Au moment d’écrire ces lignes, en janvier 2008, le prix des grains était très intéressant. Dans le marché, on voyait l’avenir avec optimisme, notamment les producteurs céréaliers. Par ailleurs, en raison de l’effervescence du marché des grains qui en augmente la demande, le prix des intrants, particulièrement celui des fertilisants, est aussi à la hausse.
 
Dans le cadre de cette situation, comment réagir? Faut-il diminuer la fertilisation pour baisser les coûts de production?

Ou alors conserver notre philosophie de fertilisation et voir nos coûts de production augmenter? Voilà deux questions que plusieurs producteurs et conseillers agricoles se posent.

Pour bien fertiliser les cultures, il est essentiel de surveiller plusieurs éléments nutritifs tels que décrit dans l’édition de janvier 2007 du Coopérateur agricole (voir l’article « La nouvelle classification des éléments fertilisants » par Lofti Khiari, Ph. D.). Dans le présent article, nous allons étudier le cas du maïs grain. Pour en obtenir une récolte abondante, il est essentiel que la culture démarre bien et qu’elle soit exempte de carences. Si les apports de P, K, Mg, Zn, Mn, B, S, Ca sont bien équilibrés, l’azote va devenir l’élément moteur du rendement. On sait que le maïs est une plante qui utilise bien l’azote et qu’il est directement lié au rendement. Pour bien fertiliser le maïs en azote, il faut considérer les paramètres suivants : précédents culturaux, matière organique et apports d’engrais organiques. L’azote de synthèse est utilisé pour combler les besoins. Il représente aussi l’investissement majeur de la fertilisation du maïs.

La ferme de recherche Techno Champs effectue, sur deux sites, des essais de fertilisation azotée à chaque année sur plusieurs répétitions. De nombreux hybrides adaptés à la région sont utilisés et les doses d’azote varient de 80 à 240 kg/ha selon les années (80, 90, 120, 150, 160, 180, 200, 210, 240).
 


Les essais sont effectués sur des précédents culturaux de céréales ou de maïs dans des champs où il n’y a pas d’apports d’engrais organiques. Le but est d’évaluer la réponse du maïs à l’azote. On cherche aussi à vérifier qu’il n’y a pas d’interférence sur le rendement avec des sources organiques, disponibles sur de longs termes et qui sont moins prévisibles. Les données de rendements relatifs ont été compilées pour la période s’échelonnant de 2002 à 2007 (voir le graphique). Avec ces données, nous avons voulu trouver la dose économique optimale (meilleure rentabilité à l’hectare) par rapport au prix de la récolte et du coût de l’azote. Voici quatre scénarios (pages 55 et 56) qui simulent la saison 2008 en fonction des résultats obtenus à la Ferme Techno Champs à Saint-Hyacinthe. Évidemment, ces résultats devraient être considérés pour des conditions de croissance et climatiques qui s’apparentent à celles de la région de Saint-Hyacinthe.

Selon les résultats obtenus, un producteur dont l’historique de rendement est de 8 t/ha devrait viser une fertilisation de 160 kg/ha. Celui dont l’historique est de 10 t/ha devrait tendre vers les 180 kg d’azote et celui dont l’historique est de 12 t/ha devrait avoir un programme de 190 kg d’azote.

Selon les résultats obtenus, un producteur dont l’historique de rendement est de 8 t/ha
devrait viser une fertilisation de 180 kg/ha. Celui dont l’historique est de 10 t/ha devrait tendre vers 190 kg d’azote et il en est de même pour celui dont l’historique est de 12 t/ha.

Selon les résultats obtenus, un producteur dont l’historique de rendement est de 8 t/ha devrait viser une fertilisation de 150 kg/ha. Celui dont l’historique est de 10 t/ha devrait
tendre vers 170 kg d’azote et celui dont l’historique est de 12 t/ha devrait avoir un
programme de 180 kg d’azote.

Selon les résultats obtenus, un producteur dont l’historique de rendement est de 8 t/ha devrait viser une fertilisation de 160 kg/ha. Celui dont l’historique est de 10 t/ha devrait
tendre vers 180 kg d’azote et celui dont l’historique est de 12 t/ha devrait avoir un
programme de 190 kg d’azote.


Comme nous pouvons le constater, la fertilisation azotée du maïs peut varier en fonction des objectifs de récolte, du coût de l’azote et du prix anticipé de la récolte. Bien entendu, le potentiel de rendement est différent d’un champ à l’autre en fonction de paramètres tels que l’égouttement, la compaction, le niveau de fertilité, la texture de sol, le précédent cultural et le pH. La date de semis a aussi un impact majeur sur le potentiel de rendement.
 
Avec les biotechnologies offertes aujourd’hui, nous pouvons aussi semer des hybrides autoprotégés contre les insectes (pyrales, chrysomèles) qui permettent d’assurer un bon rendement. Inutile de rappeler qu’il faut toujours considérer la matière organique, le précédent cultural et les apports d’engrais organiques pour bien doser la fertilisation azotée du maïs. Il est important de se rappeler que les résultats présentés dans cet article proviennent de la région de Saint-Hyacinthe et qu’ils ne peuvent s’appliquer que dans des conditions comparables.


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