Une récente étude réalisée par la Société des attractions touristiques du Québec sur les infrastructures de tourisme a permis d’apprendre que les quais du Vieux-Port de Montréal, avec ses 5,2 millions de visiteurs qui le fréquentent annuellement, constituaient le second attrait touristique québécois le plus populaire – après le Casino de Montréal –, devançant même les plaines d’Abraham à Québec. On peut croire que c’est surtout quand s’installe pour de bon le printemps, puis l’été que l’achalandage de ce site connaît sa période la plus faste. Or, les promeneurs qui s’y rendent se trouvent à proximité du nouveau Musée de l’érable de Citadelle.

Inauguré officiellement à la fin du mois de novembre dernier, ce musée de l’érable occupe le rez-de-chaussée du bistro-boutique Les Délices de l’Érable, situé sur la rue de la Commune, qu’exploite la coopérative depuis près de six ans dans le Vieux-Montréal. L’établissement est accessible par cette artère qui borde les quais du Vieux-Port ainsi que par la rue Saint-Paul. Il est à presque égale distance de marche de la place Jacques-Cartier et du boulevard Saint-Laurent. Autant dire que sa localisation géographique est excellente. Les touristes étrangers qui visiteront la métropole cet été ont donc de très bonnes chances de franchir la porte du bistro ou de s’attarder devant le comptoir de gelatos à l’érable. Nombre d’entre eux devraient pousser leur curiosité plus avant et découvrir un pan de notre histoire et une partie de nos racines culinaires! Avec comme effet que leurs sens, tout émoustillés, les conduiront à commander divers produits que commercialise le bistro. C’est le pari que fait Citadelle.

« À la base de ce nouvel environnement, observe Luc Lussier, le directeur général de Citadelle, il y a l’idée de créer de toutes pièces un attrait qui permette d’attirer une nouvelle clientèle en lui donnant une raison de venir, de lui proposer une dégustation de nos produits à l’érable et d’espérer que cela se traduise par de nouveaux adeptes et des ventes supérieures de notre bistro-boutique. Le musée complète donc notre message… »

Ce lieu éducationnel sur le sirop d’érable et son histoire, qui fait un peu moins de 74 mètres carrés (800 pieds carrés), est un outil dont veut se servir Citadelle pour accueillir des groupes à son pied-à-terre montréalais. Dans cette foulée, les hôteliers et les organisateurs de circuits touristiques (tours opérateurs) ont été sensibilisés à cette destination dès son ouverture. Les touristes de passage à Montréal, comme dans toute autre grande ville du monde, aiment bien arpenter les quartiers centraux et s’arrêter, tout au long de leur parcours, pour visiter des bâtiments patrimoniaux, des musées, des sites d’amusement et divers centres d’attraction. L’accès sans frais à une activité, comme c’est le cas pour le Musée de l’érable, est généralement gage de popularité.

« À Québec où nous comptons depuis l’été dernier un tel attrait, c’est en grande partie les touristes étrangers qui sont les plus friands de notre musée, confirme Alain Bergeron, le coordonnateur des bistros-boutiques. Ils sont intrigués par l’origine du sirop d’érable, veulent savoir qui a découvert le processus et s’intéressent plus particulièrement aux artefacts. À Montréal, auparavant, notre bistro ne pouvait pas recevoir des groupes de plus de 10 personnes intéressées par l’histoire de notre produit sans que leur présence perturbe la clientèle régulière du bistro. Aujourd’hui, c’est possible et même sur préavis, nous sommes en mesure d’accueillir des groupes de 50 personnes. »

Le musée de l’érable de Montréal est une réplique de celui que les Québécois peuvent découvrir à Québec, sur la rue Saint-Jean. L’espace qui accueille le Musée de l’érable de la capitale est même légèrement plus vaste. Toutefois, on y retrouve exactement la même information et un nombre identique d’artefacts.

