Louise D.*, âgée de 35 ans, est propriétaire d’une entreprise de grandes cultures avec son conjoint Jacques, dans la région de Lanaudière. Louise possède une formation en horticulture et produit à petite échelle des fines herbes, en production sous tunnel, qu’elle écoule en vente directe à la ferme. D’ici quelques années, elle prévoyait augmenter le nombre d’hectares consacrés à la culture maraîchère. Tout se bouscule lorsque le voisin annonce qu’il désire vendre son entreprise serricole (tomates et concombres). Louise aimerait bien en faire l’acquisition, mais comment? L’entreprise vaut un demi-million de dollars… Faute de liquidité, peut-elle l’acheter sans mise de fonds?


L’entreprise en question comprend une serre de 2 000 m2, 20 ha de terre en culture, une érablière de 10 ha, un kiosque de vente et une maison de ferme récente. Le vendeur est très motivé. Comme ses enfants ne souhaitent pas prendre la relève, il cherche un acheteur qui veut assurer la continuité de son entreprise. Il se dit flexible en ce qui concerne les modalités d’achat.

L’ambitieux projet a été soumis pour analyse à Claude Robitaille, directeur régional des Centres de services de L’Assomption et Saint-Eustache de La Financière agricole du Québec.

Le prix convenu satisfait à la fois le vendeur et l’acheteur. La mise en marché de l’entreprise est bien établie et offre un bon potentiel de rendement. Celle-ci pourrait également prendre de l’expansion, soit en ajoutant la culture de fraises ou en faisant l’exploitation de l’érablière.

L’entreprise est située de façon stratégique, ce qui permet un bon achalandage au kiosque du bord de la route. En augmentant la gamme de produits détaillés puis en offrant également de l’espace tablette à d’autres producteurs, il serait possible de prolonger la période d’activité du kiosque et d’augmenter les revenus qui en découlent. La proximité de la nouvelle entreprise et le fait que ses activités seraient complémentaires à celles de leur ferme actuelle permettraient aux producteurs d’effectuer des économies d’échelle à la fois sur le plan de la production et de l’utilisation des infrastructures. Il serait également possible de louer la maison de ferme et d’en tirer un revenu additionnel.

« Il s’agit d’un projet dont le niveau de risque est modérément élevé, dit M. Robitaille. La formation de la productrice et le fait qu’elle a démontré une saine gestion de l’entreprise de grande culture avec son conjoint nous porte à croire qu’elle aurait la capacité de gérer une nouvelle entreprise. »

« Ce qui rend le projet d’autant plus intéressant, c’est que tout est déjà en place, ajoute-t-il. Il n’y a pas de surprises de construction et plus de 80 % de la production est en fait vendue sur place.»

Solution
Comme Louise n’avait pas de mise de fonds, il a fallu négocier les modalités de la transaction afin d’en permettre le financement. Le vendeur a accepté qu’un versement initial de 400 000 $ soit fait lors de la transaction et que le solde soit payé en trois versements de 40 000 $ à compter de 2010 et se terminant en 2012. Cette entente a permis de réduire la pression sur le service de la dette au départ. Le défi pour Louise sera de s’assurer que la capacité de remboursement de l’entreprise augmentera avec les années pour faire face aux versements qui viendront s’ajouter à partir de 2010.

La Financière agricole du Québec a pour sa part accepté de garantir la totalité du financement. La prise de garantie se fera à la fois sur les actifs de la nouvelle entreprise et certains actifs de la ferme céréalière. Le prêt sera octroyé par l’institution financière de Louise et Jacques, selon l’entente négociée entre le vendeur et l’acheteur.

Après cet achat, Louise sera considérée comme étant une exploitante à temps plein. Comme elle possède une formation et une expérience pertinentes, elle bénéficiera d’une subvention à l’établissement de 40 000 $ qui servira au développement de la nouvelle entreprise. De plus, le taux d’intérêt payé sur la quasi-totalité du financement ne pourra dépasser 5 % pour les cinq premières années. L’entreprise sera donc moins vulnérable aux fluctuations des taux d’intérêt pour cette période cruciale que représentent les premières années d’un projet d’établissement.


*nom fictif




SITUATIONS PERSONNELLE DE LOUISE

Copropriétaire de la ferme avec son conjoint, Jacques;
Deux enfants âgés de 6 et 8 ans;
Formation en horticulture.


SITUATIONS FINANCIÈRE

ACTIF TOTAL : de plus d’un million $ :
Revenus : 356 500 $
Charges totales (Ratio des charges : 69 %) 245 985 $
Bénéfices d’exploitation : 110 515 $


PASSIF TOTAL :621 000 $
Remboursements capital et intérêts : 66 500 $
Durée moyenne pondérée : 12 ans


LE PROJET DE LOUISE

Achat d’une entreprise maraîchère : 520 000 $

Conditions d’achat :
À la signature du contrat 400 000 $
Une tranche payable le 1er octobre 2010 40 000 $
Une tranche payable le 1er octobre 2011 40 000 $
Dernière tranche payable le 1er octobre 40 000 $

Financement du montant total de 520 000 $ :
400 000 $ sur 20 ans
120 000 $ sur 15 ans (préautorisé, mais déboursé qu’à partir de 2010)

Revenus projetés de l’entreprise (2012) :
Vente de produits 145 000 $
Kiosque 10 000 $
Location de maison 12 000 $
Location partie agricole 2 000 $
Total : 169 000 $
   
Dépenses d’exploitation (71 % des ventes de produits) 103 000 $
Excédent 66 000 $
   
Service de la dette (520 000 $) 50 150 $
Bénéfice net : 15 850 $

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