On peut faire d’une étable neuve non pas une dépense nette, mais bien un investissement judicieux et productif permettant d’augmenter les revenus. La famille Belval de la Ferme Belvaldale de Sainte-Hélène-de-Bagot
nous dit comment.


Quand on entre dans l’étable de Gérard et Francine Belval et de leurs fils, Francis et Kevin, c’est toute l’histoire laitière du Québec qui nous saute aux yeux.

Il y a d’abord la laiterie, ultramoderne, immaculée, au plancher de céramique; un vrai décor d’hôpital! Un corridor tout aussi blanc où se trouvent divers contrôles électroniques d’ambiance (ventilation et température) mène ensuite à la vieille étable. Retour en 1961, dans cette ancienne étable à combles français (toiture à quatre faces), très bien entretenue, qui loge les génisses.

La visite nous conduit par la suite en 1981, dans une construction de 11 mètres sur 49 (36 pieds sur 160), qui abrite des vaches fraîchement vêlées et des vaches taries. Déjà à cette époque, les Belval avaient opté pour des murs et un plafond recouverts de tôle blanche, facilement lavable.

Puis, tout au bout, on pénètre dans une étable à stabulation libre de 13 mètres sur 27 aménagée en 2000 pour loger les taures gestantes et non gestantes, un bâtiment à ventilation naturelle qui rend justice à l’importance du confort pour les futures productrices.
 

Enfin, voilà le regard qui se perd dans une nouvelle étable à stabulation entravée – 13 mètres sur 27! – à laquelle ils ont mis la touche finale en 2006. Une étable de haute ingénierie pouvant loger 100 vaches en lactation, finement conçue sur la table à dessin et érigée en partie par les Belval.

Quatre types d’étables, quatre époques. Quand c’est Camille Belval, le père de Gérard, qui trayait les vaches dans la première étable, ces dernières n’avaient pas besoin de plus de 1,5 mètre (60 pouces) de longueur de stalle pour le confort des pattes. En 1981, quand Gérard et Cyrille, son frère, ont décidé de construire une nouvelle vacherie, la longueur des stalles est passée à 1,8 mètre. Puis en 2006, dans la nouvelle construction, on a prévu offrir aux vaches 2 mètres, grosses vaches obligent!

Le goût du neuf
Les étables neuves ne doivent pas être envisagées seulement sous l’angle des dépenses puisqu’un bâtiment confortable permettra d’augmenter la productivité autant des animaux que des travailleurs, ce qui compensera en partie les coûts d’une nouvelle construction.

Et vous connaissez la chanson : « Dans cette étable, qu’y travailler est charmant… » À travailler dans un environnement hautement fonctionnel, propre et spacieux, la motivation ne s’en trouve que rehaussée.

Commençons par l’exceptionnelle fenestration de cette étable. Les fenêtres de 1,2 mètre sontespacées aux 1,8 mètre, ce qui permet un éclairage naturel agréable autant pour les animaux que pour les personnes.

Nos éleveurs ont décidé d’installer des tapis confortables non seulement sous les vaches, mais également dans les allées pour sécuriser les vaches lors des déplacements ainsi que pour le confort des travailleurs.

La douzaine de trayeuses à retrait automatique sont trimballées d’un bout à l’autre de la ferme grâce à un système de rails suspendus. Quand on trait près de 120 vaches (quota de 122 kilos), ce n’est certes pas un luxe.

Les allées d’alimentation de 3 mètres ont été conçues suffisamment larges pour permettre la manutention éventuelle de grosses balles carrées (qui sait, elles seront peut-être la norme dans 20 ans) et faciliter la conduite du gros chariot motorisé de ration totale mélangée. Des portes de garage au bout et au centre simplifient d’autant les opérations quotidiennes.

Et ça respire bien dans cette étable. Les plafonds plats très hauts (en moyenne de 3 mètres) assurent une bonne ventilation, qui est de type tunnel. Les fermes de toit ont été conçues pour garantir la portance de la toiture sans l’aide de poteaux intérieurs.

En érigeant une nouvelle bâtisse pour loger le troupeau en lactation, les Belval libéraient ainsi de
l’espace dans l’autre étable, leur permettant d’y aménager de vastes parcs de vêlage dans lequel les vaches peuvent se dégourdir les pattes pendant un mois (deux semaines pré et postvêlage). La traite est même possible à même le parc de vêlage puisque le lactoduc s’y rend.

Et oui, même si les bâtiments sont tous d’âges différents, ils s’harmonisent très bien ensemble sur les plans fonctionnel (notamment les jonctions intérieures) et esthétique (tôle extérieure noire et blanche partout).

Parlons chevrons

Que vous disiez chevrons, truss ou fermes de toit, Marc Fecteau de Toitures Fecteau vous comprendra très bien. Cet industriel de Saint-Benoît-Labre, tout près de Saint-Georges en Beauce, fait dans les fermes de toit depuis 1975. À l’usine, les plus récentes technologies de dessin technique sur ordinateur, de découpe automatisée, de marquage et d’assemblage au laser sont utilisées pour produire une commande en moins de quelques jours, que les chevrons se destinent au secteur résidentiel, industriel, commercial ou agricole. Livraison incluse!

Les fermes de toit préfabriquées, oubliez ça. Chaque client reçoit des chevrons sur mesure construits selon ses spécifications (largeur du bâtiment, type de revêtement de toit, etc.) et les conditions climatiques propres à la région (vitesse des vents, quantité de précipitations sous forme de neige et de verglas, etc.). À chaque projet sa portance, soigneusement calculée, et son design particulier.

De nos jours, les éleveurs optent beaucoup plus pour des étables à plafond plat et haut plutôt qu’à plafond cathédral. Les pentes de toit sont généralement de 5:12, ce qui facilite le glissement de la neige en hiver et limite la résistance du bâtiment aux vents violents.
 
Sylvain Belval
Les Belval, tatoués coop

Aussitôt qu’ils ont un projet, les Belval se rendent à leur coopérative pour faire valoir leurs besoins. Sylvain Belval, directeur des matériaux, et son équipe de La Coop Sainte-Hélène sont à même de leur offrir leur précieuse expertise en matière
de construction de bâtiments dédiés à l’élevage, ce que ne pourraient pas faire d’autres quincailleries non spécialisées en agriculture.
De plus, les Belval n’ont pas à faire le voyage vers Saint-Hyacinthe ou Drummondville pour trouver les matériaux dont ils ont besoin.
Leur coop, enracinée dans son milieu, brille par sa proximité. Enfin, la ristourne représente environ 1 % des dépenses en quincaillerie et matériaux d’un gros projet; pourquoi s’en passeraient-ils?


Projection dans l’avenir
Dans les projets d’avenir, les Belval songent à acheter des terres supplémentaires, à améliorer la génétique de leur troupeau et à informatiser l’entreprise. Ah oui… et à acheter encore du quota laitier. Donc, possiblement, à construire d’autres étables…

Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés