Le Service des productions avicole de La Coop fédérée est appelé à accroître encore davantage ses parts de marché dans les prochaines années. L’investissement de 10 millions $ qu’elle a annoncé à la fin du mois de mai à ses installations du Centre-du-Québec lui permettra d’atteindre de nouveaux standards et d’améliorer sensiblement sa capacité de production. En d’autres mots, elle assoit son leadership dans les créneaux de la production de volailles.

Autant les volets de reproduction que d’incubation des œufs sont touchés par la nouvelle stratégie adoptée par la coopérative. D’abord, elle injecte 6 millions $ pour agrandir et confor­mer aux normes son couvoir de Victoriaville. Ensuite, elle fait l’acquisition d’une ferme d’élevage de reproducteurs qui se trouve à proximité du couvoir, moyennant 1 million $. Enfin, elle cons­truit, au coût de 3 millions $, un pondoir tout neuf à son complexe de Saint-Jude, qu’elle mécanisera simultanément.

Deuxième couvoir en importance
« L’expansion et les transformations que nous allons apporter sur notre bâtiment de Victoriaville nous permettront de corriger certaines incohérences sur le plan de l’autosuffisance, tout en favorisant l’obtention de la certification HACCP [analyse des dangers et maîtrise des points criti­ques], explique Martin Véronneau, premier directeur, productions avicoles à La Coop fédérée. La localisation de notre couvoir est idéale pour desservir tout le Québec, l’est de l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. Il répond également aux critères recherchés en matière de biosécurité. Ces qualités nous confortent dans la décision d’y concentrer ce type d’activités avicoles. »

Lors de l’annonce officielle du plan d’action de La Coop fédérée à Victoriaville, devant les employés et les dignitaires locaux et régionaux, les président et chef de la direction de La Coop, Denis Richard et Claude Lafleur, ont insisté sur l’importance de demeurer à l’avant-garde afin de connaî­tre du succès dans un marché de plus en plus concurrentiel.

Or, une fois les investissements complétés, à l’automne 2008, le couvoir des Bois-Francs pourra revendiquer le deuxième rang au pays en matière de production. Et il pourra alors mieux soutenir les comparaisons avec les importants complexes du genre chez nos voisins américains.
L’obtention de la certification HACCP devrait être accordée au couvoir lorsque les transformations seront terminées. Cette norme de qualité confirme que l’exploitant des lieux a adopté une approche systématique de salubrité permettant de prévenir les dangers de conta­­mination physique, chimi­que ou bio­logique. Reconnue internationalement, elle est devenue, au fil des dernières années, un standard incontournable pour tous les acteurs de l’industrie actifs sur la scène de l’exportation.

« Nous travaillions sur ce processus depuis quelques années, confie d'ailleurs le premier directeur, productions avicoles. Il nous restait des correctifs à apporter. Par exemple, c’est un corridor commun qui donne accès à la fois à la production, aux salles d’œufs et d’incubation et qui est la voie de sortie des poussins. Des risques de conta­mination en découlaient. »
Le projet inclut donc des changements adéquats pour éliminer ces dangers dans les bâtiments existants.

Situation actuelle
La capacité des installations de Victoriaville est de 35,8 millions de poussins. Les travaux feront passer ce seuil à 55 millions. Le couvoir, construit en 1969, a été agrandi à deux reprises, dont une dernière fois en 2000. Il est donc en très bon état, tout comme ses équipements. À moyen et long terme, d’autres expansions peuvent même y être envisagées par La Coop fédérée.

« La hausse de la consommation de volailles a été constante depuis quelques années et devrait continuer à progresser, observe M. Véronneau. Or, actuellement, nous ne suffisons déjà plus à la demande.
 
Il faut comprendre que nos ventes à ce chapitre ont augmenté de 35 % au cours des trois dernières années seulement. Cette situation nous obligeait depuis quelques années à nous approvisionner de plus en plus auprès d’autres couvoirs à l’extérieur de la province afin de répondre aux commandes de nos producteurs. »

Ce contexte était périlleux puisqu’il rendait La Coop fédérée vulnérable à des événements fortuits. De même, en assumant pleinement la totalité de sa production, elle resserre les contrôles de qualité des poussins, favorisant une meilleure uniformité des poussins vendus.

D’autres retombées majeures découleront de la nouvelle conjoncture : la planification des mises en incubation sera simplifiée, le regroupement des âges et des races sera optimisé et les livraisons pourront être effectuées plus tôt en matinée puisque les poussins seront chargés à un endroit unique.

« Nos producteurs nous demandent des poussins en santé, renchérit M. Véronneau, qu’ils mesurent par un très faible taux de mortalité dans les dix jours suivants leur arrivée à la ferme. Ils souhaitent, également, des poussins provenant des mêmes troupeaux reproducteurs. »
 
Louis Turcotte, directeur couvoir


En amont
En amont, La Coop fédérée englobera – l’acqui­sition sera officialisée au mois d’août – une nouvelle ferme d’élevage à Victoriaville même, située à moins de dix minutes du couvoir. Le pondoir de Nathalie et Luc Leblanc est somme toute petit, comptant 7500 pondeuses, mais La Coop fédérée y dispose de l’espace pour procéder à un agrandissement et y additionner 12 000 autres reproducteurs. Cette ferme qui compte deux bâtiments d’élevage permettra au service avicole de la coopérative de réaliser le tiers des élevages de ses reproducteurs dans ses propres installations.

« Cela permettra d’augmenter notre auto-approvisionnement à un niveau comparable à ce qui se fait dans l’industrie », a commenté à ce sujet M. Lafleur.
 
Roger Ménard
, directeur fermes de reproduction
C’est toutefois à Saint-Jude que La Coop fédérée marquera son coup d’éclat à ce chapitre en amorçant, dès le mois d’août, la construction d’un nouveau pondoir pouvant accueillir 30 000 reproducteurs. Le complexe avicole à cet endroit comporte déjà des pondoirs sur deux sites voisins – les installations neuves seront implantées sur l’un de ces deux sites. On profitera de l’occasion pour mécaniser les pondoirs existants. Cette transformation et l’ajout de production concourront à en faire la plus grande ferme de reproduction complètement automatisée au pays : les pondoirs de Saint-Jude abriteront 110 000 repro­ducteurs. Le chantier de construction en ce lieu devrait être achevé à la fin de cette année.

L’agrandissement du couvoir de Victoriaville sonne par ailleurs le glas du couvoir de Saint-Félix-de-Valois. La Coop fédérée a procédé il y a quelques mois à une étude minutieuse de la situation de ses installations dans la région de Lanaudière. Elle cherchait à circonscrire les possibilités de répondre à la demande croissante de sa clientèle en améliorant ce couvoir. Elle en était arrivée à la conclusion que sa mise à niveau sur le plan des standards de qualité et son expansion passait par une reconstruction complète des lieux. En plus des coûts beaucoup plus subs­tantiels que les investissements requis à Victoriaville, une sérieuse menace qu’aucune action ne permettait de résoudre planait : la proxi­mité de trois poulaillers à moins de 450 mètres et un entrepôt de camions servant au transport de volailles vivantes vers des abattoirs situés directement en face du couvoir. Ce contexte détruisait toute chance pour La Coop fédérée d’obtenir l’accréditation HACCP pour ce dernier. Encore plus, la répétition d’une crise de grippe aviaire comme le Canada a déjà connue, frappant les environs, aurait eu des conséquences extrêmement douloureuses pour l’organisation.

 
Gilles Lizotte,
contremaître couvoir de Victoriaville
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