En 1958, Jean Lesage devient chef du Parti libéral du Québec. Le pape Pie XII décède à l’âge de 82 ans pendant que Madonna Louise Veronica Ciccone et Michael Jackson voient le jour aux États-Unis. Dickie Moore guide le Canadien de Montréal à une nouvelle conquête de la Coupe Stanley. Et à Plessisville sont plantés les germes du Festival de l’érable…

Cinquante ans plus tard, alors que dans tous les coins de la province pullulent les festivals, le rendez-vous annuel de Plessisville peut se targuer d’être le second plus vieil événement du genre au Québec, après le Carnaval de Québec.

« Contrairement à d’autres, il n’a jamais fait relâche, observe Mélanie Houle, coordonnatrice du Festival de l’érable depuis cinq ans et qui a complété cet hiver des recherches sur le cheminement de cette activité au fil des ans. Bien sûr, il a évolué, a connu des hauts et des bas, mais il est toujours resté actuel, avec des activités rassembleuses. C’est un festival simple et plein de vie comme la population locale. »

Plessisville étant le port d’attache de Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d’érable, il ne faut pas s’étonner de la voir intimement liée à l’émergence et à l’évolution du Festival de l’érable.
À l’origine, c’est la Chambre de commerce locale qui parraine l’activité. Mais c’est Citadelle qui lui en a soufflé l’idée. La coopérative cherche alors à soupeser l’intérêt d’un événement rassembleur autour des produits de l’érable.

Elle songe certainement, en toile de fond, à donner la réplique à une ville américaine, Chardon, en Ohio, qui reprend alors d’année en année pareille initiative. Le Geauga County Maple Festival – qui existe toujours – se tient dans cette localité américaine de quelque 5000 âmes. Plessisville, quand on compte à la fois sa paroisse et sa municipalité, est bien plus populeuse et est le fief de Citadelle, principal transformateur mondial de sirop d’érable.

Partie de sucre
« En 1958, l’événement à Plessisville a été une grosse partie de sucre, décrit Mme Houle, à laquelle assistent surtout des dignitaires et des représentants de l’industrie. L’événement se déroule sur deux jours et comprend un important banquet auquel participe une importante délégation du ministère de l’Agriculture. Nous considérons aujourd’hui cette rencontre comme les balbutiements du Festival de l’érable. Car c’est vraiment en 1959 que le rendez-vous prendra de véritables airs de festival avec des activités familiales. Mais la partie de sucre, qui permet d’évaluer la première cuvée de sirop d’érable de l’année, demeure le cœur de l’événement autour duquel est structurée la programmation. »

Dès cette première édition officielle de 1959, une société indépendante est mise en place, composée naturellement de leaders de la Chambre de commerce locale et de Citadelle.

Si pour le cinquantième anniversaire de ce rendez-vous, du 1er au 4 mai prochain, sa directrice générale, Geneviève Turcotte, fixe à 25 000 l’affluence espérée – ce serait une amélioration importante comparativement aux habituelles foules de 20 000 à 22 000 personnes qui ont envahi l’endroit au cours des récentes années –, le festival a déjà connu des participations autrement plus enviables.

Il y avait foule
« Dans les années 60 et 70, rapporte Mme Houle, le Festival est à son zénith, vraisemblablement parce que c’est une époque où il est l’une des rares manifestations populaires dans les Bois-Francs. Le couronnement de duchesses, de reines et même de rois du festival y est alors pour beaucoup. D’abord, l’événement s’étend sur plusieurs mois, de janvier au début mai. Il comporte entre autres cinq soirées où des duchesses sont couronnées. Et la grande consécration de la reine du Festival, qui a lieu en plein air, regroupait à elle seule entre 8000 et 10 000 personnes. L’organisation s’appuyait sur 20 comités et certains exposants, qui venaient faire connaître les produits de leur entreprise, peuvent dire aujourd’hui que le Festival leur a servi de tremplin. »
 
Afin de mieux faire connaître toute la complexité relative à la transformation des produits d’érable, un groupe d’acériculteurs est sur place et reconstitue les étapes nécessaires au processus d’élaboration des produits d’érable.