Au total, 80 pièces distinctes y sont visibles de même que 20 stations constituées d’autant de panneaux qui expliquent l’histoire du précieux liquide et certaines notions importantes menant au produit final : température requise pour obtenir divers dérivés du sucre à partir de la sève d’érable, la valeur nutritive du sirop d’érable, les différences entre les types de sirop, l’historique des cabanes à sucre et de la collecte de la sève, les moments forts d’une partie de sucre, l’entaillage, etc.

Quant aux artefacts, on peut y voir plusieurs chalumeaux, des vilebrequins, une tuque à ganse, un vieil appareil à conductivité, un réfractomètre, des thermomètres d’antan, des trempeuses, un moule à sucre gravé à l’intérieur, des raquettes, une bûche d’érable centenaire, des canettes et des bouteilles de sirop d’érable et une série de récipients de différentes époques, à commencer par une chaudière en écorce de bouleau datant du début du régime français (entre 1600 et 1650) et une chaudière à auge utilisée pour recueillir la sève dans les années 1780 jusqu’aux divers contenants assortis de leur couvercle, qui firent partie du paysage de nos campagnes au XXe siècle.

La ville de Plessisville, où la coopérative des producteurs de sirop d’érable a son siège social, prêté gracieusement quelques pièces dont elle disposait par l’entremise de son musée itinérant sur l’érable et Citadelle s’est principalement tournée vers ses membres pour compléter l’inventaire des pièces manquantes. Elle a également réalisé quelques achats auprès d’acériculteurs non membres pour présenter une collection exhaustive.

C’est une architecte de Victoriaville, Caroline Roberge, qui a établi le concept du musée de l’érable. Elle a créé une atmosphère à la fois rustique et moderne nous renvoyant dans la campagne québécoise d’antan par l’alliage d’une décoration stylisée en métal représentant les ramifications d’un arbre à des éléments en bois. Un des murs du local est tout en pierre, concourant à cette projection dans le passé.

« Nous ne prétendons pas que notre site soit un grand musée, reconnaît Alain Bergeron. Il permet toutefois aux visiteurs de prendre connaissance rapidement des notions entourant la production de sirop d’érable. »Pour le directeur général, Luc Lussier, c’est tout de même « une façon incroyable de faire connaître nos produits et notre industrie ».

Pour le directeur général, Luc Lussier, c’est tout de même « une façon incroyable de faire connaître nos produits et notre industrie ».

Le musée a intégré un large écran plat de télévision sur lequel est projetée la production visuelle réalisée dans le cadre du 80e anniversaire de fondation de la coopérative. Graduellement, assure M. Bergeron, Citadelle se constituera une banque de vidéos pour les diffuser à cet endroit.

Toute une équipe d’employés de Citadelle a prêté main-forte aux travailleurs du bistro-boutique du Vieux-Montréal pour l’aménagement du centre d’interprétation.


Une expansion dans les grandes villes touristiques
La formule des bistros-boutiques Les Délices de l’Érable en est une d’avenir pour Citadelle, assure Luc Lussier, le directeur général de cette coopérative. Il faut s’attendre à ce que le rythme de croissance de ce réseau, qui s’est accéléré depuis trois ans avec les ouvertures successives de succursales à l’aéroport international de Montréal-Trudeau et à Québec, se poursuive à plus vive allure.

« Ce fut un travail substantiel que de bâtir notre marque et notre réseau Canadian Maple Delights – Les Délices de l’érable, a rappelé M. Lussier lors de l’inauguration officielle du musée de l’érable de l’établissement montréalais. En choisissant d’implanter notre première boutique à
Vancouver, en 1999, nous avons pu faire nos erreurs en secret…, a-t-il rigolé. Nous visons maintenant Ottawa, Toronto et Calgary en raison de la forte présence de touristes dans ces centres urbains du Canada. Par la suite, nous aborderons l’international. Citadelle exporte déjà ses produits dans une trentaine de pays : nous connaissons ces marchés et nous nous en servirons pour notre réseau de bistros-boutiques. »

C’est par le biais du franchisage que la coopérative veut faire fleurir Canadian Maple Delights Gourmet Bistro & Shoppe. Et ce, en dépit d’une première expérience qui ne s’est pas avérée concluante à Québec.?


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