Roger* et sa conjointe Karine* se sont servis de leur petite maternité de 150 truies comme levier financier pour en acheter une seconde de 300 truies avec engraissement. Ils ont amélioré la rentabilité de cette entreprise en augmentant la productivité et en abaissant les coûts variables d’alimentation. Malgré le contexte défavorable de l’industrie porcine, ils ont su demeurer profitables en ayant recours à
différentes stratégies dont, entre autres, la mise sur pied de programmes de recherche et de développement. Aujourd’hui, leur exploitation affiche un excédent monétaire de plus de 13 % année après année, ce qui est nettement supérieur à la moyenne.

*noms fictifs

Le couple a été parmi les premiers clients à franchir le seuil de la porte du bureau de Luc Béland, agronome et directeur de compte à l’époque, pour la Banque Laurentienne. En 1996, le couple n’avait qu’un petit emprunt avec Luc, pour un camion de ferme, mais ils rêvaient d’un plus gros projet. Roger était partenaire minoritaire d’un établissement naisseur-finisseur de 300 truies et il désirait racheter les parts de ses deux associés. Et, si Roger n’a pas été pris au sérieux par ses collègues, il en fut tout autre par son banquier. Aujourd’hui, vice-président des centres de financement agricoles, Luc Béland se souvient de la surprise des deux actionnaires lorsque l’offre d’achat leur a été présentée.

« Ç’a été tout un défi de monter la structure financière, dit M. Béland. On s’est servi, comme levier financier, de l’équité de la petite maternité de 150 truies que Roger avait mise sur pied avec sa conjointe tout en travaillant à l’extérieur et qui valait quelques centaines de milliers de dollars. En ajoutant un deuxième partenaire financier, La Financière agricole du Québec, on a pu allonger la période d’amortissement de leur prêt et leur donner un fonds de roulement qui réponde aux besoins d’une jeune entreprise. »

Bilan positif
En opération depuis douze ans, l’entreprise de Roger et Karine a toujours été en bonne santé financière, explique M. Béland. « Ils ont respecté la règle d’or qui est d’améliorer le volume d’activité de l’entreprise et de baisser les dépenses. En augmentant ainsi l’équité, ils ont également augmenté leur capacité d’emprunt, soit pour réinvestir dans l’exploitation ou y apporter les améliorations nécessaires. »

« Les entreprises qui grossissent uniquement par l’endettement sans une réelle rentabilité sont vouées à l’échec, poursuit le vice-président. En production porcine, il ne faut pas baisser en bas de 40 à 45 % l’équité sans une bonne profitabilité. Un endettement trop élevé limite la progression d’une ferme, fragilise son avenir et la condamne à l’excellence continue. »

Équipe multidisciplinaire
Roger dit que le meilleur conseil qu’il ait reçu est celui d’investir dans une équipe multidisciplinaire. À son banquier – le catalyseur du groupe – s’est joint un représentant de La Financière agricole du Québec, puis un vétérinaire, un agronome en gestion, un agronome en alimentation et un comptable. L’agronome en gestion, selon M. Béland, a été un facteur de succès important dans la réussite de l’entreprise. « Les quelques milliers de dollars dépensés pour avoir ses conseils judicieux chaque mois ont permis à Roger et Karine d’aller chercher plusieurs dizaines de milliers de dollars en revenus additionnels pour leur entreprise en se servant de véhicules auxquels ils
n’auraient jamais songé », d’après M. Béland.

« Plusieurs producteurs se privent de revenus qui peuvent atteindre 50 000 $ à 100 000 $ selon les programmes de recherche et développement », ajoute-t-il. Le producteur doit se consacrer à la productivité de sa ferme et faire confiance à ses partenaires. Dans le cas de Roger et Karine, le couple n’a pas hésité à embaucher des gens qualifiés pour la mise en place de certains projets qui demandaient des connaissances techniques.

Roger et Karine ont fait preuve d’une très grande ouverture d’esprit à chaque étape du développement de l’entreprise. Les solutions et conseils apportés par l’équipe multidisciplinaire ont eu un impact considérable sur leur exploitation, tant au chapitre de la productivité que de la rentabilité. Aujourd’hui, ils ont raison d’envisager l’avenir avec confiance et optimisme.


Profile
Couple dans la trentaine;
Les trois enfants ne travaillent pas dans l’entreprise.

Facteurs de succès
Mise en place d’une équipe multidisciplinaire;
Augmentation de la productivité de 18 à 24 porcelets;
Diminution des dépenses de l’entreprise de 10 %;
Source de revenus additionnels : mise en place d’un programme de recherche et de développement;
Construction d’une deuxième porcherie d’engraissement pour le surplus de porcelets;
Meilleur contrôle des frais variables.



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