Plusieurs points de régie peuvent influencer le rendement des cultures. Le choix des semences, la date de semis, la fertilisation, le travail de sol et la phytoprotection n’en sont que quelques exemples. Dans cet article, nous déterminerons les principaux pièges qui pourraient nuire à vos champs, maintenant que les semis s’achèvent et que la saison de croissance est commencée.

Prairies
« Les granges sont pleines! » entendait-on fréquemment l’hiver passé. Mais que dire de la qualité des fourrages? La fertilisation azotée ne sert pas uniquement à augmenter les rendements, mais également à accroître la teneur en protéines brutes des graminées fourragères (voir le tableau 1). Il est donc nécessaire, pour obtenir un rendement en foin élevé et de qualité, de bien fertiliser les graminées. Il ne faut pas oublier non plus d’effectuer la coupe au début de l’épiaison afin d’éviter le vieillissement de la plante qui entraîne une diminution en protéines brutes et de la digestibilité de la matière sèche. Une fertilisation hâtive permet aux graminées de tirer avantage de l’eau en début de saison1. Un deuxième épandage (azote et potasse, si nécessaire) devrait se faire immédiatement après la première coupe de foin de graminées. En effet, il est économiquement justifié de fertiliser puisqu’en période de sécheresse, le foin étant plus rare, son prix est généralement élevé (voir le tableau 2).

Soya
Le manganèse est l’oligo-élément à surveiller dans la culture du soya. Au Québec, les carences en manganèse sont fréquentes dans cette culture. L’effet est très visuel. Les feuilles supérieures tournent au vert pâle (puis presque au blanc si la carence est prononcée) bien que les nervures restent vertes (voir photo 1). Une analyse de sol indiquant une teneur inférieure à 6 ppm, un pH près de 7 ainsi qu'un sol aéré riche en matière organique sont souvent des conditions propices à une carence en manganèse. Il est facile de remédier à ce problème en pulvérisant, aussitôt que possible, deux kilos de manganèse élémentaire par hectare, provenant de sulfate de manganèse, dans 200 litres d’eau. Une deuxième pulvérisation peut être nécessaire où la carence est prononcée. Le soya réagit très bien à un apport en manganèse dans les parties du champ qui affichent une carence. Comme mentionné dans l’article sur les nouvelles technologies pour les éléments mineurs, paru dans l’édition d’avril du Coopérateur agricole, on peut corriger une carence en manganèse, de façon foliaire, en pulvérisant en émulsion du Wolf Trax manganèse 33 % sous forme DDP (Dry Dispersible Powder) à raison de 0,56 kg/ha. Les résultats se font sentir aussi rapidement que 48 heures après l’application. Le produit est compatible avec la plupart des formulations de glyphosate, ce qui permet de jumeler des passages dans le soya Roundup Ready.

Orge
Le manganèse est également un des éléments nutritifs qui peut causer des problèmes dans la culture de l’orge. Les symptômes de carences apparaissent surtout vis-à-vis les traces de roues de tracteur. L’orge demeure verte où il y a présence de passages des roues, car le sol étant compacté, le manganèse devient plus concentré à cet endroit donc plus facilement atteignable par les racines. Quant aux autres endroits du champ, la teneur en manganèse du sol étant déjà faible, l’orge devient jaune dû à la non-disponibilité dumanganèse puisque sa concentration est plus éparpillée (voir photo 2). Une analyse de sol inférieure à 10 ppm en manganèse est à surveiller pour l’orge. Il faut corriger la carence aussitôt qu’elle est décelée en pulvérisant sur le feuillage deux kilos de manganèse actif sous forme de sulfate dans 200 litres d’eau par hectare ou en utilisant le produit Wolf Trax manganèse DDP 33 % à raison de 0,56 kg/ha, comme mentionné précédemment.

Le phosphore est aussi à surveiller dans la culture de l’orge. Des feuilles pâles à pointe sèche témoignent d’une carence. Il vaut mieux appliquer le phosphore avec la semence, cet élément étant 400 % plus efficace lorsqu’il est incorporé plutôt qu’appliqué à la volée2.


Maïs
Il y a ici plusieurs éléments importants à garder à l’œil. Nous analyserons le magnésium et le soufre, car le zinc et le manganèse ont été traités dans le numéro précédent du Coopérateur agricole.

Une carence en magnésium fait apparaître des bandes jaunes sur les feuilles inférieures. Au fur et à mesure que la carence s’aggrave, les feuilles supérieures peuvent présenter à leur tour des bandes jaunes, tandis que les feuilles inférieures deviennent rouge violacé (voir photo 3). Les carences sont fortement reliées à des sols ayant des pH très acides, une teneur en magnésium inférieure à 150 kg/ha, un niveau de potassium trois fois plus élevé que la teneur en magnésium ainsi qu’un ratio en calcium de 25 à 30 fois supérieur au niveau de magnésium. La chaux dolomitique est une excellente source de magnésium. L’ajout de ce dernier dans le démarreur (environ 8 kg/ha) est aussi un très bon moyen de prévenir cette carence.

Le soufre est un élément de plus en plus déterminant dans la culture du maïs. De nombreux cas de carence ont été décelés au Québec dans des sols sableux acides, dans des sols avec lissage dans le lit de semence ou encore dans des champs où la présence de mauvaises herbes entraîne un stress important. Des stries jaunes apparaissent entre les nervures (voir photo 4). La différence avec la carence en magnésium est la teinte rouge violacée qui ne survient pas lorsqu’il y a une carence en soufre. La correction peut se faire avec du sulfate d’ammonium (21-0-0). Dans bien des cas, les sols légers ont besoin de magnésium et de soufre. Le K-Mag devient donc intéressant à utiliser puisqu’il apporte le magnésium et le soufre nécessaires aux cultures3.

En conclusion, il importe de regarder avec un œil attentif ce qui se passe dans les champs afin de déceler toute problématique qui pourrait influer sur les rendements souhaités.

 
1. Soya : carence en manganèse
2. Orge : carence en manganèse
3. Maïs : carence en magnésium
4. Maïs : carence en soufre

 

1. Guide Plantes fourragères CPVQ, 1989, 2e édition..
2. Bundy et Widen. New Horizons in Soil Science, 1991, nº 2-91.
3. Le Techno Champs 17e édition, « Réponse du maïs grain à l’ajout de magnésium au démarreur », p. 22.



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