Gilles Lessard, producteur laitier de Saint-Joseph-de-Beauce, et son fils Marc ont dû se rendre à l’évidence. Pour poursuivre l’expansion de la ferme et se conformer aux nouvelles normes environnementales de 2010 et de 2015 du ministère du Développementdurable, de l’Environnement et des Parcs (sur les rejets de phosphore), il fallait une vacherie neuve. C’est donc 1,25 M$ qui auront été investis pour construire un grand bâtiment mesurant 33 mètres sur 56 (109 pieds sur 186).


Grâce à cette étable flambant neuve, Marc Lessard est bien équipé pour prendre, un jour, le relais de son père avec sa femme et ses deux enfants. Inauguré depuis le mois d’avril, le bâtiment héberge 100 vaches. « On peut même ugmenter jusqu’à 150 vaches sans faire d’immobilisations majeures », affirme Gilles Lessard. Toute une croissance pour un producteur qui a débuté en agriculture en 1974 avec 10 vaches! L’ancienne vacherie, devenue trop petite, servira désormais à la préparation des aliments pour les animaux, nouvellement relogés.

La construction du nouveau bâtiment a commencé en septembre 2007. Après avoir préparé le terrain pour permettre l’édification des fondations de la vacherie, le béton a été coulé in extremis à la fin novembre, avant l’arrivée des grands froids. « C’est que nous avons vécu quelques tracasseries administratives avec l’inspecteur municipal et avec le ministère de l’Environnement qui ont retardé le projet de plusieurs semaines », relate M. Lessard.

Une fois ces problèmes réglés, le projet s’est déroulé rondement avec la collaboration de la quincaillerie de La Coop Unicoop, de Saint-Joseph-de-Beauce, qui a fourni près de 100 % des matériaux et du fabricant de revêtement Vicwest qui a pourvu la tôle extérieure Ultra Vic et les panneaux intérieurs Ag-Tuff.

Aidé par l’entrepreneur Jean-Guy Turcotte, Gilles Lessard a tout de même été chef du chantier durant toute la durée du projet. C’est que M. Lessard a une grande expertise en construction. « J’ai construit ou participé à la construction de tous les bâtiments de la ferme, dit-il. La construction, pour moi, c’est un talent inné. »

M. Lessard avait donc sa petite idée sur comment réaliser le projet. « Au départ, nous voulions construire une vacherie de 70 vaches, relate-t-il. Mais, en raison des coûts associés à la protection de l’environnement [attribuables au respect de la nouvelle réglementation], nous avons dû hausser la capacité du bâtiment à 100 vaches pour en assurer la rentabilité. » Avec ce nombre de vaches, M. Lessard a désormais une ferme deux fois plus grosse que la ferme laitière moyenne québécoise qui est de 47 vaches, selon Statistiques Canada (2001).

Fort de son savoir-faire, notre producteur, on s’en doute, a mis son grain de sel dans le projet. « J’ai choisi une structure majoritairement en bois pour le bâtiment, dit-il. Le bois est plus facile à isoler que l’acier et il permettra d’assurer un climat plus sec à l’intérieur du bâtiment, ce qui est plus sain pour les vaches. »

Soudeur à l'œuvre dans la salle de traite et des ouvriers procédant à la pose de la tôle Ultra Vic de Vicwest.

Notre chef de chantier a aussi choisi les revêtements Vicwest pour l’intérieur et l’extérieur du bâtiment. À l’intérieur, des panneaux blancs Ag-Tuff ont été installés à la grandeur du bâtiment (murs et plafond). Il y a plusieurs bonnes raisons à cela. « Ce produit, accepté par l’Agence canadienne d’inspection des aliments, se nettoie bien et ne pourrit pas, dit Philippe Dion, représentant de Vicwest. Les panneaux résistent à la corrosion et s’ils sont posés avec des vis en acier inoxydable, on peut être assuré qu’aucune rouille n’apparaîtra à leur surface. » Comme autres avantages, les panneaux Ag-Tuff résistent bien aux changements de température, ils ne craquent pas, ne se déforment pas, même à basse température, et ils sont ininflammables.

À l’extérieur, la tôle Ultra Vic a été choisie pour recouvrir le bâtiment. Faite d’acier galvanisé, « l’expérience démontre qu’elle ne rouille pas avant plusieurs années », affirme M. Dion. Pour la toiture, M. Lessard a choisi une tôle plus épaisse afin de s’assurer qu’elle ne plie pas sous le poids de la neige. « Le toit peut supporter jusqu’à un pied de glace à la grandeur, ce qui a très peu de chance de se produire même avec le pire des hivers », dit M. Lessard.

Côté équipements, M. Lessard s’est assuré d’être à la fine pointe de la technologie tout en respectant son budget. « On a installé une salle de traite automatisée qui permet de traire 16 vaches à la fois en 15 minutes », dit-il. Cette technologie a été préférée au robot de traite, qui aurait coûté beaucoup plus cher.

M. Lessard a aussi opté pour la ventilation naturelle avec des ouvertures de chaque côté du bâtiment. Cependant, là aussi, la technologie joue un rôle. « Un rideau, installé de chaque côté de la vacherie, s’ouvre et se ferme automatiquement selon la température à l’intérieur », dit M. Lessard. Grâce à cela, les vaches sont toujours à une température confortable.

Une attention spéciale a été accordée à l’efficacité énergétique. « Tout l’équipement laitier a été acheté en tenant compte des meilleures économies d’énergie, dit le producteur. Un dispositif permettra aussi de récupérer 50 % de la chaleur du lait afin de l’utiliser pour réchauffer l’eau d’abreuvement des vaches. »

Des ouvriersr examinent les plans de la vacherie pour évaluer la meilleure façon de terminer les travaux du bâtiment.

Côté matériaux, la grande majorité de ceux-ci (bois, clous, laine isolante, etc., sauf les chevrons) a été fournie par la quincaillerie Unicoop de Saint-Joseph-de-Beauce. Cela représente plus de 400 000 $ en matériaux. La collaboration entre Gilles Lessard et Christian Marcoux, gérant des matériaux à la quincaillerie, a d’ailleurs été excellente. « M. Marcoux s’est toujours assuré que j’aie tous les matériaux nécessaires à la poursuite du projet, au moment opportun, dit M. Lessard. Il a même souvent pris les devants sur mes besoins afin de s’assurer d’avoir, en stock, les matériaux au moment que je les lui réclamerais. »

M. Lessard aime bien réaliser des projets et aller de l’avant pour assurer la viabilité de la ferme. « Éventuellement, j’aimerais récupérer le biogaz provenant des excréments de mes vaches et l’utiliser pour réduire mes besoins en énergie, comme cela se fait déjà couramment en Europe. » Mais M. Lessard admet du même souffle que cela ne pourra se faire qu’à long terme, car cela prend des incitatifs fiscaux.
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