’écoule des 1400 entailles. La bête servait aussi à sortir le bois de la forêt que l’on éclaircissait. Les seaux ont depuis fait place à la tubulure, le nombre d’entailles ayant pratiquement doublé.

Quand il n’est pas à la table d’un conseil, Claude est heureux de travailler de ses mains. Une soupape nécessaire à son équilibre. Il prend plaisir à ériger un bâtiment. À entailler les érables. À fendre le bois qui alimentera l’évaporateur. Ou encore à préparer divers équipements en prévision d’une récolte. L’ouvrage commencé est achevé. Tel un artisan, il s’applique, peaufine. La conception de meubles est d’ailleurs une activité à laquelle il compte un jour s’adonner. En conseil, on le sait toujours prêt et bien au fait de ses dossiers.

Pour Ghislain Cloutier, vice-président de La Coop fédérée, Claude à l’intérêt collectif à cœur.
« Qu’il s’agisse de La Coop fédérée, d’Olymel, de la Société coopérative agricole de Disraeli, c’est un producteur qui pense aux producteurs. Tu es certain de ne pas te faire enfarger par lui. Il sait aussi convaincre. Et convaincre, c’est d’abord écouter, ce que Claude sait faire, car il est proche des gens et très humain. »

Lorsque est venu le temps de fermer la meunerie de Disraeli, il y a un peu plus de deux ans, pour des questions de rentabilité et d’efficacité, des interrogations ont été soulevées par l’assemblée.
« C’était risqué et osé, convient Denis Richard, président de La Coop fédérée, car nous étions au tout début de l’optimisation des meuneries du réseau et c’était précurseur au projet Chrysalide. Claude savait qu’il fallait renforcer le réseau et non pas se concurrencer entre coopératives. »

« Si le membre disparaît, les coopératives disparaissent et La Coop fédérée aussi, assure Claude. Il faut convaincre les producteurs à faire encore davantage affaire avec leur coopérative. Il faut promouvoir l’achat chez nous, dans le territoire. Il faut mettre un terme à l’individualisme. Le projet Chrysalide nous permettra d’atteindre ces objectifs et nous amènera une nouvelle prospérité, » dit-il.

Dans cette vision des choses, Claude inclut la relève. « Il n’y a pas de plus grande valeur agricole », c’est avec ce penchant pour la suite du monde qu’il a siégé au comité d’approbation du fonds de soutien à la relève que la coopérative de Disraeli a mis sur pied il y a déjà 10 ans. Sur ce plan, il admet avoir lui-même été très privilégié. Ses parents ont entièrement financé l’achat, en 1986, de la ferme de 113 hectares (280 acres) et d’une quarantaine de vaches laitières. Une dette que ses frères et lui auront complètement remboursée cette année. L’exploitation qu’il gère aujourd’hui compte 214 hectares et 75 vaches de haute productivité. Même si la relève de sa propre entreprise est incertaine, il tient à aider ceux et celles qui souhaitent faire de l’agriculture leur mode de vie en leur procurant un solide appui.

Cette année, en février, à l’assemblée annuelle de La Coop fédérée, Claude briguera un troisième mandat. Pour parfaire son tir et viser encore plus juste. Pour le réseau. Pour la coopération.


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