À la semi-retraite depuis le 6 mars dernier, Monique Hénault porte fièrement ses 71 ans. Sa plus grande réussite : ses cinq enfants, dont trois suivent ses traces. Des obstacles, elle en a surmonté plusieurs. « Si l’on perçoit la difficulté comme un défi, ça peut toujours mieux aller… »

Monique n’a que 25 ans lorsqu’elle décide, de son propre chef, d’augmenter les revenus de la ferme laitière pour bonifier le budget familial. Son conjoint travaille à l’extérieur et n’aime pas tellement l’agriculture. Nous sommes en 1962 et l’aîné de ses enfants n’a que cinq ans. On lui suggère d’abord une maternité de 150 truies qu’elle convertira en poulailler après deux années de difficultés. En 1986, la ferme possède 272 hectares (672 acres), une unité laitière, un troupeau de vaches de boucherie et six poulaillers d’élevage offrant une superficie productive de 11 500 mètres carrés de quota. L’équivalent de 100 000 poulets par année. « Je n’ai jamais eu peur de rien, souligne l’avicultrice. La clé, c’est de savoir s’entourer. À partir de là, tout s’apprend. » Un conseil de son oncle Jean Poirier qui lui a servi tout au long de sa vie. « Mon oncle Jean a toujours cru en moi. Un véritable mentor! C’est aussi grâce à lui que j’ai appris les rudiments de la construction. »

25 ans sur le conseil
Située à Saint-Félix-de-Valois, la ferme avicole Brandon sera incorporée en 1981 et permettra à l’agricultrice de posséder 60 % des actions de l’entre­prise. Un grand pas vient d’être franchi dans la vie de l’agricultrice. « Les jeunes femmes d’aujourd’hui ne réalisent pas toujours qu’avant cette date, les lois ne permettaient pas aux femmes d’agriculteurs d’accéder à la propriété de la ferme, même si elles travaillaient aussi dur et aussi fort! » Deux années plus tard, à l’occasion de l’assemblée annuelle, les membres de la coopérative de Joliette, devenue Profid’Or, l’invitent à siéger sur le conseil d’admi­nistration. « Disons que je n’ai pas dit grand-chose la première année, raconte Monique, mais j’ai tranquillement appris à exprimer mes opinions et j’ai bien vu qu’elles étaient aussi valables et respectées. » L’avi­cultrice siège également au Comité de l’industrie avicole coopérative de La Coop fédérée.

« Les femmes sont naturellement de bonnes gestionnaires, insiste la doyenne des administratrices de coopératives agricoles. Ce sont souvent elles qui tiennent le budget de la famille et de la ferme. C’est dommage qu’elles soient si peu présentes au sein du conseil d’administration de leur coopérative. »

Félix le béluga sur ses terres!
À peine arrivée sur les lieux de la ferme, Monique me parlera de sa trouvaille, Félix – c’est ainsi qu’il a été baptisé –, ce béluga de 10 000 ans d’âge. Un squelette de baleine blanche mesurant quatre mètres de long et découvert en 2001 lors des travaux de drainage effectués sur ses terres. Il fallait avoir un sens aiguisé de l’observation, car le premier os aperçu n’a rien de si extraordinaire. « Une autre belle aventure que la vie m’a donnée! »

Elle aspire à la pleine retraite pour savourer davantage sa nouvelle vie. « J’ai réussi à établir trois de mes enfants et à aider financièrement les deux autres. J’ai 14 petits-enfants et cinq arrière-poupons. » C’est à son fils Claude, également avic­ul­teur, que revient la gérance de ses six poulaillers. « Il en prendra possession lorsqu’il le voudra », souligne celle qui a réussi à construire un généreux patrimoine.

Pas étonnant que ses enfants Claude, Gilles, Francine, Lise et Lucie lui aient suggéré d’écrire ses mémoires. « Je ne dis pas non à cela, mais ce ne sera pas pour tout de suite! »

Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés