La Coopérative des producteurs d'agneaux de la Gaspésie connaît un franc succès avec un produit distinctif à cette région, l’agneau de la Gaspésie nourri aux algues qui prend officiellement sa place dans les produits haut de gamme du terroir québécois.Cet agneau se caractérise par son origine et par l’ajout d'algues à sa ration alimentaire. Il se distingue également par une alimentation sans hormones, antibiotiques ou farines animales basée sur des grains et des fourrages, non génétiquement modifiés, produits sous le climat maritime de la Gaspésie. L’élevage est dirigé par un cahier des normes (voir l’encadré) et un système de traçabilité de la bergerie à la table. Les cinq entreprises membres de la coopérative sont certifiées par le pendant non biologique de l’organisme Garantie Bio-Écocert.

« Cette façon de faire donne un agneau de qualité supérieure typiquement gaspésien, indique Manon Lelièvre, responsable du service à la clientèle à la coopérative dont les bureaux sont situés à Bonaventure. Tendreté, persillage et uniformité en matière de conformation, de poids des carcasses et des découpes sont au rendez-vous. Nous offrons un produit original de grande qualité qui comble les besoins des chefs, des restaurateurs, des bouchers et de leurs clientèles. »

Le cheptel de la coopérative se hisse à 2300 brebis reproductrices, ce qui permet de produire au bas mot 4200 agneaux par année. Tous les animaux sont élevés conformément au cahier des normes de l’agneau de la Gaspésie nourri aux algues. De ces agneaux, 30 % sont sélectionnés pour être nourris aux algues. La production totale annuelle se monterait donc à 1250 têtes.

L’agneau de la Gaspésie nourri aux algues possède une identification distinctive.
La moulée que consomment les agneaux provient de la Coopérative de la Baie des Chaleurs, à Caplan.

Les béliers reproducteurs doivent être de race Arcott Canadien ou Suffolk et être bien cotés. Une première sélection des agneaux est réalisée au sevrage et une deuxième quelques semaines plus tard. L’élevage de l’agneau aux algues nécessite une période de 40 à 50 jours à l’engraissement à partir du sevrage, plus le vieillissement de sept jours en chambre froide. C’est le meilleur des agneaux des fermes participantes qui se retrouve dans ce créneau.

« Tout a commencé en 2004, rappelle Serge Goyer, de la Bergerie La Petite Coulée de Saint-Alphonse, un des producteurs membres de la coopérative. Le conseil d'administration du Syndicat des producteurs d'agneaux et moutons de la Gaspésie-Les Îles avait alors amorcé une réflexion et une démarche dans le but de produire un agneau qui serait différent de ce que l'on retrouve sur le marché. Nous étions poussés par deux éléments : un désir d'innover et une conjoncture du marché difficile. L’objectif était bien sûr de mieux tirer notre épingle du jeu. »

« Nous voulions procéder graduellement pour ne pas brûler les étapes nécessaires à mettre en place le réseau de distribution », indique pour sa part l’agente de développement de produits de créneaux à la Fédération de l'UPA de la Gaspésie-Les Îles, Carmen Saint-Denis, qui a été d’un grand soutien dans la progression de la mise en marché et du processus de certification.

En 2005, une expérimentation sur l'alimentation des agneaux avec des algues a eu lieu au Centre d'expertise en production ovine du Québec, ainsi qu'une évaluation sensorielle de la viande d'agneau nourri avec des algues par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), Direction des pêches. Un panel de dégustation a confirmé que le produit diffère de l’agneau traditionnel du Québec. Le panel a également signalé sa préférence pour l’agneau nourri aux algues.

« La Coopérative des producteurs d’agneaux de la Gaspésie a été formée en 2005 pour offrir à ses membres des biens et services reliés au développement et à la mise en marché d'agneaux de boucherie à valeur ajoutée », indique le président de la Coopérative, Sylvain Arbour, de Les Bergeries du Margot, de Bonaventure. Les autres entreprises membres sont Ferme Lagacée et Richard, de Carleton-sur-Mer, Bergerie Patapédia, de l’Ascension-de-Patapédia et Ferme Au Trèfle mûr, de Bonaventure.
 
Un plateau de bouchées d'agneau
de la Gaspésie nourri aux algues.

La coopérative s’affaire alors à créer des liens avec des partenaires pour l'abattage des agneaux, la découpe et pour la distribution qui s’amorce, elle, au début de l’année 2007. Les marchés ciblés sont la restauration de haute gastronomie et les boucheries spécialisées du Québec. Le Gîte du Mont-Albert du Parc national de la Gaspésie a été le premier établissement à servir l'agneau nourri aux algues. Le produit a aussi trouvé preneur à de nombreux endroits en régions. Pensons au kiosque de la Ferme Bourdages et fils, situé à Saint-Siméon-de-Bonaventure, Le Marché des Saveurs de Gaspé ainsi qu’à L’Épicerie fine Alexina de Grande-Rivière. Dans la Baie des Chaleurs, les marchés d’alimentation l’offrent en découpes maison depuis novembre 2007.

Des démarches dans la région métropolitaine ont donné de bons résultats. Le festival Montréal en Lumière a même servi l’agneau de la Gaspésie sur ses tables dans le cadre de la Gaspésie Gourmande. Deux missions commerciales ont aussi été effectuées en septembre et novembre 2007 à Québec et Montréal afin de rencontrer des chefs cuisiniers et présenter le produit. « Notre agneau a suscité beaucoup d’intérêt, souligne Manon Lelièvre. Quelques chefs en ont fait l’essai et se sont montrés très satisfaits. » Les chefs gaspésiens, Benoît Dufour et Yan Ouellet, en ont fait un succès au Hilton Bonaventure. À Montréal, on retrouve l’agneau nourri aux algues à l’épicerie fine Les Fous de la Gaspésie, à la boucherie Les Épicurieux de L'Île-Bizard, et au marché Jean-Talon, chez Volailles et Gibiers.

Les membres de la Coopérative sont maintenant prêts à fournir du volume. Des démarches sont en cours avec des entreprises de distribution pour créer un réseau de vente pour l’agneau aux algues à l’échelle du Québec.

 

Les normes touchent différents critères d’élevage, tels que :

la luminosité;

l’espace requis pour le confort du troupeau;
le choix du bélier;
le pourcentage d’algues dans l’alimentation;
la provenance des fourrages et des grains;
l’environnement du troupeau (installation des enclos, mangeoire, abreuvoir, qualité de l’eau, température, etc.);
le transport, la manipulation des animaux et l’abattage;
le poids de l’agneau et son âge à l’abattage, le classement de la carcass
la traçabilité du produit;
la tenue de registres.

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