Le concours du Grand Maître Sucrier fut une autre initiative qui collabora à la renommée du Festival. Cette compétition fut instaurée dès les premiers pas de l’événement. Un jury déterminait, suivant un système de pointage, la qualité des sirops d’érable que lui présentaient des acériculteurs – il y eut ultimement jusqu’à 13 catégories de produits d’érable – et l’originalité de leur emballage. Les candidats venaient de partout au Québec et même du Vermont. L’activité a été abandonnée en 2003 quand l’Institut québécois de l’érable, qui veillait à sa bonne marche et le finançait depuis dix ans, a été dissous.

« Nous envisageons de la relancer avec le concours de Citadelle, indique Geneviève Turcotte, en nous en tenant au sirop d’érable. Nous songeons à un processus où les régions du Québec délégueraient chacune un représentant choisi lors d’une sélection préalable. »

L’an dernier, cependant, le Festival de l’érable a introduit un nouveau concours en demandant aux acériculteurs d’apporter des échantillons de leur sirop, transformé en beurre d’érable durant l’événement. Il s’en est suivi une dégustation et un prix a couronné le produit le plus apprécié.
Une vingtaine de producteurs ont répondu à cette invitation sans qu’aucune véritable publicité ne l’entoure. Cette initiative sera reprise pour le 50e.

L’aréna
Le terrible Capitaine Jack et sa bande de flibustiers amusent les enfants toute la fin de semaine avec leurs
histoires de chasse au trésor et leurs chansons.

Il y a cinq ans, les organisateurs du Festival ont fait de l’aréna Léo-Paul Boutin, de Plessisville, le quartier général de l’activité. Ils dressent également un chapiteau de 31 mètres sur 46 mètres (100 pieds sur 150 pieds) sur le terrain de la polyvalente, voisine de l’aréna. Précédemment, divers lieux avaient accueilli l’événement annuel dont le stade municipal et le Carrefour de l’érable. Auparavant, le rassemblement s’établissait dans une érablière des environs, laquelle disposait d’une salle de spectacle. L’endroit appartenait en propre au Festival et l’exploitation des lieux en vint à devenir trop lourde financièrement et on l’abandonna.

« En entrant à l’aréna, on se méprendrait, dit Mme Turcotte. En humant l’air, on a l’impression d’entrer dans une cabane à sucre. C’est le résultat des démonstrations qui y ont lieu sur la méthode de transformation du sirop d’érable. »

Citadelle, toujours
Tout au long de ces cinquante années festives, Citadelle n’a jamais fait faux bond à l’événement dont elle avait suggéré l’avènement. Fourniture de produits, d’emballages-cadeaux et de commandites, mise à profit de ses ressources humaines et professionnelles et de ses contacts avec ses sociétaires, participation de son personnel et suggestion de concepts : son apport a été constant.

Et cette année, le festival renoue avec la tradition de nommer un président d’honneur, qui n’est nul autre que Raynald Baril, le président de Citadelle. Le choix allait de soi puisque celui qui vient de succéder à René Arès à la tête de la coopérative est également un acériculteur de la région; M. Baril possède une érablière à Saint-Pierre-Baptiste, située à une douzaine de kilomètres au sud de Plessisville.

« L’apport le plus récent de Citadelle à notre cheminement est certes le développement de toute la gastronomie liée à son nouveau réseau de bistros boutiques, évoque Mélanie Houle.

Elle ouvre ainsi un nouveau volet qui permet de renouveler et d’élargir notre clientèle afin d’illustrer que le sirop, c’est bien davantage qu’une canne! Notre circuit agroalimentaire à l’intérieur de l’aréna permet de déguster une vingtaine de plats différents à base d’érable. »
 
Plusieurs spectacles sont offerts, regroupant des artistes de la région et des artistes de renoms.

Ayant remarqué la popularité grandissante des VTT auprès des acériculteurs, des courses de niveau provincial sont
organisées chaque année attirant une foule de tous âges.




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