Depuis 2001, Francine Cayouette illustre les pages du journal Agricom, une publication de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Des clins d’œil signés Cayou qu’elle mijote paisiblement à sa table à dessin.


Un talent qui fait partie de sa vie et qui lui permet de s’arrêter et de se reposer du quotidien. Un peu plus de 200 illustrations ont fait les manchettes du journal. « J’ai tenu secrète l’identité de Cayou pendant quelques années, témoigne Francine Cayouette. Histoire de me faire la main et de prendre un peu plus d’assurance… » Son regard sur les événements donnera finalement des résultats appréciés. « J’en suis la première surprise! » L’agricultrice aime jaser de son coin à dessin, de l’esprit coopératif qui a failli s’éteindre du côté ontarien, de la ferme laitière qu’elle gère avec ses deux frères et de tout ce qui compose son quotidien de grand-mère active et généreuse.ñ

Prendre sa place
Francine Cayouette a appris à faire sa place au milieu d’une fratrie composée de quatre frères. Un sixième sens qui lui vient tout naturellement et qui lui apportera le doigté nécessaire autour d’une table de réunion où domine la gent masculine. Un héritage reçu de ses parents qui l’ont toujours encouragée à exprimer ses idées.

Vice-présidente au Centre agricole coop AgriEst, Francine a vécu la décennie des négociations tumultueuses qui a mené à la fusion des trois coopératives : Casselman, St-Albert et St-Isidore, situées dans l’Est ontarien, et à leur affiliation à La Coop fédérée, en 2001. « Nous avons failli tout perdre, commente l’administratrice. Nous avons été chanceux que nos membres se soient mobilisés et aient persévéré dans la recherche de solutions. L’Ouest canadien n’a plus de réseau coopératif, poursuit-elle et plusieurs s’en plaignent. » Un épisode qui a mis la fibre coopérative à dure épreuve pour tous les membres. « Il fallait reprendre notre place et rebâtir le lien de confiance et nous avons réussi… »

Native de Casselman, en Ontario, Francine quittera son patelin familial pour la Rive-Sud de Montréal où elle donnera naissance à ses deux filles, Stéphanie et Isabelle. Dirigée là-bas à cause du travail de son conjoint René Cayouette, elle en profitera pour suivre une formation en relation industrielle. « L’occasion de suivre ce certificat s’est présentée à moi bien simplement et j’ai décidé de la saisir, raconte Francine. Des connaissances qui lui serviront pour sa nouvelle vie de femme engagée et d’agricultrice à temps plein qu’elle exerce depuis 1988, l’année où elle devient actionnaire de Ferme Racine inc., une ferme laitière qu’elle gère avec ses deux frères Jean-Charles et Louis Racine. La terre s’étend sur 162 hectares (400 acres) et produit quotidiennement 103 kilos de quota de lait.

Au moment de notre passage chez elle, Francine venait de terminer une lettre d’invitation adressée aux agricultrices membres d’AgriEst. L’illustration qui accompagne le texte montre une série de tâches agricoles qui s’entremêlent aux tâches ménagères et administratives. Tout en y ajoutant de la couleur, Francine poursuivra ses réflexions sur l’avenir du monde agricole, sur l’importance de défendre la souveraineté alimentaire et des valeurs profondes qui sont intimement liées à l’agriculture. « Les années à venir annoncent toutes sortes de défis. La crise de l’énergie qui sévit actuellement aura un impact majeur sur toute la chaîne agroalimentaire. Il faudra user d’imagination et de beaucoup de créativité… Deux qualités très présentes chez les femmes… »
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