À cheval sur deux grands territoires géographiques, le Centre-du-Québec et l’Estrie, malgré un marché rendu à pleine maturité et une conjoncture remplie de défis, La Coop Pré-Vert n’en réussit pas moins à se démarquer. Ses initiatives, la forte participation de ses membres aux activités de l’organisme et un bilan financier plus sain que jamais lui ont valu d’être désignée Étoile-Coop de l’année 2008. Heureuse coïncidence : cet honneur survient alors que la coopérative célèbre son 20e anniversaire de fondation.

Depuis trois ans, alors que nous avions présenté une première fois notre candidature à ce concours, nous avons grandement poli nos affaires, en améliorant certains détails de notre fonctionnement, commente Jocelyn Dion, président de la coopérative depuis 2004. Nous avons ajouté des politiques d’aide pour les membres sinistrés et pour la relève, focalisé sur notre endettement pour le diminuer sensiblement, mis à jour notre système informatique et continué de greffer de nouveaux services à nos établissements de détail, ce qui a contribué à l’augmentation de nos ventes. »

Dans le contexte de morosité qui enveloppe le secteur agroalimentaire québécois, Pré-Vert a été en mesure de maintenir, voire d’augmenter la ristourne versée à ses membres et provenant de ses activités. M. Dion, un producteur agricole de Wotton à la tête d’un troupeau laitier de quelque 130 têtes, est persuadé que cette performance a été un élément clé qui a joué en sa faveur pour l’obtention du titre de Étoile-Coop de l’année, décerné pour une sixième fois en février dernier. L'augmentation des revenus, en raison du déve­loppement des réseaux de détail et des parts de marché, devrait permettre à la coopérative d'attein­dre le seuil des 20 millions de dollars comme chiffre d’affaires pour le 20e exercice en cours.
 
René Baillargeon, directeur général et Jocelyn Dion, président de La Coop Pré-Vert exhibent fièrement le trophée décerné à l'Étoile-Coop de l'année 2008.

M. Dion pointe la présence d’une équipe expérimentée à la barre de la coopérative comme un important facteur de succès.

« Il y a un très faible roulement de personnel chez nous, acquiesce René Baillargeon, le jeune directeur de Pré-Vert. Nous cherchons par divers moyens à motiver et fidéliser nos employés. C’est du cas par cas. Il faut non seulement être à l’écoute, mais aussi proactif dans cette quête. Ainsi, lors de l’évaluation annuelle des employés, nous tâtons leur pouls en cherchant à savoir quels sont leurs objectifs personnels pour les trois prochaines années. »

Cette volonté de rétention des ressources humaines est à placer en parallèle avec une fuite des jeunes de la région. M. Baillargeon ne déses­père pas cependant d’attirer des recrues à la coopérative qui emploie 65 personnes. Un des moyens qu’il prend est de favoriser des stages ou des emplois d’été pour des étudiants dont les créneaux de formation sont pertinents aux postes au sein de l’organisation.

Flexibilité. Conciliation. Les mots sont utilisés sans distinction par un ancien membre du personnel et un expert-conseil de Pré-Vert que Le Coopérateur agricole a rencontrés lors de son passage dans la région.

Alain Roberge a œuvré pendant 16 ans à la coopérative comme représentant, jusqu’en 1999. Toutefois, dès 1990, il investissait aussi son temps dans sa propre entreprise, la Ferme Allwick, qui exploite aujourd’hui un troupeau laitier d’une centaine de têtes.

« La coopérative m’a permis de remplir de jour, en semaine, certaines activités à ma ferme de Tingwick pourvu bien sûr de ne pas négliger le travail pour lequel j’étais rémunéré à la coopérative. »

Marc Charpentier, un autre représentant qui élève quelques moutons sur sa fermette, concède qu’il dispose de la flexibilité voulue pour bâtir son horaire de travail et gérer adéquatement son temps.

« J’aime par-dessus tout le principe de décentralisation géographique des bureaux de la coopérative, le fait que ses pied-à-terre soient situés au cœur des territoires que nous desservons et les dimensions raisonnables du secteur qu’on nous donne à couvrir », complète cet homme ori­ginaire de Drummondville, dont l’embauche par Pré-Vert remonte à 1991.

La Coupe Stanley
« J’ai dit aux employés que gagner le Concours de la Coopérative Étoile, c’était comme gagner la Coupe Stanley dans notre domaine », a illustré Jocelyn Dion aux collaborateurs de Pré-Vert quand il leur a présenté le trophée emblématique de la compétition coopérative.

