La profitabilité de la production de maïs provient majoritairement des prix attrayants des denrées pour les prochaines années. Pour profiter de ces prix élevés, les producteurs doivent rechercher le maximum de rendement dans leurs champs. On sait que le maïs possède un potentiel de rendement de plus de 30 tonnes à l’hectare, mais on perd de 50 % à 80 % du rendement en raison des insectes, des maladies, de la compaction et du manque d’eau et de nutriments à certaines périodes de la saison.

Dans cet article, nous traiterons des nouvelles technologies qui permettent de minimiser les pertes causées par les insectes de sol et dont les plus importantes sont provoquées par la chrysomèle.


«Les semences de maïs ont fait depuis quelques années un pas en avant pour protéger les racines des insectes de sol. Les semenciers possèdent maintenant des équipements sophistiqués pour appliquer des doses infimes d’insecticides et de fongicides sur chaque semence, et ce, de façon uniforme afin de mettre à l’abri les racines des plantules de maïs pour deux à quatre semaines après le semis. Par contre, les ravages occasionnés par la chrysomèle durant les mois de juin et juillet sont beaucoup plus importants. Pour contrer ces pertes qui varient d’un environnement et d’une saison à l’autre, de plus en plus d’hybrides de maïs sont offerts avec une technologie Bt chrysomèle. Les technologies Bt chrysomèle sont toujours plus performantes et de moins en moins coûteuses. Ainsi, l’adoption du Bt chrysomèle, qui est habituellement jumelé au Bt pyrale en combinaison avec un gène de résistance à un herbicide tel que le glyphosate, sera très rapide en 2009.

Au début, les producteurs de maïs essaient la technologie Bt chrysomèle étant donné qu’ils savent que la chrysomèle est présente dans leur champ depuis plusieurs décennies. Le Bt chrysomèle agit seulement au niveau des racines. Le Bt se retrouve à l’intérieur des racines de maïs et sert d’insecticide. Lorsque les larves de chrysomèle mangent les jeunes racines, leurs intestins se détruisent et meurent. Cette protection se traduit par des avantages agronomiques qui se reflètent plus tard en saison. Donc, un système de racines mieux développé permet d’atteindre une plus grande profondeur et d’absorber plus d’humi­dité et de nutriments du sol. Lors d’expériences réalisées en serres, on a analysé ce phénomène à l’aide de sondes placées dans le sol dans un environnement contrôlé. Tel qu'il a été illustré ci-dessous, ces plants de maïs possédant le gène Bt chrysomèle ont une meilleure santé en fin de saison et sont moins sensibles à la verse des racines et à la chute des épis. Enfin, ces bénéfices se traduisent par des augmen­tations de rendement pour les agriculteurs.

Afin de démontrer concrètement ces augmen­tations de rendement dans notre réalité québécoise, nous avons effectué des essais en 2007 sur nos sites de recherche de Saint-Hyacinthe et Sainte-Martine. Nous avons comparé les trois gènes combinés RR, Bt pyrale et chrysomèle aux gènes RR et Bt pyrale en combinaison double par rapport au refuge Roundup Ready seul. Différents paramètres ont été mesurés, dont le rendement, l’humidité, le poids spécifique et la verse des racines.
Nous avons compilé les données de rendement de trois hybrides Elite répétés deux fois sur chacun des sites. L’augmentation de rendement dû au gène Bt pyrale par rapport au refuge a été de 478 kg/ha. L’ajout du gène Bt chryso­­mèle a augmenté le rendement de 771 kg/ha (voir le graphique ci-contre). Il n’y avait pas de différence considérable au chapitre de l’humidité et du poids spécifique entre les hybrides de même génétique possédant une technologie Bt pyrale seule en comparaison avec une combinaison de Bt pyrale et chryso­mèle. La verse de la tige était significativement plus élevée dans le refuge RR (non-Bt). Quant à la verse des racines, nous n’avons pu constater de différence sur ces sites.
 

En conclusion, l’ajout du gène Bt chryso­mèle dans cette expérience donne une augmentation de 771 kg/ha de rendement. Cette augmentation se traduit par un accroissement de revenus de l’ordre de 154 $ l’hectare (basé sur un prix de maïs à 200 $/tonne). En 2008, nous avons implanté plusieurs parcelles en champs afin d’amasser plus de données dans les conditions qu’on retrouve sur vos fermes.


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