C’est finalement le confort d’une maison neuve qui l’a emporté chez Serge Boivin et Annie Lévesque, de la Ferme Juar. La vieille maison centenaire aurait été trop coûteuse à retaper.


?Les belles et vieilles maisons rattachées aux fermes du Québec sont nombreuses. Elles y sont depuis plus de 100 ans, 200 ans, parfois plus. Elles font partie du patrimoine familial et historique de nombreux villages québécois. Bien sûr, plus elles sont vieilles, plus elles demandent d’entretien. C’était le cas de la maison de Serge Boivin et Annie Lévesque, de Coaticook.

Une décision mûrement réfléchie
Tout a commencé, début 2004, par les fenêtres. Il fallait les changer. Mais tant qu’à en installer de
nouvelles, pourquoi ne pas rénover complètement la maison? C’est qu’elle coûtait très cher à chauffer l’hiver, soit près de 4000 $ de mazout et une vingtaine de cordes de bois par année.

L’idée première était donc de restaurer la maison ancestrale, qui a vu passer six générations de Boivin, dont la toute dernière, les trois filles de Serge et Annie, Chloé, Clara et Sabrina. Amoureuse des antiquités et de la chaleur des vieilles maisons, Annie était attachée à cette belle d’autrefois, ce genre de maison qu’on habite et qui nous habite par son âme, son ambiance particulière.

Donc, va pour la rénover. Mais une fois les plans et devis de l’architecte livrés, la décision s’imposait d’elle-même : la rénovation, pour ne pas dire la restauration de la centenaire aurait coûté plus cher que le prix d’une maison neuve, plus petite, mais plus fonctionnelle. Et c’est sans compter les mauvaises surprises, souvent nombreuses quand on s’attaque à une rénovation de fond en comble. L’hypothèse d’une construction neuve faisait donc du chemin.

Annie et Serge ont finalement choisi de faire le deuil de la vieille maison, qui sera démolie l’été prochain. Un vrai deuil, triste et déchirant. Heureusement, les parents de Serge, Julienne et Armand, ont donné leur aval pour prendre cette décision chargée d’émotion. « C’est un peu comme quand le Canadien a quitté le Forum pour aller au Centre Bell, explique Serge. Ils ont peut-être réussi à déménager une partie des fantômes du vieux Forum, mais certainement pas tous! » Bien des souvenirs resteront rattachés à cette ancienne demeure, quittée avec un pincement au cœur.

Une maison du 21e siècle
Tant qu’à repartir en neuf, mieux vaut bien faire les choses. Pour s’assurer que chaque pièce de la nouvelle maison pourrait accueillir leurs meubles, Annie s’est gréée d’un logiciel de visualisation en trois dimensions des pièces de la maison. En entrant, dans le logiciel Punch! Home Design, les mesures de ses meubles et les dimensions de la maison, elle a pu imaginer l’harmonie des lieux et modifier les plans de la maison en conséquence de l’ameublement. Certains murs ont donc été tassés d’un pied ou deux pour mieux faire place au mobilier.

Dans un souci d’économie d’énergie, la maison a tout de suite été orientée plein sud. La présence de larges fenêtres sur sa façade favorise ainsi le chauffage passif de la maison l’hiver. Les fenêtres ont été choisies parmi la gamme de la compagnie beauceronne Abritek (voir encadré), qui fabrique entre autres des fenêtres tout PVC éconergétiques certifiées Energy Star (programme de Ressources naturelles Canada).

Annie et Serge ont aussi fait le choix d’un système de chauffage climatisation géothermique pour leur nouveau domicile. Le système de géothermie permet de chauffer la maison l’hiver et la climatiser l’été. La présence sur le terrain de deux puits artésiens désaffectés a offert la possibilité de diminuer les coûts du projet, puisqu’on les a mis à profit en y plongeant les tuyaux de fluide échangeur de chaleur. Rappelons que la géothermie exploite l’énergie naturellement présente de la terre. À une profondeur de trois mètres ou plus dans le sol, la température demeure constante à longueur d’année (5-7 °C). Cette chaleur (ou fraîcheur) permet donc de réchauffer (ou rafraîchir) le climat des maisons.

Une fois installé, le système géothermique coûte très peu à opérer et se distingue par sa facilité d’entretien : on change un filtre à air de la pompe géothermique une fois par année et c’est tout. Il représente aussi une solution environnementale puisque les émanations de gaz à effet de serre sont plus faibles comparativement à l’ancien système de chauffage à l’huile. Bien que plus coûteux à l’installation, le retour sur l’investissement devrait se faire sentir d’ici 10 ans, surtout si le prix de l’énergie, l’électricité notamment, continue de gonfler.

Autres caractéristiques de leur demeure flambant neuve : plutôt que d’augmenter la superficie en armoires dans la cuisine, les nouveaux propriétaires ont opté pour un placard praticable (walk-in) dans la cuisine, qui représentait une dépense moins grande que des armoires supplémentaires.

Aussi, parce que les vents d’hiver viennent de loin à Coaticook sur leur button, Serge voulait absolument un garage. Orienté dos au vent, le garage intégré à la maison fait donc le bonheur de ses mains qui gelaient à gratter le pare-brise!

Faire équipe
C’est cliché, mais pour la bonne marche du projet, la communication entre les futurs propriétaires, l’entrepreneur en construction et les fournisseurs fut primordiale. C’est ainsi qu’un entrepreneur peut réussir, grâce à des réunions de chantiers hebdomadaires, à livrer une habitation en aussi peu de temps que deux mois, comme dans le cas présent.

Faire affaire avec sa coopérative agricole pour lui fournir ses matériaux de construction, c’était tout naturel pour Serge Boivin, qui occupe d'ailleurs la présidence de La Coop des Cantons. Bien sûr, la ristourne en fin d’année n’y est pas étrangère, mais Serge et Annie ont en outre apprécié les conseils avisés et la présence régulière sur le chantier de la directrice des matériaux de sa coop, Hélène Caron. Les autres grands fournisseurs de matériaux et quincaillerie n’en font pas autant. Surtout pas se déplacer à domicile!



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