Il paraît que les réactions des employés ont alors été beaucoup plus vives qu’à la première mention de cette réussite. Et que la fierté se lisait dans leurs yeux.

M. Dion s’est enquis auprès des présidents de quelques coopératives, qui ont eu le privilège de remporter le concours au cours des années précédentes, des retombées de leur prix : « Ils m’ont mentionné que cet honneur avait eu d’heureuses répercussions sur leur organisation. Qu’il venait confirmer à tous leur valeur : que le conseil d’adm­­i­nistration est bon, que la direction est bonne et que les employés sont bons. » Et son directeur général, René Baillargeon, de résumer : « C’est une façon unique d’accroître la confiance en soi. »

M. Baillargeon se préparait, quand nous l’avons rencontré le printemps dernier, à Asbestos, à finaliser une campagne de marketing afin de faire connaître régionalement la bonne fortune de Pré-Vert à la Coupe Stanley des coops… La vidéo produite par La Coop fédérée sur sa coopérative gagnante du Concours de la Coopérative Étoile sera projetée au cours de la soirée retrouvailles du 20e anniversaire, à Asbestos, cet automne. Certains anciens employés et administrateurs pourront alors se dire qu’ils ont aussi droit à des félicitations!
 
L’Étoile-Coop : une réussite d'équipe où chacun, employé et sociétaire, met du sien. Alain Roberge, producteur agricole, Ferme Alain Roberge et Marc Charpentier, expert-conseil laitier-végétal à La Coop Pré-Vert.

Vie associative
Le jury du Concours de la Coopérative Étoile, a pu savoir Le Coopérateur agricole, a été de son côté fort impressionné par les taux de participation aux différents événements de la coopérative, l’assemblée annuelle au premier chef.

« Invité à venir prononcer une allocution il y a deux ans à notre assemblée annuelle, Claude Lafleur (chef de la direction de La Coop fédérée) avait été ébahi de trouver devant lui une foule si dense. Mais c’est toujours comme cela chez nous », sourit M. Dion. Ils étaient 75 membres à assister à la rencontre statutaire, sur une possibilité de 218.

Partie de quilles, virée à la cabane à sucre, ronde de golf et journée champêtre sont généralement bien courues, affirment en chœur les membres et employés rencontrés. Cette participation serait en fait un heureux retour du balancier.

« La Coop s’est toujours souciée de ses membres, même au plus fort des périodes difficiles, explique Alain Roberge. Aujourd’hui, en retour, on sent un attachement profond des producteurs pour leur coop. »

Ce producteur a été le premier à se prévaloir de la mise en place d’un nouveau programme d’aide aux sinistrés développé par Pré-Vert, quand sa grange a été rasée par le feu en 2005. Il n’a même pas eu à faire quelque demande que ce soit.

« La Coop Pré-Vert est venue à moi et m’a offert de m’avancer sans frais les sommes nécessaires à l’achat des matériaux, en plus de me verser à la fin une ristourne de 5 % sur leur coût. C’est bien à propos dans un contexte où on a à faire face à beaucoup de dépenses. »

M. Roberge sait qu’il n’a pas besoin de comparer constamment le coût des intrants qu’il se procure à la coopérative puisqu’il connaît la faible marge de profit que cette dernière établit sur ses achats. Il louange la grande disponibilité de ses employés, surtout ceux de la quincaillerie où il fait affaire. Il signale qu’il lui est déjà arrivé, lors de situations exceptionnelles, de communiquer avec le gérant de ce commerce le dimanche à domicile afin d’y faire déverrouiller les portes habituellement closes.

Le maintien à flot de certains points de ser­vices peu rentables, mais essentiels aux membres, ou l’intégration du bureau de poste de Chesterville à la quincaillerie de la coopérative, par exemple, ont aussi grandement solidifié les liens entre les producteurs et Pré-Vert.

Une transparence administrative, justement dans les étapes de vie de l’organisation où les résultats n’étaient pas aussi étincelants qu’aujourd’hui, l’a bien servie. Encore cette année, alors que fut débattue une éventuelle fermeture de la meunerie à Chesterville, tous ont pu s’exprimer en long et en large.

Le dernier cheval de bataille de l’entreprise porte sur l’aide à la relève. Un comité consultatif a été créé pour cerner les besoins des jeunes. Concrètement, cette préoccupation se traduit par des prêts à ceux et celles qui acceptent de prendre le relais de leurs parents. Mais une condition est assortie à cet appui financier, soit d’assister à une réunion du conseil d’administration de la coopérative!
 





Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés