Par année, les frères Pierre et Raymond Caron de la ferme Karona peuvent accueillir jusqu’à 800 visiteurs, la plupart des éleveurs laitiers. Le 13 mars dernier, des membres de Groupe Dynaco, suivis d’un groupe organisé par La Coop des Appalaches ont marché l’étable et fait le tour d’un troupeau reconnu pour sa haute valeur génétique.


Le troupeau Karona se développe de manière intensive depuis 25 ans. En tout 170 têtes composent le troupeau dont 18 Excellentes (EX) et 51 Très Bonnes (TB). De ces vaches, 42 sontprésentement en lactation et 25 sont sur un programme de transplantation embryonnaire. La plupart, soit 94 %, porte le préfixe Karona. Le dernier relevé de lactation affiche une production moyenne de 12 800 kg de lait. L'entreprise possède un quota de 55 kg. La génétique et la vente d'embryon constitue donc les deux principaux revenus de la ferme. À l’entrée de l’étable, une précieuse donneuse d’embryons : Karona Lhéros Kamay, classée TB, est arrivée première dans la classe 2 ans à l’Expo-Québec de 2006. Son rendement a été évalué à 12 600 kilos de lait en première lactation. Un peu plus loin : Karona Emerson Bonnie, EX, cumulant 92 points, mère du très populaire et convoité taureau Karona Bonair. Aucun animal ne passe inaperçu.

La largeur des stalles, 1,83 mètre (6 pieds), témoigne de l’allure générale du troupeau. Fourche à la main, Raymond prendra le temps de présenter chacune des vaches et d’en souligner les particularités. La qualité du troupeau s’appuie sur des croisements dont les sujets proviennent de généalogie éprouvée. « Toutes nos vaches sont issues de multiples générations – entre 8 et 15 – de mères qualifiées Très Bonnes ou Excellentes, insiste Pierre. C’est notre philosophie d’élevage, notre manière de nous démarquer. » Un troupeau uniforme, bien balancé qui attire l’œil autant par la conformation des sujets que par leur performance laitière. Fait remarqué des visiteurs : la robe rouge et blanche de quatre vaches. « Elles sont de plus en plus demandées en Europe », nous renseigne Raymond. Selon les statistiques colligées par Holstein Canada, ces rouges et blanches représentent 1,6 % du total des enregistrements.

Repères historiques
Située à Plessisville, la ferme familiale Karona existe depuis 125 ans. Le grand-père, Arsène Caron, s’est d’ailleurs qualifié à la médaille de bronze au concours de l’Ordre national dumérite agricole, en 1937. Cinquante ans plus tard, l’entreprise laitière, devenue entre-temps la propriété de Gérard Caron, sera vendue à deux de ses sept enfants, Raymond et Pierre Caron. « C’est en allant faire un tour, en 1976, à la Royal Agricultural Winter Fair de Toronto que nousest venu l’intérêt d’investir dans du bétail de haut calibre génétique », se rappelle Pierre.

La base du troupeau de race pure s’est constituée sur une période d’environ six ans. L’une des premières vaches souches qui a joué un rôle important dans le troupeau est Deslacs Klondike Julia (TB 86 4ans 10 *). Elle a donné trois filles classées Très Bonnes. Belgrove Attra Robin (EX 2e 5 *) a également été déterminante. Elle a engendré 21 filles du troupeau, dont six classée Excellentes et quinze Très Bonnes. Outre leurs sujets d’élevage, les frères Caron trouvent judicieux d’introduire des embryons provenant de l’extérieur. Ce fut le cas notamment des familles Ashlyn et Promise.

De gauche à droite : Raymond Caron et son frère Pierre, Jorden Le Hir, Odrey Caron, François Boutin. Absents lors de la prise de photo : Marc-André Vigneault, Pierre-Olivier et Marie-Michel Caron, (enfants de Pierre).


Lorsque les gens de La Coop des Appalaches font leur entrée dans l’espace d’accueil précédant l’accès à l’étable, Pierre prendra le temps de les saluer et d’exprimer sa fierté de pouvoir accueillir des gens de sa région. « On a souvent le réflexe d’aller visiter des fermes loin de chez nous et d’oublier celles situées à proximité. » D’entrée de jeu, l’éleveur souligne le support et la complicité des experts-conseils de la coopérative. « Nous avions des particularités en matière de distributeur d’aliments et de concentrés, explique Pierre. Notre distributeur possède quatre compartiments seulement et nous ne voulions pas le changer. Ils ont été à l’écoute de nos besoins et ont formulé les rations en conséquence. »

L’alimentation est surtout constituée de foin enrobé, pratiquement sec, et la dose quotidienne de concentrés se limite à 15 kilos par tête. Les vaches ont ainsi droit à six repas par jour. De la mélasse liquide est donnée pour stimuler la consommation de fourrage. Le troupeau possède de très grandes capacités génétiques sur le plan de sa conformation, ce qui lui permet d’augmenter les capacités physiques d’ingestion et de transformation de la matière sèche. « Les Holstein canadiennes, poursuit Pierre, ont la réputation d’être bien balancées dans toutes leurs parties. Elles ont des côtes longues et arquées qui leur confèrent une profondeur qui se distingue sur le marché international. Or, le fait d’offrir aux animaux une fibre longue permet de développer et de maintenir cette profondeur et par le fait même leur capacité d’ingestion. » À condition, bien entendu, que l’animal soit génétiquement prédisposé. Une nuance apportée par les experts-conseils en nutrition animale présents lors de la visite. Alexis Doucet, responsable du groupe des visiteurs agit à titre d’expert-conseil en alimentation auprès de ces éleveurs élite.

C’est en 2005, que Raymond prendra sa retraire de la pratique vétérinaire pour se consacrer à temps plein à la ferme.
« Nous avions des particularités en matière de distributeur d’aliments et de concentrés, explique Pierre Caron. Notre distributeur possède quatre compartiments seulement et nous ne voulions pas le changer. Les experts-conseils coop ont été à l’écoute de nos besoins et ont formulé les rations en conséquence. »

Une expertise reconnue dans plus de 20 pays
Une quarantaine de vaches et de génisses et un peu plus de sept cents embryons sont mis en vente chaque année. Lorsque les acheteurs se manifestent, précise Raymond, ce qu’ils souhaitent, en venant ici, c’est de miser sur des sujets ayant un très bon potentiel de retransmission. Or, nous avons bâti notre réputation sur une généalogie canadienne éprouvée, tant du côté maternel que paternel. Il n’est pas rare d’avoir des demandes précises de croisement, poursuit Raymond. Nous les analysons et recommandons parfois autre chose. »

Responsable de tout ce qui concerne la commercialisation, Raymond passe une grande partie de son temps à entretenir les relations avec les acheteurs potentiels. Depuis 2005, il œuvre à temps plein pour l’entreprise. « Cela fait toute la différence en ce qui concerne le suivi et les ventes, reconnaît ce vétérinaire retraité. Assisté d’une bonne équipe de travail, l’œil aguerri des frères Caron offre aujourd’hui une expertise qualifiée en matière de génétique laitière.


Nicolas Marquis et Bernard Brillant, experts-conseils à Groupe Dynaco, en compagnie de Raymond et Pierre Caron.



Commentaires…
Plusieurs éleveurs en visite cherchaient à en savoir plus sur les donneuses d’embryons du troupeau Karona. Pour d’autres, ce sont les généalogies derrière les croisements qui captaient davantage leur intérêt. La production de lait et l’alimentation utilisée par ces bêtes hautement performantes et équilibrées ont fait également partie des sujets abordés. Et puis, comme l’ont souligné deux agricultrices de passage : « C’est toujours inspirant de se comparer aux meilleurs. On revient chez soi enrichi, encouragé et plus motivé! » Il faut dire que l’environnement de cette étable est particulièrement agréable et se prête bien à la visite et aux discussions. Les employés, aussi accueillants que les patrons, nous donnaient envie de participer à la traite du soir. Hélas, il fallait repartir…


Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés