Membre du conseil d’administration de la Société coopérative agricole de Princeville depuis 1996, Danielle Dargy se fera élire vice-présidente, en 2001, à deux mois de son accouchement. « Cette marque de confiance m’a profondément touchée, confie Danielle. En dépit d’un changement important dans ma vie qui allait certainement m’enlever du temps disponible, les autres membres m’ont accordé leur confiance. »

Danielle Dargy a 20 ans lorsqu’elle unit sa vie à celle de Daniel Gauvreau, un jeune producteurlaitier de Norbertville qui a repris les rênes de l’entreprise familiale. Diplômée en théologie de l’Université de Sherbrooke, ses nouvelles fonctions d’agricultrice ne l’effraient pas. Au contraire. Elle-même fille de parents agriculteurs, elle connaît bien le credo de la profession. Devenue copropriétaire de la ferme Nortberto, elle rêve d’une grosse famille.

Un rêve perdu
Jusqu’à l’âge de deux ans, bébé Nicolas vomira jusqu’à 20 fois par jour, et ce, malgré deux chirurgies qu’il subira entre l’âge de deux mois et de quatorze mois. L’épisode évoque des souvenirs difficiles. « Se faire dire par les médecins que le bébé ne passera probablement pas au travers, que ses chances de s’en sortir sont minces est très déstabilisant, se rappelle Danielle. Vivre avec un enfant malade est une réalité complètement différente, poursuit la jeune agricultrice de 32 ans. C’est très prenant et le répit est rare. Nous avons dû organiser nos horaires en conséquence et le soutien de notre entourage a été précieux. »

Le diagnostic a été posé à deux mois d’âge. Nicolas souffre de la sténose du pylore, une malformation congénitale qui lui occasionne des difficultés digestives chroniques, entre autres avec le liquide. Une maladie génétique dont les parents sont porteurs et qui risque d’être transmise à toute leur descendance. En plus d’accepter la maladie de son enfant, il faut faire le deuil des autres souhaités et désirés. Danielle raconte sereinement tout ce passage de vie. « J’ai un conjoint formidable », dira-t-elle à plusieurs reprises.

Aujourd’hui, fiston apprend à vivre avec sa maladie. Il régurgite encore de temps en temps, mais tout en étant en maîtrise de lui-même. Il va maintenant à l’école et se développe normalement. Il aime la ferme et participe aux travaux lorsque c’est possible.

Pendant toute cette épreuve, Danielle est demeurée vice-présidente de sa coopérative. Pourquoi? « Mon engagement à la coopérative m’a aidée. Les réunions m’ont donné des occasions de sortir régulièrement de ma réalité. Lorsque l’on vit sur une ferme, avec un enfant malade en plus, nos déplacements sont très limités et l’on finit par se sentir isolée. »

L’agricultrice est fière de cet engagement et souhaite la venue d’autres femmes au sein du conseil. En 70 ans d’histoire de la SCA de Princeville, Danielle est la première et unique femme à siéger au bureau de direction… Puis, en dépit de la maladie de son fils, elle n’aura manqué qu’une seule réunion du conseil durant ces sept dernières années.


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